16 août 2008
Le temps des politiques et le temps de l'industrie...
Nos hommes politiques, grands adeptes de l'effet d'annonce et de la langue de bois, ont tendance à considérer qu'un problème est réglé dès le moment où ils ont annoncé qu'ils avaient pris telle ou telle mesure. Nous également qui les croyons.
Il y a loin de la coupe aux lèvres, hélas, et entre les annonces, la mise en oeuvre des mesures et la résolution des problèmes il peut se passer des années, voire le problème n'être jamais résolu. Ainsi en est il du problème des émissions de CO2 et du réchauffement climatique pour lequel nos politiques considérent qu'ils ont fait leur travail parce qu'ils ont signé Kyoto. Yaka, Yapluka, et honte à ceux qui ne l'ont pas signé.
La difficulté réside justement dans l'application de ces engagements,dans leur faisabilité, dans leur impact éventuel sur d'autres secteurs de l'activité humaine, en particulier économique et dans le temps necessaire pour "faire bouger les choses".Or dans le domaine industriel, le temps pour rendre les choses effectives est beaucoup plus long que les politiques et le grand public ne le pensent.Pour des installations industrielles,il faut en effet:
- Commencer par sensibiliser les personnels à piloter les processus dans une optique de minimisation des émissions en plus de l'optimisation de la production elle même
- Mettre en oeuvre les améliorations des installations de combustion, toujours possibles, pour en améliorer l'efficacité.
- Identifier les améliorations possibles de procédés de production qui permettent de réduire les émissions tout en maintenant la productivité au minimum, une quadrature du cercle qui est la clé de leur réussite car il est exclu dans l'industrie que l'on puisse diminuer la productivité et pénaliser les prix de revient sous peine de devoir disparaitre à terme
- Une fois des amélorations identifées, les formaliser, calculer leur cout et le retour sur les investissements nécessaires, les faire approuver par rapport à d'autres projets et les mettre en oeuvre une fois approuvés. Tous processus qui prennent un minimum de deux ans dans une usine ou des installations déjà à la pointe de la technique.
- Mettre au point le nouveau processus pour qu'il réponde aux espoirs mis en lui.
- Etudier et mettre en oeuvre les possibilités de substitution de combustibles
- Etudier et mettre en oeuvre les possibilités d'utilisation du recyclage
Tout ceci prend énormément plus de temps que l'on ne peut penser. C'est un état d'esprit à installer pour le long terme mais les premiers résultats ne peuvent s'observer avant deux ans. Au total l'avis de l'ensemble des industriels en France est que ce que l'on peut espérer de mieux sans affecter la croissance économique est de 25 pct de réduction d'émissions de CO2 en ....Quinze ans, soit d'içi 2023. Alors quand on parle de 60 pct de réduction d'émission d'içi 2050....
Il serait intéressant que les pouvoirs publics puisse définir un potentiel réel de diminution d'émissions et un timing pour les sources d'émission qui dépendent de son action, l'amélioration de l'habitat par exemple, celles des comportements énergievorace au volant ou dans la vie personnelle( Climatisations, Piscines, Gros véhicules,Voyages...), l'amélioration des infrastructures et des transports publics etc etc.
Au moment où commencent les discussions sur les engagements du successeur de Kyoto, ce serait pourtant bien utile.
15 août 2008
Regimes spéciaux: On ne vous avait pas tout dit!
Vous avez sans doute eu l'impression que le problème de la réforme des régimes spéciaux de retraites avait été rondement et efficacement méné malgré les manifestations auxquelles il a donné lieu.
Le Sénat vient opportunement nous rappeller que, derrière le succès apparent, se cache un vaste incertitude financière. C'est à l'occasion d'un rapport d'information de la Commission des Finances du Sénat sur les retraites RATP que le voile de satisfaction apparente de nos gouvernants se déchire un peu.Le but de cette réforme était a priori de supprimer l'injustice qui consistait à ce que les salariés des régimes spéciaux soient nettement mieux traités que ceux du régime général tout en cotisant moins, et donc de diminuer la charge financière des retraites de ces catégories de personnels. La réforme consistait à adosser ces régimes spéciaux au régime général du privé moyennant une soulte à payer par leur employeur, la RATP dans ce cas, à la CNAV, Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse, qui assurera désormais la gestion de ces retraités.Le différentiel entre la retraite du régime Général et celle versés aux ex employés RATP ou Autres devait être versée par l'Etat, donc le contribuable.
