27 juin 2009
Une autre approche de la solidarité, la baisse des salaires ?
En France, si une entreprise a besoin de se restructurer pour cause de crise économique, perte de competitivité,ou évolution des techniques, notre Code du Travail a prévu que la direction puisse préparer la dite restructuration, identifier les postes qui seront supprimés, proposer un plan social à discuter avec les syndicats, faire approuver le tout par l'inspection du travail et mettre en oeuvre ce plan de "retour à la croissance" ou "d'ajustement conjoncturel" ou tout autre dénomination. Il se traduit finalement en pratique et en contradiction avec les dispositions du code du travail(!!), par le départ des anciens en retraite anticipée, financé ou non par l'Etat, et la conservation dans l'entreprise des jeunes, censés être plus dynamiques, plus au courant des techniques modernes et surtout moins couteux.
Tout ceci est vrai à condition que vous soyez dans une grosse société qui puisse financer tout cela. Dans une PME ou une société moyenne, ca se termine le plus souvent par un partage du personnel en deux classes, ceux qui restent dans des conditions inchangées et ceux que l'on confie aux Assedics ou aux Assedics puis aux Caisses de retraites. Un processus et des conditions de départ qui beneficient d'un large consensus social.
Il y a eu, il y a une quinzaine d'années, alors que nous n'arrivions pas à maitriser le chomage, un débat public sur le partage du travail comme moyen de le juguler La logique de cette idée de partage du travail était que, puisqu'il n'y avait pas de travail pour tout le monde, mieux valait le partager, c'est à dire travailler moins longtemps, conserver au travail ceux qui auraient du normalement partir dans une restructuration classique et...partager les salaires. De mémoire les chantres de cette idée de partage du travail furent Pierre Larrouturou( la semaine de 4 jours) ou Gilles De Robien.
Il en sortit la loi de Juin 1996 dite De Robien qui permettait en cas de difficultés à une entreprise de conserver le personnel, descendre à 35hrs par semaine et de diminuer les salaires en proportion ou partiellement avec l'appui de diùinution de charges sociales . En quelque sorte, une autre forme de solidarité dans laquelle, au lieu d'éliminer un certain nombre de salariés au profit des Assedics et de conserver les autres dans les mêmes conditions, on conservait tout le monde en se partageant la masse salariale disponible.
Puis vinrent Lionel Jospin et Martine Aubry qui reprirent l'idée à leur compte mais en la transformant en réduction du temps de travail à 35 hrs/semaine.... avec maintien du salaire inchangé. Ce qui en supprimait l'utillisation possible comme outil de régulation du chomage puisque ca se traduisait immédiatement, au contraire, par une augmentation de la masse salariale de 11 pct! L'histoire a montré depuis que c'était une mesure à contre temps de l'époque économique qui se profilait et une occasion manquée de trouver un outil de maitrise du chomage. Ce sont les inconvénients d'avoir des politiques idéologiques sans expérience pratique aux commandes d'un pays...
La réduction des salaires est apparu aux Etats Unis d'abord avec Hewlett Packard, Caterpillar, Hetz, l'informatique et l'industrie de la presse, peu à peu tuée par Internet. C'est ce qu'on appelait la bas la "Hair Cut", la "Coupe de Cheveux", sans doute pour montrer que c'était mineur.L'idée est arrivée via les filiales de ces groupes jusqu'en France où elle fut très mal reçue sans que l'on se donne la peine de réfléchir au fait que cétait une autre forme de solidarité. Elle eut quand même quelque succès, pas chez HP trop socialement difficile mais chez Hertz où, à ma connaissance, elle a obtenu 67 pct de réponses favorables.
Signalons néanmoins qu'en ce qui concerne les cadres et en particulier les cadres commerciaux leurs rémunérations avaient été amputées automatiquement et discrètement par la diminution de la partie variable de leurs salaires, généralement assises sur des objectifs de ventes ou de production qu'il n'était plus possible de tenir dans les circonstances actuelles. Elles touchent 37 pct des cadres dont cette partie variable se monte à 14pct en moyenne.
