Dette Publique: Un Grand Bravo à l'Allemagne et à Angela Merkel !!
Dans mon précédent message du 16 juin, je vous avais fait part de la tentation de Christine Lagarde de repousser une partie de notre dette à plus tard sous le pretexte qu'il fallait isoler la dette due à la crise qui d'après elle n'était pas de même nature que la "dette ordinaire". La raison étant qu'il nous était déjà difficile, en temps normal, de descendre en dessous des 3pct de déficit du PIB comme prévu par le traité de Maastricht à la demande expresse de l'Allemagne, alors, pensez donc, avec la crise....
On peut admettre qu'effectivement, la relance pour atténuer les effets de la crise était absolument necessaire, mais hélas les euros empruntés pour cette relance sont exactement les mêmes que ceux empruntés pour notre dette ordinaire et doivent être remboursés de la même manière,c'est à dire à partir de économies à faire dans l'avenir sur nos dépenses! Ce n'est absolument pas un comportement français puisque,années après années et malgré toutes les promesses, nous poursuivons imperturbablement sur la base de 40/50 milliards d'euros de déficit budgétaire supplémentaire qui viennent s'ajouter aux 1300/1400 milliards d'euros de dette déjà engrangés.
Or nous ne nous trouverons pas, à la fin de cette crise financière, devant une situation entièrement nouvelle de "sortie de dette" dont nous, ne connaitrions pas les mecanismes et devant lesquels l'ensemble du monde industrialisé se sentirait désarmé. Au contraire, nous avons eu, dans le monde, une quinzaine de crises similaires et les chercheurs universitaires( pas français, hélas, nous devons être au dessus de ces viles contingences matérielles)) ont eu le temps de se pencher sur les conséquences de ces crises et d'en tirer les leçons. Le résultat de ces études est simple et répétable: une crise fait augmenter la dette des pays concernés de 86 pct en moyenne sur une durée de 5 ou 6 ans!
Appliqué à la France, cela veut dire qu'en 2013 notre dette se montera à 100pct de notre produit intérieur brut. Autant dire que nous serons très loin de la limite de Maastricht d'une dette maximale de 60pct maximum du PIB. Pour y revenir, cela veut dire qu'il faudrait que pendant 10 à 15 ans de rang notre déficit budgétaire moyen ne dépasse plus les 0.5 pct.
Grande révolution pour notre administration budgétaire et au delà pour nos hommes politiques toujours à l'affut d'une occasion de faire plaisir à telle ou telle catégorie, il va falloir savoir boucler un budget à 05pct de PIB de déficit soit 5 milliards d'euros maximum et surtout de l'exécuter! Et ce pendant 10 à 15 ans de rang! C'est simple nous,francais, ne savons pas faire.
La Recherche universitaire( toujours pas française) vient pourtant la aussi à notre secours.La regle efficace pour y arriver existe. Elle consiste à s'engager ferme et d'avance à faire des efforts importants d'épargne pour l'avenir( dans notre cas l'après crise soit au dela de 2013/2015) de façon à ce que cette contrainte apparaisse comme normale et acceptable lorsqu'elle se présentera.
C'est exactement ce que viennent de faire les Allemands, du SPD à la CDU/CSU confondus.Elle vient d'adopter un dispositif dit de "Frein à la Dette" qui sera inclus dans ce que les Allemands appellent la loi fondamentale et qui prevoit qu'en cas de sitiuation conjoncturelle normale, l'Etat s'interdira des déficits publics supérieurs à ...0.35Pct du Produit Intérieur Brut. Le tout à partir de 2016. Quand aux collectivités locales, fortement endettées en Allemagne comme vont le devenir nos Régions,elles n'auront pas le droit de contracter de nouvelles dettes à partir de 2020 !!
Imaginez, en France, Nicolas Sarkozy et Martine Aubry se mettant d'accord pour limiter les déficits de 2015 à 2025 à 0.35 pct du PIB et en mettre l'obligation dans la Constitution. Ca ne leur couterait rien à eux puisqu'a cette époque là, ils vaqueront probablement à d'autres occupations et ca donnerait de la crédibilité au personnel politique français. On peut toujours réver , n'est ce pas?
Pour terminer, dans la déclaration commune récente avec Nicolas Sarkozy, en principe coécrite par les deux protagonistes,la chancelière allemande a écrit: "La dette politique actuelle est trop lourde pour être laissée aux générations futures.Nous devons retrouver la voie de finances publiques soutenables dès que nous aurons franchi le cap décisif dans cette crise".
Un Grand Bravo, Madame la Chancelière !!!