Or que constate t on?Que les employés à cette occasion ont obtenu l'intégration des primes- non soumises à cotisation retraite-, dans leur salaire ce qui va mécaniquement augmenter ces retraites et leur cout, et également l'ouverture de nouveaux échelons salariaux plus favorables. Et la Direction du Budget d'avouer ne pas pouvoir déterminer le niveau des économies dans ces conditions! La négociation s'est effectuée, parait il,sans fixation de cadrage financier. En d'autres termes les négociateurs ont eu toute latitude d'accorder ce qui leur était demandé sans limite financière à ces exigences. Tout ceux qui ont pratiqué la négociation sociale et salariale trouveront cela ahurissant!!!
En attendant, dans le cas de la RATP, l'ardoise de la part de l'Etat dans le financement des dépenses de retraite n'arrète pas de monter sans donc que l'on sache si cette générosité publique envers les retraités s'arrètera un jour.Pour 2007, le cout des retraites RATP s'est monté à 792 millions d'euros dont 52 pct on été payés par le contribuable. Pour 2008 ce seront 470 millions d'euros de contribution du budget de l'Etat qui seront nécessaires pour équilibrer le régime alors qu'il n'en est prévu que 380. Quand à 2012, année pour laquelle, en principe, nous nous sommes engagés à équilibrer recettes et dépenses du budget il faudra trouver comment financer le presque milliard de la caisse RATP. Au bas mot 600 millions à la charge du contribuable.
Quant à l'adossement à la CNAV, il n'est toujours pas fait non plus que la révision,à la hausse sur la base des nouveaux salaires,des 500 à 700 millions de soulte que devrait verser la RATP à la CNAV. La manière dont ce problème est traité est une véritable honte et présume mal de la manière dont seront traités ceux des salariés à régime spécial de la SNCF, de l''EDF ou de GDF.
Et c'est ainsi que d'un coté le gouvernement affiche sa satisfaction d'avoir pu réglé un problème lourd que personne avant lui n'avait réussi à régler et que de l'autre coté, les bénéficiaires des régimes spéciaux savent que de toute façon rien n'a bougé tout en essayant de nous faire croire qu'ils y ont laissé des plumes!
Il reste un dindon à cette farce. Vous, contribuables !!!
14 août 2008
Le commerce de la dette
Les banques qui provisionnent à tout va leurs dettes "subprime" immobilières ou encore les dettes liées à des investissements dans les acquisitions de société type LBO, ne font que provisionner une possibilité de défaillance de l'emprunteur et pas une certitude. Bien sur, le nombre de défaillances observées ces derniers temps est important et justifie cette prudence. Par ailleurs la forte baisse des prix et le marasme du marché immobilier des biens donnés en garantie amplifient les possibilités de perte pour l'emetteur. De même pour les financements d'investissements industriels.
Les émetteurs banques ou fonds peuvent décider de provisionner en conservant des créances et faisant le gros dos jusqu'à un retour hypothétique à meilleure fortune. Elles peuvent aussi vendre ces créances à l'extérieur à des clients financiers divers pour tirer un trait définitif sur leurs errances commerciales et sur leur comportement douteux. C'est ce que vient de faire Merril Lynch en décidant de provisionner et de vendre pour pas moins de 30 milliards de dollars de prêts douteux !!! Une dépréciation et une perte qui va les obliger, pour maintenir leur ratios prudentiels,- le rapport entre leurs fonds propres et leurs dettes qui est règlementée- à trouver encore des investisseurs pour 8.5 milliards de dollars pour assurer leur solvabilité minimale.