Le Code du Travail rend des modifications du salaire de base très compliquées et très lourdes en France car il est impossible de négocier collectivement des accords de ce type avec les syndicats( dans la mesure où ils seraient réceptifs à l'idée...). Le contrat de travail qui fixe l'accord entre le salarié et l'entreprise est en effet un élement totalement individuel qui ne peut être modifié que d'accord partie, salarié par salarié. Par ailleurs cela crée deux catégories de salariés, ceux ayant accepté la baisse de salaire et ceux ayant réfusés alors qu'en principe " A travail égal, salaire égal".Que se passera t il si par la suite il faut quand même diminuer les effectifs? Les "réfuzniks" seront ils licenciés en priorité? De toute évidence il n'y a pas de jurisprudence dans ce cas.Et comment traitera t on les salaires dans l'avenir? Ratrapage ou maintien de la différence? Vous voyez le casse tête que risque de poser la gestion de ces populations à deux vitesses.
Dernieres propositions de baisses de salaires. La demande de British Airways à ses salariés de faire cadeau à leur société en difficulté d'une semaine ou d'un mois de salaire que vous voyez sur vos écrans en ce moment.
Autre cas de figure récent, la société Osram, filiale de Siemens qui possède une usine de fabrique de lampes à incandescence ( en voie de disparition donc) à Molsheim en Alsace qui emploie 600 personnes. Osram a proposé une baisse de salaire à ses salariés pour maintenir le maximm d'effectifs ou les reclasser. 108 d"entre eux ont réfusés. Etape suivante de ce fait un plan de restructuration avec un plan de licenciement pour les 108 salariés ayant refusés la baisse de salaire. Nul doute que cette affaire va donner lieu à procès et à un imbroglio juridique compliqué.
Voila où nous en sommes aujourd'hui. Une situation embarrassante dont on ne sait pas trop comment elle pourra être gérée entre un Code du Travail qui ne prévoit pas vraiment le cas de figure, une jurisprudence inexistante et un débat public sur un type inattendu de solidarité qui n'a pas eu le temps de se dérouler.A tout le moins il faudrait encadrer dans des limites acceptables ces réductions de salaires et définir les compensations minimales acceptables.
Que ceux qui souhaitent commenter ou apporter leur expérience personnelle ne s'en privent surtout pas...
26 juin 2009
Déficit 2009: Rétablissons la vérité des chiffres!
Il est curieux de constater combien il est difficile, dans notre beau pays, de parler des chiffres du budget,voire même d'y avoir accès! Vous avez ainsi entendu parlé récemment du déficit d'éxécution du budget 2009 de la France sous la forme d'un pourcentage du PIB, Produit Intérieur Brut,( en gros, le chiffre d'affaire de la maison France), mais rarement sous la forme des milliards d'euros qui séparent les recettes de l'Etat et ses dépenses. Eric Woerth, notre Ministre du budget, a ainsi annoncé lors d'une participation au Grand Jury RTL que, selon les estimations de ses services, il se monterait à une montant de 7 à 7.5pct de ce PIB en 2009 et 2010 sans jamais en donner la valeur en milliards d'euros;
Il y a une bonne raison à l'utilisation de cette "unité de mesure" du déficit, c'est qu'elle a été édicté comme telle dans le traité de Maastricht qui prévoit que les Etats signataires maintiennent leur déficit budgétaire annuel dans la limite de 3pct maximum de leur PIB et veillent également à ce que leur dette globable ne dépasse pas 60pct de ce PIB. La raison, outre la méfiance de l'Allemagne sur les pratiques budgétaires de certains pays membres, est que, via l'Euro, nous sommes devenus solidairement responsables de la force de notre monnaie commune.
