08 avril 2009

Capacité énergétique, hydrique et alimentaire de la planète et maîtrise de l’accroissement des populations.

Le débat environnementaliste sur le réchauffement climatique et ses conséquences a eu le grand mérite de sensibiliser les peuples au fait que les ressources énergétiques, hydriques et alimentaires de la planète étaient limitées et que nous allions être obligés, que nous le voulions ou non, de changer de mode de vie pour adopter un mode de consommation plus respectueux de ce que la nature est capable de mettre à notre disposition. Il a établi également des dates qui constituent désormais des repères auquel nous nous réfèrerons sans nul doute à l’avenir avec 2050 et 2100.

On peut dire que les populations ont vraiment pris conscience des limites énergétiques de la planète, en particulier dans les pays développées, qu’elles commencent à l’être de ses limites alimentaires, en particulier dans les pays en voie de développement et que par contre la sensibilité aux limites des ressources hydriques s’est pour l’instant moins développé. Pour preuve la quasi absence de couverture médiatique du Forum Mondial de l’Eau qui vient de se tenir à Istambul en présence de 15 000 personnes.Saviez vous qu’il est organisé tous les trois ans par le Conseil mondial de l’Eau , un organisme onusien installé….à Marseille.Où étaient les représentants de nos médias pendant cette semaine durant laquelle on traitait d'un sujet important pour l'avenir de la planète? Sans doute occupés par l'anecdotique et le politicien !

Ces prises de consciences ont suscité la floraison d’organismes de toute sortes pour travailler à établir les perspectives scientifiques  sur l’ampleur et l’évolution des problèmes rencontrés et sur les moyens de pallier à ces problèmes. Le traité de Kyoto est sans doute le résultat le plus abouti, dans le cas du réchauffement climatique, de ces prises de conscience. Des milliers de chercheurs, d’hommes politiques, de sociologues et de techniciens de ces différents sujets sont désormais au travail pour identifier des pistes de résolution de ces problèmes

Il y a néanmoins  un point qui n’a pas abordé ou pas voulu être abordé qui est la maîtrise de la population mondiale alors que la croissance démographique est le facteur le plus important dans la recherche d’une adéquation minimale entre les besoins de tous ordres de ces populations et les disponibilités de Dame nature pour les satisfaire.

L’Onu vient de publier ses estimations de l’évolution de la population mondiale à horizon 2050 et 2100.Point de départ nous en sommes à l’heure actuelle à 6.7 millions d’individus sur la planète. Tous les ans ce sont 80 millions d‘être humains supplémentaires qui viennent au monde se rajouter à ces 6.7 millions d’individus suivant des localisations très variées.Ainsi la population de l’Inde s’accroît en une semaine d’un nombre d’individus plus important que l’accroissement annuel de la population de toute l’Union européenne.

L’augmentation de la population mondiale d’içi 2050 sera de 2.5 milliards d’individus, soit la population mondiale qui existait en 1950 !! La vaste majorité de ces 2.5 milliards d’individus supplémentaires sera localisé dans les régions du monde les moins développées. Au total nous serons 9 milliards d’être humains sur la planète à avoir besoin d’énergie, de nourriture et d’eau. Encore cet accroissement a-t-il été ralenti par rapport aux estimations antérieures par une baisse plus rapide que prévue de la fécondité et par le Sida.

Si l’on regarde plus loin encore vers 2150 la seule estimation existante qui date de 2003 et qui était basé sur l'hypothèse d'un maintien du taux de fécondité à son  niveau  actuelle, donnait le chiffre effrayant de 244 milliards d'habitants. Il serait urgent sans doute de revisiter cette estimation sur la base d'un objectif de temps plus proche de nous, 2100 par exemple, de différentes hypothèses de taux de fécondité et de différents scénarii de réponse à un "encombrement " de la planète qui semble néanmoins inévitable. Seront nous 18 milliards en 2100 ou 100, nul ne le sait sur une courbe dont on sait seulement qu'elle va de 9 à 244 milliards en 100 ans, une durée de temps microscopique à l'échelle cosmique.