Une nettoyage de bilan comme les pouvoirs publics souhaitaient depuis longtemps pour enfin connaitre les vrais engagements financiers des banques impliquées dans le subprime. Un nettoyage de bilan préoccupant pour les autres banques américaines et étrangères qui vont être sous la pression de leurs actionnaires d'en faire de même pour enfin établir la réalité de leurs engagements financiers. Nettoyage de bilan qui risque de révéler d'autres trous d'un montant similaire et d'autres comportements commerciaux doureux chez les autres grandes banques et agiter encore le landerneau des bourses internationales.
Le coté pîle de ces dépréciations d'actifs, c'est qu'en face des dépréciations et surtout des ventes de dettes, il y a des acheteurs qui le font avec des espoirs de profit lorsque les prets concenés seront véritablement soldés. Un peu ce qui s'est produit il y a une ou deux décennies lorsque des financiers avisés ont commencé à ramasser ce qu'on appellait des " Junk Bonds", bonds pourris, sur la base du fait que les dits professionnels avisés s'étaient apercus que les défaillances des emprunteurs a priori peu solvables,n'étaient pas supérieures à ceux des emprunteurs " normalement solvables".
C'est ce qui est en train de se passer aux US avec des fonds levés par certaines grandes banques ( Goldmann Sachs) pour racheter des créances LBO ou des gourou de la finance(Blackstone) qui ont rachèté des dettes de Clear Channel pour 17.9 milliards de dollars déprécies à 85 pct de leur valeur faciale.Sans compter qu'il y a pour 500 milliards de dollars de dettes LBO qui arrivent à échéance dans les mois à venir.
Une fois de plus ceux qui ont su se garder des excès et conserver des liquidités vont être les rois du jeu dans les mois à venir. Dans les pires circonstances, il y a toujours des professionnels avisés qui savent tirer leur épingle du jeu...
France, ta production de voitures fout le camp !
Il y a deux jours, je vous parlais de la baisse de compétitivité de l'industrie française qui se traduit par un déficit d nitre commerce extérieur de plus à plus criant là où d'autres pays s'en sortent nettement mieux que nous.
L'un des points forts de la France pour ses exportations a toujours été la production et la vente d'automobiles pour laquelle le solde de nos exportations et de nos importations a toujours été très positif depuis plus des décennies. Le premier semestre 2008 vient de se traduire par un tournant à 180 degrés pour notre industrie automobile avec pour la première fois depuis très longtemps plus d'importations de voitures que d'exportations avec un déficit en valeur de 100 millions d'euros sur la période!
Celles çi sont restés stables sur le semestre à 25.9 milliards d'euros de voitures exportées, mais c'est le montant de voitures importées qui, lui, continue à croitre. Au global un déficit de 100 millions d'euros là où, l'année dernière, nous avions un excédent de 600 millions.
En même temps on vous annonce que les constructeurs français ont au contraire regagné de la part de marché par rapport à leurs concurrents européens ou asiatiques.Oui mais, grace aux délocalisations et aux usines implantées dans les pays à bas cout de main d'oeuvre! Depuis quelques années en effet, on a vu la Logan, un gros succés public, être fabriquée en Roumanie, les Peugeot 1007 et Citroën C1 l'être en Tchéquie, la Peugeot 207 l'être partiellement en Slovaquie et la nouvelle Twingo avoir vu sa production transférée en Slovenie. L'Etat y a rajouté sa petite touche avec le système du bonus malus qui déplace les ventes vers les petites voitures fabriquées à l'extérieur la France et les équipementiers la leur en suivant à l'étranger les usines de fabrication.
Le tout pour cause, certes, d'un marché des pays de l'Est en forte progression( les usines suivent en effet les marchés) mais aussi de notre problème récurrent de charges sociales et fiscales les plus elevées d'Europe.