Il y a un grand avantage par contre à l'utilisation de cette unité de mesure du déficit, c'est qu'elle minimise énormement ces déficits et cache le train de vie somptuaire de l'Etat par rapport à ses recettes. Pensez donc, 3pct de déficit, ce n'est rien, pense le français moyen et 7pct dans la période de crise que nous vivons, c'est parfaitement normal! Evacué ainsi le problème de la dette que nous allons lachement laissé à nos enfants! Oublié les efforts pharaoniques à faire pour rétablir l'équilibre dépenses/recettes auquel toute bonne mère de famille sait que l'on ne peut déroger très longtemps!
Si par contre vous voulez connaitre les vrais chiffres des recettes et dépenses du budget de la France, il vous faudra de la patience et de l'obstination car bien sur nos médias, y compris la presse économique, dans le flou artistique des chiffres qui leur sont donnés, ne font pas l'effort de les recalculer. Je l'ai fait pour vous;
A grand renfort de Google, j'ai ainsi trouvé que le budget 2009 présenté par Christine Lagarde et approuvé le 18 décembre 2008, à la fois par l'Assemblée Nationale et le Senat, se montait à 216 milliards d'euros de recettes et 295 milliards d'euros de dépenses, soit un déficit approuvé de 79 milliards ou en pourcentage par rapport aux recettes,36pct de dépenses en plus que de recettes. Comme l'approbation de ce budget s'est fait exactement en même temps que les annonces du plan de relance de début décembre et que la crise financière et industrielle a invalidé très rapidement les hypothèses de croissance de l'économie sur laquelle il était basé, il a fallu faire approuver, à la fin de 1er trimestre 2009, un correctif budgétaire qui nous a amené aux chiffres que vous avez trouvé dans la lettre accompagnatrice des imprimés de déclaration des revenus en juin 2009 ( pour ceux qui les récoivent) soit 266 milliards d'euros de recettes,370 de dépenses, 104 milliards d'euros de déficit, et 39 pct de dépenses de plus que de recettes!
Si on recalcule, à partir des chiffres données par Eric Woerth qui comporte des baisses de recettes( Impots sur les Sociétés, TVA etc) et des hausses de dépenses, on en arrive à une estimation pour toute l'année 2009 de 246 millards de recettes et de 361 milliards de dépenses pour un déficit de 115 milliards d'euros ou 47pct des recettes !!. Le tout sans tenir compte du déficit de la sécurité sociale( annoncé à 20 milliards) ni celui des collectivité locales à 5/6 milliards.
Au total, nous en serions donc à 140 milliards de déficits par rapport à 246 milliards de recettes soit 57 pct des dépenses en plus que de recettes. Un peu comme si, touchant tous les mois 2000 euros de salaire net, vous en dépensiez 3140 !!!
Le remède est l'emprunt. Il faudra donc emprunter pour boucher le trou de 2009 puis celui de 2010, 140 milliards d'euros tous les ans ce qui en intérêts seulement calculés à 4.5pct, vous coutera 6.3 milliards d'euros de dépenses supplémentaires . Je ne parle pas du remboursement du capital que nous laisserons à nos enfants.
A ce rythme ,nous devrions être fin 2010 à environ 1550 milliards d'euros de dettes soit une bonne dizaine de mois de travail de la maison France sans salaire pour les rembourser, et ce sans compter les retraites des fonctionnaires qui ne sont pas compté comme des dettes.Ce n'est plus de l'endettement, c'est du surendettement!!!
Et tout ceci passe inaperçu sous le vocable de 7pct du PIB de déficit! Vous comprenez pourquoi ll va falloir effectivement faire un "Grand " voire très grand emprunt national.
Monsieur Woerth, nous annonce que l'augmentation des impots ne serait pas la bonne solution car elle casserait la reprise et il a raison. Reste une seule solution, selon lui, c'est baisser les dépenses de l'Etat.Oui, mais pour rééquilibrer recettes et dépenses, ce ne sont pas 30 000 postes de fonctionnaires non remplacés par an qu'il faudrait supprimer( sur 6 millions de fonctionnaires soit 0.5pct seulement) mais peut être bien dix fois plus compte tenu du fait que l'on ne "gagne" que 25 pct de ce qu'ils coutent à la collectivité en passant d'activité à retraite.
