Probablement non, sauf si vous avez fait des études de Chimie. Sachez qu’il s’agit d’un hydrocarbure gazeux, à trois atomes de carbone, cousin proche du butane que vous connaissez bien. Il a des propriétés similaires comme carburant avec l’avantage, de par sa structure insaturée, de pouvoir être facilement polymérisé pour créer des hydrocarbures plus lourd, comme des essences, gazoles ou des coupes pétrolières utilisées comme point de départ de la pétrochimie.

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que une société française de biotechnologies, Global bioénergies, a développé des bactéries modifiées génétiquement pour, à partir de produits végétaux, pouvoir synthétiser l’isobuthène. Cette start up vient d’obtenir d’Oséo un financement important( 760 000 euros) pour pouvoir passer en plusieurs étapes du stade du laboratoire à l’unité industrielle de démonstration.

La première consistera à pouvoir produire  et rendre stables les bactéries au métabolisme modifié pour produire l’isobuthène. Il en coutera à la start up quelques 2.1 millions d’euros dont le prêt Oséo ne constitue qu’une partie.

La seconde étape consistera à développer un fermenteur pilote dans lequel on pourra mettre au point la fermentation de différents végétaux, en affiner les paramètres de fonctionnement pour en maximiser le rendement et démontrer ainsi la viabilité du procédé.

Le passage de l’isobuthène à toutes sortes de mélanges d’hydrocarbures relève ensuite de la pétrochimie classique et verra sans nul doute l’apparition des pétroliers internationaux. D’içi là il faudra une dizaine d’année et quelques millions d’euros supplémentaire pour finaliser le procédé.

Quel avantage, me direz vous, par rapport au biocarburant « classique » actuel l’éthanol ? La possibilité de le transformer directement en hydrocarbure totalement compatible avec les carburants actuels là où l’Ethanol  n’est utilisable qu’en mélange à teneur limitée(15pct max), ou bien demande des modifications des réglages moteurs( cas du E85).Ce qui simplifiera considérablement l’adaptation très couteuse des réseaux de distribution de carburants. Son utilisation également à partir des même bases dans les gazoles pour lesquels il est nécessaire d’utiliser d’autres biocarburants, des bioesters. Bref un spectre d’utilisation infiniment plus large que l’Ethanol ou les esters.

Autre avantage, il est gazeux ce qui permet de l’évacuer « naturellement » des fermenteurs dans lesquels bactéries et végétaux macèrent là où il faut distiller pour en extraire l’éthanol.

Quand aux matériaux végétaux de base utilisés ce sont les mêmes qui servent à produire l’éthanol, céréales, canne à sucre, betterave sucrière et toute sorte de biomasse.

Reste la concurrence pour les hectares utilisés avec les productions agricoles à destinations alimentaire mais qui n’est pas différente de celle rencontrée pour les autres productions d‘éthanol ou de bioesters. Un sujet dont j’ai déjà parlé dans un message du 22 fevrier que je vous invite à consulter