13 août 2008
Brèves de Blog... Pétrolières
- Vous vous demandez sans doute pour quelle raison, alors qu'il y a encore très peu de temps on vous parlait de déséquilibre Offre/Demande, aujourd'hui le prix de baril baisse? C'est assez simple, elle traduit bien l'impact des prix sur les comportements et les consommations de tel ou tel produit. L'effet n'est pas immédiat, car les gens ne s'en aperçoivent pas tout de suite, pensent que c'est un hausse temporaire et font le gros dos.En plus sur le prix du carburant qui est le plus visible pour les consommateurs, sont appliquées des taxes qui en faussent l'impression de hausse ou de baisse. Elles peuvent être nulle comme aux US, lourdes comme en Europe ou au contraire négatives sous forme de subvention comme en Asie.
L'impact visible est amorti dans le cas des prix taxés comme en Europe, refléter exactement la hausse du baril comme aux US ou amplifiée dans les systemes de prix subventionnés. Tout ceci fait que l'effet sur la consommation de carburant ne se produit qu'à moyen ou long terme. Quant aux produits fabriqués à partir de produits pétroliers, leru augmentation sera encore plus lente et amortie que ceux des carburants.
La raison majeure de cette baisse est donc le changement de comportement des consommateurs pour consommer moins dans les pâys développés. Dans les pays émergents, le facteur prédominant sera la suppression ou la forte diminution des subventions comme en Chine, en Indonésie, voire en Russie qui amplifiera considérablement les hausses et rendra le carburant inaccesible à beaucoup.
Suite au prochain acte. - Quelques commentaires d'un professeur de la faculté Carnegie Mellon sur les crises respectives du pétrole et de l'immobilier: "Le plus grand problème de l'économie américaine et europénne, c'est qu'il est en train de s'opérer une perte de richesse en défaveur des pays développés et au profit des pays producteurs de pétrole" ou".Nous allons être grevés d'une partie de nos richesses en permanence" et encore " les gens auront moins d'argent à dépenser".
- Le mécanisme des contrats de "partage de production" qui prévalent entre les compagnies pétrolières et les pays producteurs font que quand le prix du baril monte, les capacités de production des compagnies pétrolières diminuent et que, par contre, les quantités à vendre par les pays producteurs augmentent car, bien sur, la production globale ne bouge pas.De ce fait les pays producteurs bénéficient d'un double effet sur leurs recettes, des prix plus élevés et des volumes en hausse.Pas surprenant dans ces conditions que les fonds souverains soient de plus en plus riches et de plus en plus présents pour investir tous azimuths.
- La Russie continue à vouloir chasser les uns après les autres toutes les grandes compagnies pétrolières. Après avoir fait plier sous ses fourches caudines les Shell, Total, Ioukos et d'autres c'est actuellement BP qui est dans le collimateur. BP avait eu ce que l'on considérait comme une chance, la possibilité de racheter la moitié du capital de l'entreprise pétrolière russe TNK devenue TNK-BP.Les cinquantes autres pour cent appartiennent aux oligarques russes qui se plaignent que la gestion de BP et du président de TNK-BP, l'anglais Robert Dudley, favorisent le pétrolier britannique au détriment des intérets du pays.
La bataille devient personnelle avec le non renouvellement des visas des expatriés anglais d'abord et du PDG lui même. Celui ci a du se résoudre à quitter la Russie mais, dit il, il dirige toujours à distance grace aux moyens modernes de communication. BP riposte en ne distribuant pas de dividendes. Combien cela va t il durer et au profit de qui? Devinez...
Je vous avais signalé le désengagement des grandes compagnies pétrolières du secteur du raffinage en Europe voire dans le monde. Et l'apparition d'acteurs nouveaux spécialisés dans le raffinage comme le suisse Petroplus qui a racheté les raffineries de Shell en France ou encore l'italien ERG voire le polonais PKN Orlen. Les majors qui depuis des décennies, à l'exception que quelques périodes courtes, ont vecu avec des surcapacités et des marges de raffinage insuffisantes alors que les besoins en investissements dans l'exploration/production étaient énormes ont semble t il choisi en faveur de cette activité et donc au détriment du raffinage.