Alors?
NB Face à une telle situation, dans l'industrie privée on serait déjà passé aux voyages en classe économie et en nombre restraint.C'est d'ailleurs ce qui pose problème aux compagnies aériennes. Dans la sphère publique, on pense à investir dans un nouvel Airbus aménagé pour la Présidence. Un symbole?
25 juin 2009
Nucléaire: Zapatero va t il tourner sa veste?
La tendance en Europe est définitivement à un retour en grace du nucléaire si on veut respecter les engagements pris à Kyoto d'une part et si on veut être capable de fournir aux pays membres de l'Union Européenne l'énergie dont elle a besoin. Les derniers convertis aux bienfaits de l'énergie nucléaire ont été la Grande Bretagne et l'Italie, même si quelques formalités délicates( revenir sur le reférendum italien par exemple) restent à accomplir.
Parmi les dernières nouvelles en faveur du nucléaire, signalons la décision récente de la Suède d'enterrer ses déchets.Un centre de stockage à cet effet sera construit dans l'est de la Suède à Forsmark par le Société Suédoise de Gestion de l'Energie et des Déchets nucléaires, la SKB.Les dechets seront enfouis à 500 metres sous terre dans un sol granitique qui devrait assurer à ces dechets une durée de conservation de plus de 100 000 ans. Début des travaux en 2016 et inauguration en 2022/2024.Le problème du stockage des déchets, qui n'avait d'ailleurs rien d'urgent à résoudre, semble donc avoir été résolu dans ce pays qui etait pourtant plutot considéré comme un pays sensible à l'écologie.
Ils restent deux pays qui ont pris des engagements anti nucléaires forts comme l'Allemagne et l'Espagne qui se trouvent désormais confrontées frontalement au problème d'un changement d'opinion sur cette énergie avec l'arrivée prochaine de la date de fermeture des centrales nucléaires anciennes que ces deux pays s'étaient engagés à fermer à l'échéance de leurs quarantes années de fonctionnement ( sans incident incidemment). Pour l'Allemagne, on sait que l'échéance sera la date des élections législatives allemandes en fin d'année. Angela Merkel avait déjà exprimé une opinion favorable pour une modification de la reglementation allemande en faveur du nucléaire mais avait du se résoudre à rester dans l'immobilisme du fait du partage du pouvoir avec le SPD.Le mauvais score du SPD aux élections européennes et le bon de la CDU sont en principe une indication favorable ppru uen victoire de la CDU/CSU. Par contre le bon score des Verts va rigoureusement en sens inverse. A suivre docn avec attention cet automne.
Coté espagnol, Jose Luis Zapatero, dont le score aux européennes n'a pas été brillant, doit prendre une décision sur la fermeture de la centrale nucléaire de Garona près de Burgos qui a atteint ses quarante ans et dont la licence d'exploitation se termine le 5 juillet.Elle devrait donc, si Monsieur Zapatero reste ferme sur ses convictions et ses alliances électorales, fermer à cette date.Les opérateurs, une JV Iberdrola/Endesa,ont demandé une poursuite d'exploitation de 10 ans. Or malgré un effort de mise en place de productions d'énergies renouvelables, en particulier en éolien,ces énergies n'assurent toujours que 15pct de la consommation espagnole alors que le nucléaire en assure 20 pct et la seule centrale de Garona 1.35 pct.Encore faudrait il savoir si l'on parle de production d'électricité, en Megawatts/heure ou de puissance installé en Megawatts que l'éolien ne peut assurer que quand il y a suffisamment de vent!
Or le Conseil de Sécurité Nucléaire national vient de se prononcer en faveur de la poursuite de l'exploitation de cette centrale. Par ailleurs par rapport à ses engagements de Kyoto, l'Espagne est le plus mauvais élève de la classe avec des émissions de CO2 encore 28pct en dessous de son objectif. Remplacer le nucléaire par toute autre énergie conventionnelle n'irait pas dans le bon sens.
