J'ai eu l'occasion dans un article du 23 novembre de faire le point sur l'évolution de la demande énergétique dans le monde telle que l'Agence Internationale de l'Energie, l'AIE, l'estime pour les années à venir jusqu'en 2050. Il resultait de leur étude que  l'impact de la crise sur la demande mondiale allait être très mineure,retardant simplement de 3/4 ans la montée de cette demande. La baisse de la demande dans les pays industrialisés due à une certaine desindustrialisation en faveur des pays émergents et à leurs efforts pour maitriser leurs émissions devant être plus que compensée par la croissance économique dans les pays émergents. Le résultat final étant que la demande mondiale énergétique devrait se situer aux alentours de 106 millions de Barils/jours d'équivalent pétrole, tous type de production d'énergie confondus, en 2030.

Il se trouve que j'ai eu également l'occasion, dans le même temps, d'avoir accès aux estimations de Total sur l'évolution de la production de produits pétroliers dans le monde tous produits confondus, pétrole, gaz, condensats, shistes bitumineux sur cette période. Monsieur Christophe de Margerie, son PDG, avait déjà l'année dernière surpris le monde des prévisionnistes, des dirigeants politiques et des médias en déclarant qu'il ne croyait pas que la production de pétrole dans le monde puisse jamais dépasser les 100 millions de barils/jour. Cette année il persiste et signe. D'après les analyses de ses propres prévisionnistes il prévoit que le production pétrolière mondiale se stabilise à partir de 2020 à 95 millions de barils/jours, un plateau de production auquel il pense que la profession pourra tenir quelques(2 ou 3) dizaines d'années.La raison de cette évolution de la production vers cette asymptote tient au fait qu'il faut déjà que les pétroliers trouvent, tous les ans, suffisamment de champs nouveaux pour compenser la décroissance naturelle des champs existants, qui est de l'ordre de 5pct tous les ans, avant de pouvoir satisfaire une demande supplémentaire. Aller au delà de 95 millions de barils/jour ne lui parait ni réaliste ni réalisable.

Pour répondre à une demande qui sera supérieure à ce niveau maximal de production il ne faudra compter que sur les énergies alternatives, - toutes les énergies alternatives-, éolien, photovoltaïque, Biomasse, biocarburants, charbon et nucléaire. L'industrie pétrolière ne s'estime pas en compétition avec ces nouvelles énergies qui, pour elle, sont indispensables à développer le plus vite possible si on veut pouvoir répondre à la demande des citoyens du monde;

Autre constatation et commentaire de Total. La rapidité du développement de ces énergies alternatives étant limtée( 10 ans minimum pour une centrale nucléaire) la proportion d'énergie produite à partir de pétrole restera aux environs de 75 pct en 2030. Il ne faut donc pas concentrer les aides diverses sur les seules énergies alternatives et continuer à aider l'industrie pétrolière à découvrir toujours plus de champs nouveaux dans des zones de plus en plus difficile à exploiter. Une déclaration du Président de Total qui, là aussi, a surpris mais découle d'un certain bon sens.

Dans un monde géopolitique dans lequel les pays producteurs se réapproprient dune manière ou d'une autre leurs ressources en pétrole et en gaz, ce sont les compagnies pétrolières internationales qui constituent le bras armé des pays développés pour découvrir et mettre en production les nouveaux champs pétroliers.La tendance actuelle à ne plus rémunérer que le savoir faire de ces pétroliers internationaux  à 2 Dollars du baril est un lourd danger à terme pour l'approvisionnement des pays développés sans ressources énergétiques....

A suivre