De plus avec la hausse des prix, la consommation commence à diminuer et les raffineries européennes qui ont été construites pour une structure de consommation à forte proportion d'essence ne sont pas très bien adaptées à la donne moderne.Alors lorsque Total, premier raffineur européen et local de l'étape déclare " vouloir adapter son raffinage pour maitriser ses excédents d'essence en Europe", on peut être inquiet sur l'avenir de ce secteur industriel. Une chose est sure dans trois ans, ce tableau ci contre aura probablement une toute autre composition- Encore un achat d'un producteur de pétrole non conventionel en Alberta au Canada. Il s'agit de Total qui vient de remporter la canadien Synenco Energy à un prix relativement limité mais derrière lequel se cache un investissement de l'ordre de 6 milliards d'euros pour exploiter le gisement sur lequel Synenco avait des droits.La ruée vers les shistes bitumineux canadiens continuent donc.
- L'oléoduc dit BTC Bakou-Tbilissi-Ceyhan qui permet de ramener vers la méditerranée le pétrole de la Mer Caspienne en évitant le territoire russe via la Turquie a été victime d'une attentat revendiqué par le PKK. L'opérateur du pipeline, BP,a du en interrompre l'exploitation le temps de sa réparation.Heureusement nous sommes repassés dans une période d'équilibre offre/demande. Sinon le brut aurait pris 2 ou 3 dollars de plus immédiatement
12 août 2008
Medias: Et la vérification des sources?
Aprés l'annonce prématurée de la mort de Pascal Sevran qui a fini par couter sa place à Elkkabach, en voici une autre du même tonneau et tout aussi scandaleuse.
Elle concerne la disparition du petit Louis dans la Drome et TF1. Au journal de 20 hrs du samedi 8, on annonce la poursuite des recherches dans un rayon de 500 m autour du lieu de disparition du petit gamin puis on passe au sujet suivant. Et soudain retour sur le sujet du petit Louis pour annoncer qu'il a été retrouvé à 100 m de la maison et qu'il est décédé.
L'information était fausse, il avait bien été retrouvé mais sain et sauf et plus loin de la maison. Vous imaginez d'içi l'impact d'une telle annonce dramatique chez tous ceux qui connaissaient le petit garçon et sa famille et qui suivaient anxieusement les évènements.
Des excuses le samedi midi mais le mal était fait. Attendons les sanctions sur les soit disants journalistes qui suivaient les évènements. Ca me rappelle un film de Jean Yanne assez ancien et dont je ne me rappelle plus le titre dans lequel lui même, jouant un journaliste sérieux, allait en brousse pour trouver le chef d'un équivalent des Farc et l'interviewer au péril de sa vie alors que ses collègues, attablés devant un whisky au bord de la pîscine d'un hotel de luxe tapaient leur propre version des évènements sur fond de rafale d'armes automatiques(au magnétophone, rassurez vous).Quand il revint avec son interview, le sujet avait été remplacé dans les priorités des médias par un autre plus urgent, ses collègues étaient partis et son interview n'intéressait plus personne.
Désormais chaque fois qu'à la radio j'entends des bruits d'armes automatiques, je ne peux m'empécher de me demander au bord de quelle piscine et dans quel hotel 5 étoiles se trouve le reporter.
Pour l'affaire du petit Louis, je me pose la même question...
Jeux Olympiques: Quel dopage à Pekin?
Les Jeux Olympiques de Pékin démarrent juste dans un grand faste et ,souhaitons le, avec un grand succès sportif.
Comme dans chaque grand évènement sportif de nos jours, la question qui se pose est de savoir si le dopage ne va pas perturber les épreuves et priver des sportifs méritants des récompénses et des médailles qu'ils méritent au profit de tricheurs, car 'est bien ainsi qu'il faut les appeller.
Dernière épreuve sportive perturbée par le dopage, le Tour de France, dans lequl il nous a été donné de voir l'ampleur de l'avantage procuré par le dopage dans le cas de l'italien Ricco. Qui a vu les écarts extraordinaires que ce coureur dopé a pu créer lors de ses démarrages en montagne a pu mesurer l'ampleur de l'avantage que donne le dopage au tricheur.
