Centrales electriques à Charbon: vers la conversion au Charbon propre?
Par ce que nous sommes dans un pays à très forte proportion d'électricité nucléaire, nous avons tendance à ne pas nous inquièter des émissions de CO2 en provenance des très nombreuses Centrales au Charbon en service dans le monde et nous pensons même qu'il ne se construit plus de Centrales au charbon dans le monde. Or rien n'est plus faux! 46 pct de l'électricité produite aux Etats Unis provient de centrales au charbon dont ce pays est très riche. Et la Chine, riche en charbon également, continue à installer chaque jour des centrales à charbon!
C'est dire qu'il est important de s'en préoccuper. A plusieurs titres. Pour les centrales nouvelles pour lesquelles il faut mettre en oeuve les technologies les moins émettrices de CO2. Et pour les centrales anciennes dont il faut réactualiser les équipements pour qu'elles consomment moins et produisent moins de CO2. Enfin, technique la plus réncente et en voie de développement, Il faut essayer de pièger le CO2 émis et de le renvoyer dans le sous sol pour l'y séquestrer.C 'est la technique que l'on définit par l'acronyme CCS pour Carbon Capture and Séquestration.
L'amélioration des centrales existantes ou les bonnes performances des nouvelles centrales au charbon passent par l'utilisation de chaudières dites supercritiques pour des centrales de 600MW ou ultrasupercritiques pour des centrales de 1000MW dont le rendement est le double(!) de celui des chaudières traditionnelles. Ce qui veut dire qu'en sens inverse leurs émissions de CO2 à énergie produite égale est inférieure de 50pct à celle émise par une chaudière conventionnelle.
Alstom est particulièrement en pointe sur ce marché et le plus gros demandeur est la Chine pour l'amélioration des centrales existantes. Déjà fortement présent en Chine avec des fabrications de turbines et de générateurs, Alstom vient de se lancer également dans la fabrication de ces chaudières supercritiques et ultrasupercritiques à Wuhan avec le groupe public Wuhan Boiler Company ce qui devrait lui permettre de participer à la rénovation du parc de centrale existant et aux appels d'offre pour les nouvelles centrales.
Au dela de l'évolution relativement simple et maitrisée vers des centrales à "charbon propre" comme décrite ci dessus l'évolution ultime est celle d'une centrale équipée en sortie de cheminée d'un dispositif CCS pour capturer le CO2 eémis et le réinjecter dans un site de stockage souterrain avec les aléas que cela comporte. Les processus sont à un stade de developpement bien moins avancé dans ce domaine avec quelque sites expérimentaux comme celui de Lacq pour Total, un site de l'électricien SuédoAllemand Vattenfal ou encore le site de Mountaineer en Virginie aux Etats Unis opérée par AEP American Electric Power.
Le principe consiste à filtrer les gaz de combustion pour en séparer soufre et particules, puis piéger le CO2 et le séparer des autres gaz de combustion, vapeur d'eau et azote, en le faisant passer et le dissolvant dans de l'ammmoniac liquide. Le CO2 est ensuite récupéré dans l'ammoniac par rechauffage puis comprimé à forte pression pour être reinjecté dans le sol. A la simple lecture, vous imaginez que ce processus est forcément couteux. Difficulté suppplémentaire, il faut disposer d'une capacité de stockage souterrain(ancien gisement de pétrole ou de gaz, salines) à proximité. Pour une installation nouvelle c'est relativement facile à faire, pour une centrale existante, c'est moins évident d'autant plus qu'il faut trouver la place pour toutes les unités additionnelles pour ce processus.
Juge de paix enfin, Combien ça coute? Le charbon est un combustible peu couteux du fait des défauts ci dessus auxquels il faut ajouter la pollution résultant de sa teneur en soufre et autres métaux.Le cout de la récupération du CO2 et de son stockage tel qu'il est effectué à Mountaineer est de plus de 50 Euros de la tonne de CO2 enfoui que l'on peut espérer pouvoir se réduire à 35/40 Euros d'içi 2030.Au total le cout de production d'électricité à partir de Charbon propre avec CCS devrait se rapprocher du cout de l'electricité eolienne dont on sait qu'il ne serait pas compétitif sans forte subvention.
A suivre









Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS, remède miracle. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique. Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres. Compte-tenu de la progression cataclysmique du dérèglement climatique au cours des dix dernières années et de son accélération prévisible lors des dix prochaines du fait des rétroactions « positives » que constituent la réduction de l’albédo des pôles et la libération de méthane due à la fonte du permafrost, c’est se moquer que de promouvoir des « usines à gaz » prétendues opérationnelles à l’échéance 2020.
On aimerait que "s'engager dans l'économie de bas carbone" ne signifie pas financer l'alibi de sa captation séquestration, la CCS, car, reconnaissant que ses campagnes "antiwarming" ont fait long feu, le lobby du charbon s'active à vendre cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule
« trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard ». Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière qu'elle constitue. Une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique.
Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres. Compte-tenu de la progression cataclysmique du dérèglement climatique au cours des dix dernières années et de son accélération prévisible lors des dix prochaines du fait des rétroactions « positives » que constituent la réduction de l’albédo des pôles et la libération de méthane due à la fonte du permafrost, c’est se moquer que de promouvoir des « usines à gaz » prétendues opérationnelles à l’échéance 2020, voire 2030.