   

Dans ces conditions, il faudra peut être inévitablement un jour reparler d'un sujet tabou dans nos sociétés du fait de ses implications et de relents nauséabonds d'histoire récente qui est la maitrise de la croissance démographique.Un livre d'un historien américain de Harvard, Matthew Connelly,  sous le titre Fatal Misconception, The struggle to Control World population, La bataille pour controler la population :mondiale, vient de paraitre sur ce sujet qui fait le point des philosophies existantes et des tentatives de controle  déjà essayées dans l'histoire du monde.

      

Car pour des causes d'insuffisances alimentaires et de famines dramatiques , de nombreux  pays ont déjà essayés de maitriser leurs populations dans une histoire récente. Il s'agit, par exemple, de la Chine qui a pratiqué la politique de l'enfant unique pendant des années avec des résultats dramatiques dont elle commence à souffrir et va souffrir encore davantage dans les années à venir: Un déséquilibre hommes/femmes qui ne permet pas aux jeunes chinois de trouver femme,et un problème de financement de retraite infiniment plus grave que le nôtre avec le fameux enfant unique qui va devoir d'une manière ou d'une autre supporter financièrement ses parents.Il s'agit de l'Inde également qui a pratiqué la stérilisation forcée, une methode qui rappelle la aussi de très mauvais souvenirs.Enfin, à une échelle plus limitée, de  nombreux pays ont pratiqué des politiques de controle des populations sous le couvert de bonnes intentions, la lutte pour réduire la pauvrété ou pour éviter des conflits majeurs entre pays riches à faible fécondité et pays pauvres à forte natalité, et avec l'aide de fondations implantées dans les pays riches.

         

D'après l'auteur ci dessus aucune de ces méthodes n'a réussi et par contre leur cout humain a été dramatique car elles se sont souvent traduites par des restrictions aux libertés les plus élémentaires.Signalons aussi des pratiques criminelles comme l'élimination physique des filles et d'autres qui peuvent se profiler à l'horizon un  jour comme la suppression des personnes agées.

                         

Heureusement pour les peuples auxquels on a appliqué ces politiques et pour l'humanité en général, l'amélioration de la production agricole a permis de résoudre partiellement  le problème des famines et de l'insuffisance alimentaire.L'avenir par contre pour les 100 ans à venir , entre limitation des ressources alimentaires, énergétique et hydriques et saturation des surfaces occupables, est très préoccupant pour les générations suivantes. Quelles solutions ces générations sauront elles trouver? Sauront elles éviter l'écueil de conflits majeurs?Et permettront elles à ceux et celles qui y assisteront de vivre une vie décente?Nul ne le sait et ce sera le challenge majeur de l'humanité pour le petit nombre de décennies à venir pendant lesquelles les humains auront encore une possibilité d'influer sur les évènements.

                                       

Désolé d'introduire avec la maitrise de la croissance des populations un autre sujet majeur sur lequel il serait pourtant aussi urgent de réflechir qu'à celui des ressources énergétiques, alimentaires ou hydriques de la planète... 

   

 

Posté par CaDerange à 07:23 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur Capacité énergétique, hydrique et alimentaire de la planète et maîtrise de l’accroissement des populations.

    Il faudrait savoir quels seront les facteurs limitants de la croissance démographique.
    De toute manière, que ce soit d'une manière ou d'une autre, la population sera limitée par les capacités que nous aurons à nous procurer les ressources nécessaires à notre croissance.
    Et il serait vain de croire que nous n'arriverons pas à cette situation, la nature ayant horreur du vide, nous croitrons jusqu'à ce point, et ça se traduira forcément par des situations de pauvreté quelque part, chez ceux qui n'auront pas pu ou su accéder aux richesses. Que ça soit dû à un excès de population ou aux manques de ressources, c'est la même chose, selon le côté qu'on regarde.

    Posté par Z, 08 avril 2009 à 23:12 | | Répondre
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