A la suite du Grenelle de l'écologie, il avait été acté la création d'une Haute Autorité sur les OGM. Création bien utile alors car, sous pression de trouver de bonnes raisons pour interdire le fameux Mon 810, le gouvernement avait choisi de créer une "Commission de Préfiguration de la Haute autorité sur les OGM" présidé par un Sénateur JL Legrand pour, avec l'aide de 18 scientifiques, lui fournir l'argumentation scientifique à envoyer à Bruxelles pour justifier de l'interdiction du Mon 810 en France.Vous connaissez la suite. Les conclusions scientifiques de cette commissions avaient été très biaisées par son Président dans le sens du vent politique, ce qui avait suscité quelques réactions des scientifiques floués. Par la suite la Commission de Bruxelles et son comité scientifique ont invalidé la décision française pour manque d'éléments nouveaux(Cf mon message du 6 novembre 2008) ce qui ne fait pas honneur au travail de cette Commission de Préfiguration. 

Depuis la fameuse Haute Autorité, devenue depuis Haut Conseil des biotechnologies n'a toujours pas été crée mais, un an après, on en parle et c'est même devenu un sujet de débat entre Assemblée Nationale et Gouvernement. La Commision des Affaires Economiques du Sénat et de l'Assembleé Nationale vient en effet de blackbouler la candidature comme Président de ce Haut Conseil proposée par le Gouvernement, du scientifique Jean Louis Darlix. Un scientifique pourtant bien sous tout rapport puisque Directeur des Recherches en Virologie de l'Inserm et a priori pas politique comme son prédécesseur à la Commission de Préfiguration.

Que c'est il passé pour que les députes et sénateurs expriment ainsi leur mécontentement, même si l'expression de cet avis est seulement consultative? Ce n'est pas la personne proposée qui etait visée mais le rôle de ce Haut Conseil qui pose problème.La loi sur les OGM de Fevrier 2008 qui l'a crée, définit en effet sa fonction comme celle "d'éclairer le gouvernement" sur les risques des OGM pour l'environnement et la santé publique. Une formule qui dit une chose et son contraire...

Or le Président proposé, Jean Louis Darlix l'a interprété, face aux élus, comme étant la responsabilité de faire la synthèse entre l'avis du comité scientifique et les recommendations du comité éthique, une synthèse qui est d'essence éminement politique. Il s'est donc fait sèchement rembarré par le Président de la Commission des Affaires Economiques, Patrick Ollier, qui lui a signifié qu'il "n'avait pas lieu de faire de synthèse ni de trancher", que le Comité scientifique émettait un avis sur la dangérosité des OGM en se fondant sur les connaissances scientifiques et sans intégrer d'autres considérations" et que le Comité éthique avait la mission très différente de faire des recommendations " en prenant en considération les avantages et inconvénients que présenterait telle ou telle pratique".

Bref Monsieur Darlix avait eu la tête plus grosse que le ventre et s'était auto-attribué des responsabilités qu'il n'avait pas lieu d'avoir.Comme quoi les avatars de la Commission de préfiguration et l'attitude se son Président avait laissé des traces dans les esprits des députés et sénateurs, à moins que ce ne soit la condamnation par Bruxelles de l'argumentation Française.

A suivre donc. Signalons la levée de bouclier du responsable français de Greenpeace contre la position des élus de la Commission des Affaires Economiques et son appel immédiat à l'arbitrage de Nicolas Sarkozy. A croire que ce sont les ONG qui nous gouvernent!

Un dernier commentaire: Avions nous vraiment besoin d'un Haut Conseil qui regroupe les avis d'un Comité scientifique et d'un Comité Economique et Ethique?