Nissan-Renault lance sa première "Prius" toute électrique.
Si je me réfère à la Toyota Prius dans ce titre c'est parce que,étant de loin la plus implantée sur le marché mondial, renouvelée récemment et d'une taille semblable à celle de modèle récemment dévoilée sous le badge Nissan Leaf par Monsieur Carlos Ghosn, elle représente la catégorie de voiture, la berline moyenne, à laquelle Nissan-Renault s'attaque en lancant ce nouveau modèle.
Quelles ressemblances et différences entre ces deux modèles?
La Toyota est une voiture hybride dotée d'un pack batterie et d'un moteur à essence qui recharge le pack batterie et se substitue à lui pour faire rouler la voiture dans les circonstances poour lesquelles les batteries ne suffiraient pas. Elle est totalement AUTONOME et ne néccessite pas de ravitaillement plus préquent qu'une voiture à essence classique.Elle utilise une technologie de batterie classique également et largement éprouvée sur les millions de Prius qui roulent dans le monde
La Nissan-Renault est une voiture 100pct électrique alimentée seulement par l'énergie stockée dans son pack de batterie et donc avec une autonomie limitée.Pour compenser la perte d'autonomie par rapport aux véhicules hybrides comme la Prius, Nissan-Renault a choisi d'utiliser les batteries Lithium-Ion les plus performantes actuellement, celles qui alimentent nos téléphones portables. C'est une technologie dont on sait qu'elle fonctionne parfaitement en petite taille de batterie mais dont son extrapolation à des batteries de forte puissance pose d'important problème d'échauffement voire de risque d'incendie. Mais surtout, elle coute les yeux de la tête.
Pour palier au problème du cout exhorbitant, Nissan-Renault a prévu de vous vendre le véhicule mais de vous louer ses batteries! Sans nous dire pour l'instant à quel prix. Le pari de Nissan-Renault réside dans l'idée que l'industrialisation de telles batteries sur une grande échelle permettra d'en abaisser le coût considérablement. Acceptons en l'augure.
Sur le plan de l'autonomie du véhicule, Nissan-Renault parle de 160 km avant recharge mais dans des conditions urbaines car dès que l'on demande de la puissance aux batteries comme sur route et autoroute ou en cas d'utilisation du chauffage ou de la climatisation, elle descend rapidement à des kilométrages peu avouables. La pari cette fois est dans le fait qu'effectivement la plupart des trajets sont des petits trajets et que donc les 160km sont largement suffisant pour une utilisation journalière.
Autre pari sorti du chapeau de Carlos Ghosn. Que pour la recharge rapide sur un long trajet, il existe des "bornes flash" qui permettraient une recharge à 80 pct de la charge totale en une...demi-heure.Ce qui sous entend un réseau de bornes flash très resséré, l'alerte "recharge" ne vous laissant vraisemblablement que peu de kilomètres devant vous pour trouver la dite borne flash. Sans compter l'acceptabilité d'un arret d'une demi heure tous les 100/120 kilomêtres!!
Bref la Toyota Prius est la voiture d'aujourd'hui, hybride,autonome,à la fiabilité prouvée et au cout acceptable et la Nissan Leaf celle de demain avec des caractéristiques techniques et des limitations qui exigent une adaptation des infrastructures qui ne seront pas immédiates. Elle préfigure bien néanmoins le type de "mobilité" qui nous attend. Elle permet aussi de réserver dans l'avenir les dernières gouttes de pétrole aux usages pour lesquels il ne pourra être remplacé( transport aériens? Transport maritimes, une partie des activités de la Chimie, etc)
Reste à savoir si globalement, elle apportera une vrai diminution de l'énergie consommée dans nos transports individuels. A ce titre, la mention Zero émission qui orne le flan de la Leaf est une pure escroquerie puisqu'elle se borne à transférer sur le producteur d'électricité la charge de fournir l'énergie primaire. Or tout dependra de l'énergie primaire utilisée pour cette production d'électricité. S'il s'agit de gaz ou de produits pétroliers, ce sera bonnet blanc et blanc bonnet. S'il s'agit de charbon ca risque de se faire au détriment des émissions de CO2 mais également de toutes sortes de polluants(SO2). S'il s'agit du nucléaire, ce sera sans émissions de CO2 mais avec des déchets que l'on saura sans doute d'içi là maitriser.
Reste que pour une conversion aussi radicale du transport individuel du pétrole à l'électricité d'origine nucléaire, cela sous entend de construire des centaines de centrales nucléaires dans un delai très court. Or à dix ans en moyenne le temps de mlse en route d'une centrale et face à une quarantaine d'année de disponibilité du pétrole, je ne crois pas que nous ayons pris conscience de l'impossibilité du challenge qui nous attend ni que nous ayons vraiment commencé à réflechir à l'énorme "Plan Marshall de l'Electricité Nucléaire" dont nous allons immanquablement avoir besoin






