Le marché du CO2 s'écroule: Un effet collatéral de la crise
Le marché du CO2 fait partie du paysage européen et est en quelque sorte emblématique du rôle de leader pris par l'Europe dans la lutte contre le réchauffement climatique. Au point que d'autres pays jusqu'à encore récemment réticent à mettre en place des engagements de limitations d'émissions de CO2, comme l'Australie ou les Etats Unis, viennent ou vont mettre en place un tel outil indispensabke à la régulation de ces émissions. Car c'est le surcout du rachat des tonnes de CO2 émises par les industriels par rapport à leurs quotas qui est l'arme essentielle pour les amener à faire des efforts d'investissement pour les réduire. Il est même prévu qu'au dela de 2013, ce ne sera plus l'excédent par rapport au quota qui devra être racheté sur le marché mais tout le quota de CO2 lui même qu'il faudra acheter à la Commission Européenne.
Or la crise est en train de "tuer" le marché du CO2 dont le prix de la tonne a diminué depuis janvier de 70pct pour en arriver à 9.3 euros la tonne! Que s'est il passé? Que les industriels, du fait de la crise qui affecte leurs productions à la baisse, ne pensent plus avoir de difficulté à satisfaire leurs quotas d'émissions pour 2009, voire 2010. A quoi bon en acheter dans ce cas?
Ils en viennent même, pour se faire de la trésorerie, par ces temps où il est difficile d'en obtenir des banques, à revendre les quotas qu'ils avaient achetés en prévision!
A ce niveau de prix de la tonne de CO2, il devient également difficile de justifier un investissement pour réduire ses émissions puisque cet investissement ne rapportera presque plus rien! C'est dire que les négociations prévues se tenir dans 6 mois à Copenhague pour arriver à definir un Kyoto II qui fixe les engagements d'émissions de CO2 des pays du monde y compris les BRIC, pour l'au delà 2012, risquent d'être fortement affectées par un telle dégringolade.
Un élement positif néanmoins. Cela veut dire que les émissions de CO2 en 2009 et 2010 des industries seront en forte baisse ce qui est très positif pour le réchauffement climatique de la planète ( si celui çi est bien lié à ces emissions!). Par contre, à un tel niveau d'émission, qui se rapproche sans doute de celui que nous devrions collectivement atteindre pour maitriser le réchauffement planétaire,l'économie mondiale n'est visiblement pas capable de nourrir correctement tous ses enfants. Messieurs les chantres de l'écologie qui nous disent tous les jours que c'est l'industrie verte qui assurera les emplois futurs et le développement économique, peut être devriez vous travailler sur des éléments documentés et chiffrés de l'impact de cette économie verte plutot que de vous en tenir à des généralités....