Attendons donc la décision finale de José Luis Zapatero. Je fais un pari, il va bien tourner sa veste mais avec les circonlocutions qui permettront de l'expliquer au peuple.
24 juin 2009
Echange Rafales contre base aérienne.
J'avais eu l'occasion de signaler l'étrangeté de la décision d'implanter une base aérienne française à Abu Dhabi, dans un site " à risque" puisque situé dans un zone troublée, dans le golfe persique juste en face de l'Iran et alors que l'impécuniosité de notre Etat et de nos armées aurait semblé exclure une telle possibilité.
Entendons nous bien, il ne s'agit pas de ma part d'une critique a priori mais de la constatation que notre politique extérieure dans le monde avait changée, et qu'elle se donnait les moyens militaires qui allaient avec. La France de retour dans le monde, avais je dis, avec la responsabilité que cela implique et, également et malheureusement, les risques que cela comporte.
Comme chez notre Président, et tout à fait en ligne avec l'attitude américaine, la politique comprend un volet "business", il n'est pas étonnant de s'apercevoir aujourd'hui, à l'occasion de l'envoie par les Emirats Arabes Uni du document officiel pour définir les conditions techniques et financières de l'achat pour leurs propres forces aériennes d'une soixantaine d'avion Rafales que l'ouverture de cette Base aérienne s'accompagnera d'un volet industriel important.Des Rafales qui seront meilleurs que les notres d'ailleurs puisque cette consultation porte sur un appareil plus puissant et équipé d'un système de radar plus performant.
Souhaitons bonne chance à Dassault qui trouverait içi sa première vraie chance à l'exportation pour cet appareil ainsi qu'une occasion de le remettre aux performances du jour qui le rendra plus compétitif.L'affaire n'est pas faite, loin de là, et nous coutera sans doute comme contribuable quelques subventions mais le jeu en vaut bien la chandelle en terme d'emploi de de prestige.
On aimera ou on aimera pas, c'est selon mais la France est bien de retour dans le monde
23 juin 2009
Maitrise de le Dette publique: autres suggestions en Europe.
En plus de la décision allemande de mettre en place des dispositifs constitutionnels pour forcer les pouvoirs publics à maitriser leur dette et à ne pas "refiler le mistigri" aux générations suivantes, signalons d'autres initiatives en Europe ou suggestions pour ne pas laisser filer les déficits à la Française comme notre Ministre des Finances, Christine Lagarde, le suggère.
Aux Pays Bas qui a mis en place également un plan de relance économique équivalent à 4.5pct de PIB,le gopuvernement annoncait en même temps un report de l'age de la retraite à 67 ans d'içi 2020.Même stratégie comportementale qu'en Allemagne consistant à annoncer la mauvaise nouvelle pour bien plus tard de manière à ce que l'opinion publique ait le temps de s'y habituer et de la trouver acceptable quand elle arrivera. C'est peut être ce que veut faire Monsieur Hortefeux en reparlant du report de l'age de la retraite. L'ennui c'est qu'en France, on est tellement habitué à ce que nos gouvernements réculent à la première manifestation de rue que quelque soit l'inexorabilité de la décision ( et nos syndicats savent parfaitement qu'il faudra y passer et le plus tôt pôssible), nous aurons droit à quelques mois de bras de fer syndicalo-gouvernemental dotn l'issue pourrait bien être un autre report à plus tard d'une telle décision.
Autres mesures prise aux Pays Bas.La décision d'identifier en 2009, pour un cout budgétaire de 2 pct du PIB ou de 10pct du budget, les dépenses publiques participant le moins à l'efficacité économique ou à la justice sociale pour les supprimer, de manière crédible et vérifiable, dans les 5 ans.Les partis d'opposition et les syndicats seront invités à dresser leur propre liste des dispositif à supprimer. Imaginez l'équivalent d'un tel processus en France! On peut déjà entendre le tollé que cela susciterait. Sinon,chez nous l'équivalent est la RGPP, Revue Générale des Politiques Publiques, dont on sait quelles n'ont, jusquà présent rapporté que des queues de cerises et qu'elles ont suscités au contraire toute la mauvaise volonté du monde des ministres et de leur haute administration.
