La téléréalité a fait une percée remarquée dans l'univers audiovisuel avec des émissions à siuccès comme Koh-Lanta, l'Ile de la Tentation, (TF1), les Colocataires  et Pekin Express (M6), Dans la peau d'un noir(Canal +) voire la Star Ac. Les participants à ces émissions nous ont toujours été présenté comme des "concurrents" de ces emissions qui étaient donc, en principe, des émissions de jeu.

Dans la réalité, les participants étaient engagés par le producteur, une filiale de la chaine, avec un contrat en béton qui prévoyait tous les faits et gestes des intéressés,leur participation obligatoire à certains parties de l'émission, voire même l'heure de leur reveil ! Ils pouvaient même être sanctionnés financièrement en cas de non respect de certaines obligations contractuelles.Les participants étaient logés,  nourris, transportés et touchaient des gains relativement peu elevés en fonction du moment de leur sortie du jeu.

Ainsi Arnaud Laize, qui avait participé à la deuxième saison de l'Ile de la Tentation, avait il gagné 1525 euros à titre d'avance sur les ventes futures de produits dérivés. Sans doute insatisfait de son gain, il attaqua  le producteur Glem, filiale de TF1 pour faire requalifier sa participation en contrat de travail. De joueur il voulait devenir salarié.Pas de chance pour le producteur, les prudhommes puis la Cour d'Appel de Paris, l'ont suivi car les clauses de ce contrat,-fourniture d'une prestation de travail, rémunération,et subordination vis à vis de l'employeur-, correspondait bien, d'après eux, à un contrat de travail;

Les conséquences pour le producteur devenu employeur étaient assez considérables. Il devenait ainsi coupable de travail dissimulé,de non paiement des heures supplémentaires,de licenciement irrégulier et de rupture de contrat abusive. Mais surtout les exigences du droit du travail en terme d'heures de travail ou de temps de repos ne pouvait être respectées dans un modèle où les participants sont filmés en quasi permanence. Seule consolation pour le producteur, les Prudhommes refusèrent de reconnaitre la qualification d'artiste-interprète au plaignant.

Depuis cet arret dit Laize du nom de ce premier plaignant, les attaques en justice se sont multipliés,120 à ce jour. Certaines pour lesquelles les tribunaux se sont déclarés incompétents( Prudhommes de St Etienne), d'autres pour lesquelles les tribunaux ont suivi cette première jurispriudence dont tout récemment les Prudhommes de Boulogne Billancourt. Glem  à fait de son coté appel du jugement Laize en cour de Cassation;

C'est dire que le jugement de la Cour de Cassation dont l'audience doit intervenir le 29 avril, est attendu avec impatience. Seul problème, dans le cas où la relation de travail serait confirmé, il y a un risque que les producteurs aillent tourner les films de téléréalité, qui ne disparaitront pas pour autant, en dehors du territoire français. Dans des paradis sociaux dont on attendra la liste avec intérêt.