L'Irak dont les revenus pétroliers sont clé à son redémarrage économique, avait lancé un appel d'offre général pour relancer l'exploration pétrolière sur son territoire et développer à nouveau la production.Un premier appel d'offre qui fut infructueux tellement les conditions mises au développement de ces champs étaient contraignantes et peu rémunératrices pour les compagnies internationales, y compris chinoises, qui sont censées amener financement( très lourd) et savoir faire technologique.

Ceci dit, ces conditions traduisent la reprise en main par les pays producteurs de l'exploitation de leurs ressources que l'on a pu constater en Russie, au Vénézuéla et dans d'autres pays producteurs avec la substitution des contrats de partage de production par des contrats de pure fourniture de service comme celui que Total a signé pour le développement du champ de Chtockman en Russie.Dans cette bataille pour l'énergie, nous, pays sans ressources énergétiques( France) ou sans ressources suffisantes pour alimenter leur économie, sommes les grands perdants de cette redistribution des cartes qui nous rend dépendants économiquement et peut etre un jour politiquement( Cf la Géorgie plus ou moins sacrifiée au gaz russe) sans que nos gouvernements ne semblent s'en émouvoir. 

L'Irak y était simplement allé un peu trop loin. Son second appel d'offre ou plutôt son appel d'offre modifié à la baisse en terme de fiscalité pétrolière ou d'obligation d'investissement  s'est révelé plus fructueux avec des accords signés récemment pour la mise en production de l'énorme champ de Roumeila dans le sud-est par une association nouvelle, BP( récemment rebaptisé Beyond Pétroléum, au dela du pétrole!) et le Chinois CNPC qui y investiront 15 milliards de dollars pour en tripler la production à 2.85 millions de barils/jours, l'équivalent de la production totale du Koweit! Un gisement dont les réserves dépassent celle de l'Algérie toute entière et destiné, à maturité, à devenir le deuxième site de production de la planète.

Même approche pour le gisement de Zoubaït qui, grace à un investissement de 10 milliards de dollars par un consortium regroupant l'italien ENI, chef de file,le coéren Kogas, l'americain Occidental Pétroleum et le chinois Sinopec va passer d'une production de 200 000 barils/jour à 1.1 millions. Idem pour l'association de Shell et d'ExxonMobil sur le gisement de Qourna Ouest, toujours dans le sud du pays, pour lequel le consortium s'est engagé à multiplier la production par 8 d'içi 2017 à 2.1 millions de barils/jours.

La bonne nouvelle, pour le peuple irakien , c'est que l'arrivée de revenus très importants pour l'état irakien va sans aucun doute aider au redécollage de l'économie et à la reconstruction du pays.Par contre cette production additionnelle massive va sans nul doute créer quelques bisbilles avec les autres pays producteurs qui devront laisser un peu de place dans les quotas de production à ce nouvel arrivant dont le production était considérée jusqu'à présent comme hors quota. La poursuite sans signe d'essouflement de la hausse de la consommation mondiale comme l'annonce l'AIE, Agence Internationale de l'Energie,devrait permettre, heureusement pour les irakiens, d'absorber sans difficulté l'arrivée du pétrole irakien sur le marché.

Dernier commentaire. Cet appel d'offfre marque une dégradation sensible de la valorisation du savoir faire technique des compagnies pétrolieres internationales puisque ce service dans l'offre BP/CNPC est désormais valorisé seulement 2 dollars du baril là ou il était valorisé le double il y a peu de temps encore....