En Grande Bretagne, sur fond de scandale des notes de frais des parlementaires britanniques, une proposition inconoclaste du leader de l'opposition, David Cameron, pour une réduction de 10pct du nombre d'élus. Ca représente 65 députés sur un total actuel de 646.En France, nul ne sait où nous en sommes vraiment de la réforme des institutions confiée à un groupe de travail piloté par Edouard Balladur. On sait par contre que toute la classe politique fera tout ce qui est en son pouvoir pour torpîller des propositions aussi dérangeantes que la suppression des départements, ou des Conseils généraux ou du nombre de régions.
Coté dépenses l'annonce, symbolique, que les dépenses de l'Elysée ont augmenté en 2008 de 3 millions d'euros.Quand au budget 2010, il devrait suivre l'inflation c'est à dire qu'aucun effort particulier de réduction des dépenses ne sera à l'ordre du jour. il est vrai que le service de la dette, mécaniquement, continuera d'augmenter....Notre logique à nous, français, est d'attendre le sauveur ,c'est à dire la reprise économique...
"Douce France,...,pays de tant d'insouciance" comme chantait Charles Trenet
22 juin 2009
L'administration et l'informatique ne font pas bon menage...
Nous le savions déjà depuis le four du fameux dossier santé informatisé qui a couté une fortune aux français sans jamais aboutir. Et bien sur sans que jamais personne ne soit sanctionné de cette erreur majeure. Entendons nous bien , pour avoir eu à me battre moi même avec les informaticiens pour arriver à leur faire comprendre les vrais besoins et à définir des programmes techniquement et financièrement acceptables, je ne jeterais la pierre à personne. Simplement dans le privé le chef de programme, quand ca ne réussit pas, fait les frais de l'erreur.
En voiçi deux nouvelles erreurs assez catastrophiques pour le contribuable. Celle de la caisse de retraite, la CNAV, qui date quand même de 1984(!!!) et qui s'est traduit déjà par des validations de trimestres supplémentaires pour un certain nombre de salariés. Il en coutera désormais 600 millions ppur des retraites distribuées entre 1984 et 2008. L'Etat s'étant engagé à ce qu'il n'y ait pas de révision de pension à la baisse, ce que l'on peut comprendre,il en coutera 1.2 milliards de dépenses additonnelles pour l'avenir jusqu'aux décès des bénéficiaires.Au total 1.8 selon Bercy, 2.5 selon le Canard Enchainé qui y rajoute le surcroit qui sera payé aux futurs retraités né entre 1949 et 1955 et qui sont encore en activité.
Autre bourde informatique, infiniment plus récente, celle du système tout neuf des autoentrepreneurs qui connait un succès certain mais qui a généré par erreur des demandes de cotisation de la part des Urssaf et de certaines caisses comme le régime social des indépendants, RSI ,ou la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'Assurance vieillesse, la CIpav.L'erreur sera bientot résolu nous dit on. Il aurait été bien mieux qu'elle n'arrive jamais pour un régime aussi médiatisé que le statut de l'autoentrepreneur.
Espérons qu'à l'avenir, notre administration sera un peu plus attentive aux travaux de préparation et de mise en oeuvre de ses programmes informatiques ...
21 juin 2009
Dette Publique: Un Grand Bravo à l'Allemagne et à Angela Merkel !!
Dans mon précédent message du 16 juin, je vous avais fait part de la tentation de Christine Lagarde de repousser une partie de notre dette à plus tard sous le pretexte qu'il fallait isoler la dette due à la crise qui d'après elle n'était pas de même nature que la "dette ordinaire". La raison étant qu'il nous était déjà difficile, en temps normal, de descendre en dessous des 3pct de déficit du PIB comme prévu par le traité de Maastricht à la demande expresse de l'Allemagne, alors, pensez donc, avec la crise....
