La grande négociation sur le climat et les émissions de CO2 qui dit se tenir très bientot à Copenhague approche. A cette occasion l 'Agence Internationale de l'Energie vient de publier dans son dernier rapport ses estimations révisées d'évolution de la demande mondiale d'énergie dans laquelle elle prend en compte l'impact de la crise.Il est vrai que l'on send, depuis cette crise, une moins forte demande de combustibles fossiles, pétrole brut ou gaz et même une certaine pression à la baisse des prix du gaz.Vite à se rassurer, nos opinions publique et nos dirigeants affichent désormais  moins d'inquiétude sur la disponsibilité d'énergie dans l'avenir proche. Ce qui ,hélas, ne va pas faciliter les discussions sur l'après Kyoto à Copenhague car comme vous le savez, consommation d'énergie, émissions de CO2 et réchauffement climatique sont étroitement liés.

Or que dit l'AIE dans son rapport?AA_017Que rien n'a changé vraiment, que la crise se traduira sur la courbe générale d'évolution de la demande par une petite anicroche de 3/4 ans sur l'évolution de cette demande mais qui si on regarde la courbe à long terme jusqu'en 2030, rien n'a pratiquement changé dans l'allure de cette courbe ou si peu, 1.3 pct de demande en moins en 2030 par rapport à  la courbe précédente de l'année dernière !

En regardant plus dans le détail on constate que la demande aura néanmoins baissé de 4.5 pct en 2015 mais qu'au delà elle reprend comme précédemment à la hausse à un rythme de croissance de 1.5pct par an. Ce qui sur la période de 2007 à 2030 revient finalement à augmenter cette demande globale de 40pct !!!

La demande sera cependant modifiée dans sa répartition géographique. la demande OCDE, celle des pays industrialisés, diminuera de 5.7 pct en 2015 et de 4.2pct à l'horizon 2030 du fait des politiques de réduction d'émissions mise en place dans ces pays mais aussi du basculement de l'activité économique des pays industrialisés vers les pays émergents, Chine et Inde en tête.Les besoins de la Chine vont ainsi passer de 16pct de la demande d'énergie mondiale en 2007 à 23 pct en 2030.

Au final l'appetit des pays émergents va plus que compenser la baisse de demande des pays industrialisés.Il faudrait ainsi que, pour satisfaire la demande, la production journalière de brut que l'AIE qui  est prévue être de l'ordre de 86 millions de barils par jour en 2010 puisse passer à 106 millions de barils/jour en 2030 Or l'impact de la crise et de la baisse du prix du baril s'est traduit par une diminution sensible( -19pct !), de l'effort de recherche de nouveaux gisements dans les sociétés pétrolières.

Le prix du baril n'a donc pas fini de remonter.