24 septembre 2009

Brèves de blog...pétrolières(Suite)

  • L'Irak semble s'orienter désormais vers le départ à terme des troupes américaine et britanniques, le retour à un certainAAAA_002 calme et un certain niveau de sécurité qui devrait permettre peu à peu de revenir à une administration normale du pays. Or la majeure partie des revenus extérieurs du pays(87pct!) proviennent de l'exportation de pétrole brut, une exportation qui a été durement touchée par la guerre civile avant de revenir à son niveau de 2003 à 2 millions de barils/jours. L'Irak avait bien essayé de relancer l'exploration pétrolière sur son territoire mais sans vaiment de succès( un seul contrat signé). Il était encore trop tôt.
    Aujourd'hui il lance un nouvel appel d'offre pour mettre sur le marché un ensemble de champs pétroliers à développer qui représente pas moins du tiers des réserves totales estimées du pays à 41.3 milliards de barils. C'est dire qu'il s'agit d'un énorme appel d'offre avec des champs géants comme ceux de West Qurna-2 ou de Majnoun dans la zone de Bassorah.
    La règle du jeu fixée par Bagdad n'est pas le contrat de partage de production traditionnel mais un contrat de service dans lequel le pétrolier est rémunéré de son travail, de ses investissements et de son savoir faire contre un prix fixe par baril extrait.
    Les candidats ne semblent pas pour l'instant se bousculer au portillon, le prix fixe du baril rémunérant le pétrolier, de l'ordre de 2 dollars, semblant trop bas et la prime de signature de contrat de 2.6 milliards de dollars trop elevée. Nul doute néanmoins que les négociateurs sauront trouver le juste prix en temps voulu.
    Une province pourtant riche en pétrole est exclu de cet appel d'offre, la zone de la province kurde autonome au nord de Kirkouk et de Mossoul.Le statut de Kirkouk reste en effet incertain et est revendiqué par le Kurdistan qui a pris la liberté de signer lui même un contrat indépendant avec le pétrolier suisse Addax, au grand dam du pouvoir central de Bagdad
  • LeAAAA_004  Nigéria, très important producteur de pétrole du continent africain, est malheureusement soumis à des troubles persistants depuis des années entre le pouvoir central qui touche les royalties de l'extraction pétrolière et les peuples et ethnies locales, en particulier celles du delta du Niger, qui trouvent qu'elles ne bénéficient pas d'une redistribution suffisante de la manne pétrolière à leur gout.
    D'où des troubles permanents, des pillages, des enlèvements de personnels pétroliers etc etc. Sachez que l'insécurité est telle dans le pays que dans la capitale, Lagos, on se déplace en voiture que précédé et suivi d'un véhicule avec des hommes armés. Et on vit dans des compounds surveillés jour et nuit par des gardes armés.
    Le Mouvement pour l'Emancipation du Delta du Niger(Mend), principal groupe contestataire, a annoncé reprendre ses attaques contre les installations des compagnies petrolières à partir du 15 septembre ce qui laisse présumer des sabotages en serie et des problèmes techniques.La production du pays selon l'Agence Internationale de l'Energie, AEIA est retombé à son niveau de 1988 à 1.68 millions de barils/Jours et le pays a du abandonner son titre de premier producteur de pétrole d'Afrique à l'Angola.
    De ce fait les pétroliers ont eu tendance à abandonner l'exploitation des gisements terrestres au profit de l'exploitation des gisements offshore infiniment plus couteux à exploiter mais nettement plus surs. Rajouter la dessus un projet de réforme de la législation pétrolière à géometrie variable et vous comprendrez que les projets, pourtant nombreux, restent sur l'étagère.
  • La Russie dont l’économie, selon son Président, est dépassé technologiquement, gangrénée par la corruption et trop habituée à une assistanat généralisé hérité du communisme, doit trouver des ressources là où elle peut, c’est à dire en vendant ses matières premières et en particulier son pétrole et son gaz.

    Elle vient ainsi pour la première fois de dépasser l’Arabie Saoudite comme premier exportateur de brut et de produits pétroliers au monde avec 7.4 millions de barils/jours contre 7.0 à l’Arabie saoudite au deuxième trimestre 2009. Il est vrai que l’Arabie saoudite qui dispose à la fois des réserves les plus importantes au monde, et a une population limitée à fort niveau de vie, joue depuis toujours le rôle de régulateur du marché des produits pétroliers pour maintenir le prix du baril aux environ des 80 dollars que l’Opep considère comme le juste prix supportable par les consommateurs et suffisamment rémunérateur pour les producteurs.
    La Russie, elle, fortement touchée par la crise, est obligée de faire feu de tout pour éviter l’explosion sociale

  • L’exploitation des sables bitumineux  est en fort retrait en ce moment du fait de l’écroulement des prix du baril et nombre de projets rentables précédemment lorsque le baril dépassait les 100 dollars ont été ralentis voire arrêtés.
    En sens inverse la Chine, dans sa perspective de très long terme, continue à faire son shopping  autour du globe pour s’assurer des ressources en matières premières de tout type pour assurer à son économie un approvisionnement à long terme. Force est de reconnaitre qu’elle n’a pas toujours été considérée comme la bienvenue quand elle a essayée ici ou là de pendre le contrôle de telle ou telle multinationale pétrolière.
    Dans ce contexte là elle vient d’investir à contre temps, via PétroChina, dans les sables bitumineux de l’Athabasca au Canada en prenant 60pct dans deux projets majeurs du pétrolier canadien Athabasca Oil Sands, celui de la MacKay River et celui de Dover.
    Les sables bitumineux de l’Alberta constituent la seconde plus importante réserve au monde de pétrole après celles de l’Arabie saoudite avec 175 milliards de barils mais coutent très chers à exploiter et de manière très discutables d’un point de vue environnemental

  • L’Arabie saoudite vient de décider sans demander quoi que ce soit à personne d’investir 100 millions de dollars sur 5 ans dans l’augmentation de sa capacité de production de pétrole brut pour la monter à 12.5 millions de barils/jours. Au moment ou le prix du baril était monté jusqu’aux environs de 150 dollars, il avait été mis en cause, entre autres facteurs de cette hausse, la capacité de production, trop faible, des pays producteurs qui aurait alimenté une certaine pénurie. La crise financière puis économique a balayé les problématiques de cette période.
    L’Arabie Saoudite par contre qui, au titre du premier pays producteur mondial, considère et assume un certain rôle de régulateur des cours du baril avait retenu la leçon. Désormais, dans quelques années néanmoins le temps de mettre en place ces investissements, elle aura les moyens physiques de répondre aux tentatives de manipulation du marché…

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Posté par CaDerange à 07:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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