On peut admettre qu'effectivement, la relance pour atténuer les effets de la crise était absolument necessaire, mais hélas les euros empruntés pour cette relance sont exactement les mêmes que ceux empruntés pour notre dette ordinaire et doivent être remboursés de la même manière,c'est à dire à partir de économies à faire dans l'avenir sur nos dépenses! Ce n'est absolument pas un comportement français puisque,années après années et malgré toutes les promesses, nous poursuivons imperturbablement sur la base de 40/50 milliards d'euros de déficit budgétaire supplémentaire qui viennent s'ajouter aux 1300/1400 milliards d'euros de dette déjà engrangés.
Or nous ne nous trouverons pas, à la fin de cette crise financière, devant une situation entièrement nouvelle de "sortie de dette" dont nous, ne connaitrions pas les mecanismes et devant lesquels l'ensemble du monde industrialisé se sentirait désarmé. Au contraire, nous avons eu, dans le monde, une quinzaine de crises similaires et les chercheurs universitaires( pas français, hélas, nous devons être au dessus de ces viles contingences matérielles)) ont eu le temps de se pencher sur les conséquences de ces crises et d'en tirer les leçons. Le résultat de ces études est simple et répétable: une crise fait augmenter la dette des pays concernés de 86 pct en moyenne sur une durée de 5 ou 6 ans!
Appliqué à la France, cela veut dire qu'en 2013 notre dette se montera à 100pct de notre produit intérieur brut. Autant dire que nous serons très loin de la limite de Maastricht d'une dette maximale de 60pct maximum du PIB. Pour y revenir, cela veut dire qu'il faudrait que pendant 10 à 15 ans de rang notre déficit budgétaire moyen ne dépasse plus les 0.5 pct.
Grande révolution pour notre administration budgétaire et au delà pour nos hommes politiques toujours à l'affut d'une occasion de faire plaisir à telle ou telle catégorie, il va falloir savoir boucler un budget à 05pct de PIB de déficit soit 5 milliards d'euros maximum et surtout de l'exécuter! Et ce pendant 10 à 15 ans de rang! C'est simple nous,francais, ne savons pas faire.
La Recherche universitaire( toujours pas française) vient pourtant la aussi à notre secours.La regle efficace pour y arriver existe. Elle consiste à s'engager ferme et d'avance à faire des efforts importants d'épargne pour l'avenir( dans notre cas l'après crise soit au dela de 2013/2015) de façon à ce que cette contrainte apparaisse comme normale et acceptable lorsqu'elle se présentera.
C'est exactement ce que viennent de faire les Allemands, du SPD à la CDU/CSU confondus.Elle vient d'adopter un dispositif dit de "Frein à la Dette" qui sera inclus dans ce que les Allemands appellent la loi fondamentale et qui prevoit qu'en cas de sitiuation conjoncturelle normale, l'Etat s'interdira des déficits publics supérieurs à ...0.35Pct du Produit Intérieur Brut. Le tout à partir de 2016. Quand aux collectivités locales, fortement endettées en Allemagne comme vont le devenir nos Régions,elles n'auront pas le droit de contracter de nouvelles dettes à partir de 2020 !!
Imaginez, en France, Nicolas Sarkozy et Martine Aubry se mettant d'accord pour limiter les déficits de 2015 à 2025 à 0.35 pct du PIB et en mettre l'obligation dans la Constitution. Ca ne leur couterait rien à eux puisqu'a cette époque là, ils vaqueront probablement à d'autres occupations et ca donnerait de la crédibilité au personnel politique français. On peut toujours réver , n'est ce pas?
Pour terminer, dans la déclaration commune récente avec Nicolas Sarkozy, en principe coécrite par les deux protagonistes,la chancelière allemande a écrit: "La dette politique actuelle est trop lourde pour être laissée aux générations futures.Nous devons retrouver la voie de finances publiques soutenables dès que nous aurons franchi le cap décisif dans cette crise".
Un Grand Bravo, Madame la Chancelière !!!