Ca bouge beaucoup dans le pétrole. Jugez en plutôt.

  • Je vous avais signalé dans un message du 16 février l'émergence d'un nouveau type de gaz, le gaz non conventionnel qui est du gaz disséminé dans des roches peu poreuses que l'on ne savait pas exploiter jusqu'à peu et que l'amélioration des techniques d'extraction a propulsé comme une ressource importante et nouvelle de gaz au point que ce gaz non conventionnel entre désormais pour moitié dans la production américaine.
    Or cette émergence vient, en sens inverse, de porter un coup sérieux à un projet majeur d'exploitation d'un megagisement pétrolier nouveau dans la Mer de Barents, au nord de la Russie, baptisé Shtokman.C'est un consortium  formé de  Gazprom(51pct), Total(25pct) et Statoil(24pct) qui est censé developper et exploiter ce gisement. Et il était prévu d'en exporter le gaz sous forme de GNL, gaz naturel liquéfié, vers le gros consommateur que représentent les Etats Unis .Or ce débouché potentiel vient quasiment de disparaitre du fait de l'émergence de ce gaz non conventionnel dans ce pays. Et comme Shtokman sera un gisement couteux à exploiter de par sa situation très septentrionale, il ne serait pas compétitif dans un marché de large approvisionnement par rapport au gaz du golfe persique.
    Résultat, le projet a été retardé de 6 mois et les décisions d'investissement, brut et gaz, attendront 2011 pour premières livraisons à mi 2016
  • Coté raffinage vous avez appris, A_003à l'occasion de l'annonce de la fermeture éventuelle de la raffinerie de Dunkerque, l'état désastreux de notre raffinage. Nos médias ne vous l'avaient pas dit, bien sur. Je vous en avais prévenu il y a quelque temps. Entre une baisse des consommations partout en Europe( - 1 à -2 pct par ans depuis plusieurs années) , des surcapacités de raffinage importantes qui sont devenus criantes à cette occasion, la baisse des consommations d'essence aux Etats Unis pour lesquel,- vous ne le saviez peut être pas -, nos raffineries travaillaient lourdement du fait de la prédominance en Europe des voitures diesel et donc du gazole, et finalement la disparition des marges de raffinages , le raffinage français en était arrivé à la situation où il était devenu plus rentable d'arréter une raffinerie en en payant les salariés à ne rien faire que de la faire tourner! C'était le cas depuis plusieurs mois de la Raffinerie de Dunkerque.
    Rajoutez la dessus la perspective de devoir payer bientot en plus la taxe carbone alors que toutes les autres raffineries dans le monde ne la subiront pas et vous comprenez que nous avons tué le Raffinage européen.Car les pays producteurs depuis longtemps ont l'ambition de substituer à l'exportation de brut celle des produits finis essence, gazole et autres produits, raffinés chez et par eux.On serait à leur place que l'on ferait pareil!
    Le problème n'est pas seulement français. En Italie, ce sont 4 ou 5 raffineries qui sont à fermer.Dans le monde le surcapacités sont évaluées à 7 millions de barils/jour sans compter l'ouverture prochaine de nouvelles capacités en Asie et au Moyen Orient.Les pétroliers qui l'ont pu se sont déjà debarrassés de leur outil de raffinage. Shell en tête qu a vendu ses raffineries de Berre, Petit Couronne et Reichstett en France et cherche à en vendre encore en angleterre(Stanlow), et Allemagne(Hambourg et Heide) à une société Indienne.Total qui a crée une coentreprise avec un indépendant italien ETG pour se debarrasser à la fois de son raffinage et de sa distribution en Italie. La difficulté est d'ailleurs de trouver des repreneurs. L'inattendu indépendant suisse, Petroplus, a été l'aubaine de ces dernières années mais désormais il est "collé" avec un parc de raffineries qui risquent fort de l'amener à la faillite
  • Coté distribution, sous les coups de boutoirs de la grande distribution, favorisée par les pouvoirs publics, les stations services aux marques des pétroliers ont peu à peu disparu du paysage de la France.Désormais ce sont les pétroliers internationaux et leurs marques phares qui quittent le territoire français. Fina puis Elf ont disparu de nos routes pour cause de rachat de leurs sociétés respectives par Total qui rebadgera leurs stations et supprimera clles qui sotn en concurrence directe avec les siennes.Les stations Antar ayant auparavant été rachetée par Elf.
    Celles à la marque Mobil ont être rebadgées BP dans le cadre d'une joint Venture européenne entre les deux majors.Depuis c'est Shell qui a abandonné une bonne partie de ses stations et ne conserve que celle sur autoroute.
    Aujourd'hui c'est Bp qui annonce la cession de son réseau de 416 stations à une société israélienne. Il ne restera bientot que des stations Total, Esso,quelques stations Shell içi et là et des stations d'indépendants. C'est dire qu'il ne doit pas y avoir grand chose à gagner dans le distribution.