26 juin 2009
Déficit 2009: Rétablissons la vérité des chiffres!
Il est curieux de constater combien il est difficile, dans notre beau pays, de parler des chiffres du budget,voire même d'y avoir accès! Vous avez ainsi entendu parlé récemment du déficit d'éxécution du budget 2009 de la France sous la forme d'un pourcentage du PIB, Produit Intérieur Brut,( en gros, le chiffre d'affaire de la maison France), mais rarement sous la forme des milliards d'euros qui séparent les recettes de l'Etat et ses dépenses. Eric Woerth, notre Ministre du budget, a ainsi annoncé lors d'une participation au Grand Jury RTL que, selon les estimations de ses services, il se monterait à une montant de 7 à 7.5pct de ce PIB en 2009 et 2010 sans jamais en donner la valeur en milliards d'euros;
Il y a une bonne raison à l'utilisation de cette "unité de mesure" du déficit, c'est qu'elle a été édicté comme telle dans le traité de Maastricht qui prévoit que les Etats signataires maintiennent leur déficit budgétaire annuel dans la limite de 3pct maximum de leur PIB et veillent également à ce que leur dette globable ne dépasse pas 60pct de ce PIB. La raison, outre la méfiance de l'Allemagne sur les pratiques budgétaires de certains pays membres, est que, via l'Euro, nous sommes devenus solidairement responsables de la force de notre monnaie commune.
Il y a un grand avantage par contre à l'utilisation de cette unité de mesure du déficit, c'est qu'elle minimise énormement ces déficits et cache le train de vie somptuaire de l'Etat par rapport à ses recettes. Pensez donc, 3pct de déficit, ce n'est rien, pense le français moyen et 7pct dans la période de crise que nous vivons, c'est parfaitement normal! Evacué ainsi le problème de la dette que nous allons lachement laissé à nos enfants! Oublié les efforts pharaoniques à faire pour rétablir l'équilibre dépenses/recettes auquel toute bonne mère de famille sait que l'on ne peut déroger très longtemps!
Si par contre vous voulez connaitre les vrais chiffres des recettes et dépenses du budget de la France, il vous faudra de la patience et de l'obstination car bien sur nos médias, y compris la presse économique, dans le flou artistique des chiffres qui leur sont donnés, ne font pas l'effort de les recalculer. Je l'ai fait pour vous;
A grand renfort de Google, j'ai ainsi trouvé que le budget 2009 présenté par Christine Lagarde et approuvé le 18 décembre 2008, à la fois par l'Assemblée Nationale et le Senat, se montait à 216 milliards d'euros de recettes et 295 milliards d'euros de dépenses, soit un déficit approuvé de 79 milliards ou en pourcentage par rapport aux recettes,36pct de dépenses en plus que de recettes. Comme l'approbation de ce budget s'est fait exactement en même temps que les annonces du plan de relance de début décembre et que la crise financière et industrielle a invalidé très rapidement les hypothèses de croissance de l'économie sur laquelle il était basé, il a fallu faire approuver, à la fin de 1er trimestre 2009, un correctif budgétaire qui nous a amené aux chiffres que vous avez trouvé dans la lettre accompagnatrice des imprimés de déclaration des revenus en juin 2009 ( pour ceux qui les récoivent) soit 266 milliards d'euros de recettes,370 de dépenses, 104 milliards d'euros de déficit, et 39 pct de dépenses de plus que de recettes!
Si on recalcule, à partir des chiffres données par Eric Woerth qui comporte des baisses de recettes( Impots sur les Sociétés, TVA etc) et des hausses de dépenses, on en arrive à une estimation pour toute l'année 2009 de 246 millards de recettes et de 361 milliards de dépenses pour un déficit de 115 milliards d'euros ou 47pct des recettes !!. Le tout sans tenir compte du déficit de la sécurité sociale( annoncé à 20 milliards) ni celui des collectivité locales à 5/6 milliards.
Au total, nous en serions donc à 140 milliards de déficits par rapport à 246 milliards de recettes soit 57 pct des dépenses en plus que de recettes. Un peu comme si, touchant tous les mois 2000 euros de salaire net, vous en dépensiez 3140 !!!
Le remède est l'emprunt. Il faudra donc emprunter pour boucher le trou de 2009 puis celui de 2010, 140 milliards d'euros tous les ans ce qui en intérêts seulement calculés à 4.5pct, vous coutera 6.3 milliards d'euros de dépenses supplémentaires . Je ne parle pas du remboursement du capital que nous laisserons à nos enfants.
A ce rythme ,nous devrions être fin 2010 à environ 1550 milliards d'euros de dettes soit une bonne dizaine de mois de travail de la maison France sans salaire pour les rembourser, et ce sans compter les retraites des fonctionnaires qui ne sont pas compté comme des dettes.Ce n'est plus de l'endettement, c'est du surendettement!!!
Et tout ceci passe inaperçu sous le vocable de 7pct du PIB de déficit! Vous comprenez pourquoi ll va falloir effectivement faire un "Grand " voire très grand emprunt national.
Monsieur Woerth, nous annonce que l'augmentation des impots ne serait pas la bonne solution car elle casserait la reprise et il a raison. Reste une seule solution, selon lui, c'est baisser les dépenses de l'Etat.Oui, mais pour rééquilibrer recettes et dépenses, ce ne sont pas 30 000 postes de fonctionnaires non remplacés par an qu'il faudrait supprimer( sur 6 millions de fonctionnaires soit 0.5pct seulement) mais peut être bien dix fois plus compte tenu du fait que l'on ne "gagne" que 25 pct de ce qu'ils coutent à la collectivité en passant d'activité à retraite.
Alors?
NB Face à une telle situation, dans l'industrie privée on serait déjà passé aux voyages en classe économie et en nombre restraint.C'est d'ailleurs ce qui pose problème aux compagnies aériennes. Dans la sphère publique, on pense à investir dans un nouvel Airbus aménagé pour la Présidence. Un symbole?
Commentaires
Ce n'est pas l'Airbus présidentiel qui changera le budget, d'autant qu'il évitera qu'un second avion soit affrêté à chaque déplacement pour la suite du Président.
Une autre solution dont personne ne parle jamais est aussi de modifier la structure de l'impôt en France. A force de taxer le travail, on a fait fuir l'industrie vers des pays à bas coût. Au résultat, notre système d'imposition (notamment le financement de la sécurité sociale, car c'est de l'impôt même si c'est pour la Sécu) fait fuir nos revenus, et nous incite à importer.
Décriée par l'utilisation de grands mots comme "injustice sociale" la TVA sociale, pourtant solution évidente pour qui comprend la comptabilité des entreprises, est en train de nous revenir sous le nom de "Taxe carbone".
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