Or dans le domaine du dopage le Comité international olympique,le CIO, n'a jamais été un vigoureux adversaire de cette lèpre, préférant sans doute le bon déroulement des épreuves et leur succès public à court terme, à l'équité dans les épreuves. Dommage tout de même!
Le dopage, même si on ne s'en souvient plus, a souvent pourri les jeux faisant un mort en cyclisme aux jeux de Rome en 1960 qui le provoqua qu'un début de réaction du CIO ...en 1967, 7 ans après seulement. Le premier cas vraiment médiatique parce que suivi de disqualification, a été celui du Canadien Ben Johnson, vainqueur du 100 m plat aux jeux de Séoul en 1988. Certains ont réussi à passer au travers des controles ou trop tard pour que cela ait un impact. A ce sujet il est, à mon sens, très dommage que lorsqu'un athlète est déclassé pour cause de dopage, on ne parle que du déclassement de l'intéressé et pas une seconde du gagnant ou du médaillé nouveau qui est celui qui a subi le véritable préjudice du dopage de son concurrent. Messieurs les médias, pourriez vous, dans des cas comme cela, rappeller le nom de celui qui a été ainsi spolié gravement de sa victoire ou de sa medaille plutot que de vous attarder sur les larmes de crocodile du tricheur ou de la tricheuse. Qui connait ainsi les athlètes féminines que la célèbre Marion Jones a spolié de leur titres?
Heureusement, même lentement, les choses progressent et les Jeux de Pekin devraient marquer une sévérisation importante de la lutte anti dopage.Les annonces d'athlètes privés de jeux à Pékin avant même de les commencer ainsi que la dernier Tour de France sont des exemples qui montrent que désormais les controles marchent et les sanctions tombent. Enfin! Une lutte désormais prise en charge par l'Agence antidopage indépendante, AMA ou WADA en anglais, crée en 1999 à la suite du scandale de l'équipe Festina au Tour de France.
La difficulté dans cette lutte est technique. C'est le combat entre les créateurs de nouvelles drogues ou formes de dopage et des chimistes qui cherchent à les détecter et hélas mettent parfois infiniment de temps à mettre au point les méthodes nouvelles de controle;
L'autre difficulté est politique en ce sens que le dopage a souvent été,- et est probablement encore-, un dopage d'Etat ce qui explique sans doute la lenteur de réaction du CIO dans la mise en place de controle et de repression.Espérons que la Chine qui a fait une affaire de prestige et d'Etat de l'organisation de ces jeux et qui voudrait sans doute en faire de même dans les épreuves, ne se sera pas laissé aller à un tel dopage.
Et pour l'avenir me direz vous? Les controles et la répression commencent à mordre sérieusement et les sponsors n'hesitent plus à se séparer d'athlètes indélicats. Par contre la technique continue à avancer avec l'apparition de produits de dopage transgéniques. On a ainsi testé sur des souris des produits génétiquement modifiés qui favorisent la fabrication d'EPO, c'est à dire l'oxygénation artificielle des muscles.De même on a vu apparaitre des produits qui permettent le renforcement ciblé d'un muscle ou de l'ensemble de la masse musculaire. Heureusement l'Agence Antidopage investi lourdement dans le dépistage de l'inoculation des gènes...
Autre élement intéressant, la Grande Bretagne qui accueillera les prochains jeux de 2012 à Londres étudie sérieusement la création d'un délit pénal pour le dopage pour ces prochains jeux.
Le combat continue
11 août 2008
Export: La France perd de sa compétitivité
On s'intéresse en France à la compétitivité de nos entreprises, tous les trois mois, lorsque paraissent les chiffres du commerce extérieur. Vous avez peut être entendu Madame Idrac, ex PDG de la SNCF et maintenant chargé du commerce extérieur s'en émouvoir pour emboucher les trompettes de la louange du gouvernement et de sa loi de modernisation de l'Economie.
Les chiffres sont là. Année après année la part de marché de la France des exportations mondiales ne cesse de se réduire.Elle n'est pas la seule puisque les Etats Unis et tous les pays industrialisés voient leur part de marché décliner également pour faire de la place dans le commerce international à ...la Chine qui est la grand gagnante des échanges internationaux. Dans ces circonstances incontournables,l'important est de se comporter mieux que ses concurrents. Or et c'est la que le bat blesse, nous perdons plus de terrain que l'Ialie,-qui nous rattrape-,nous restons à parité avec le japon mais nous perdons considérablement par rapport à l 'Allemagne qui, elle, maintient sa position.
Dans ce blog je compare régulièrement les approches françaises et allemandes et j'ai eu l'occasion de vous signaler le soucis de nos voisins allemands pour restaurer la compétitivité de ses entreprises à grand renfort de modération salariale voire de retour aux 39 heures. Les résultats sont là. Alors que l'écart entre importations et exportations ne cesse de s'accroitre en France, il reste constant voire se réduit légérement en Allemagne. Pourtant l'Allemagne à un handicap majeur par rapport à nous du fait de la part faible d'énergie nucléaire dans sa production d'électricité,ses importations de brut sont nettement plus importantes que les notres. Nous nous plaignons des 29 milliards de notre facture pétrolière sur le premier semestre. Je ne connais pas le chiffre de l'Allemagne mais sa propre facture est forcement nettement plus importante encore que la notre. Comme l'est également celle de l'Italie, elle aussi peut nucléarisée.
Je salue donc volontiers l'intérêt soudain de Madame Idrac pour la compétitivité de notre industrie. Mais qu'a donc fait son gouvernement et tous les gouvernements précédents pour aider à restaurer cette comptétitivité comme a su le faire Monsieur Schröder? Ils n'ont rien fait et ont continué à charger la mule de l'industrie qui fait seule vivre le système.Si bien que la mule finit par crever sous la charge...des charges.
Rien que dans la première année de son mandat, notre Président et son gouvernement, ont crées quatre taxes nouvelles,et nous en préparent d'autres encore rien que pour maintenir le train de vie de l'Etat. Rajoutez la dessus un zeste de dépenses nouvelles et de taxes des collectivités locales et vous comprendrez que cela ne peut durer éternellement comme cela.
Notre Président pense aller chercher le pour cent de croissance salvateur avec les dents, nous a t il dit.Il ferait mieux d'essayer de calculer un prix de revient dans l'environnement qui est celui de l'industrie pour comprendre que la première chose à faire est de diminuer les charges, comme Monsieur Schrodêr a su le faire.
Sinon nous continuerons à perdre des parts de marché dans le commerce mondial.
10 août 2008
Prix à la production et prix de vente final au consommateur
Tous les ans, nos médias en manque d'imagination nous ressortent le problème de l'été. Les producteurs de fruits et légumes qui se plaignent du prix auquel "on" leur achete leur production et à l'autre bout de la chaine le consommateur qui se plaint du prix exagéré auquel lui même doit racheter les mêmes fruits et légumes dans son supermarché.
Et à chaque fois l'implication est la même, ce sont les intermédiaires qui s'en mettent plein les poches et en premier lieu ces mal aimés des médias, la grande distribution. Personne chez nos brillants journalistes, année après année, ne s'est jamais donné la peine de remonter la structure des couts de tous les intervenants dans la chaine qui amène le fruit ou le légume de l'endroit où il est produit jusqu'au supermarché à coté de chez vous. Ils ont préféré la facilité de clouer au pilori ces emblèmes du grand capitalisme, tueurs du petit commerçant, la grande distribution.
Surprise cette année, le journal Le Parisien, dans un accès d'éducation économique du grand public, l'a fait !! Sur le fruit qu'il a jugé être trop cher cette année, la pêche. Voiçi ci dessous ce que ca donne entre le prix payé au producteur et celui auquel est vendu le fruit en final dans le supermarché du coin.
Les français seront donc heureux de découvrir cette année qu'entre le fruit sur l'arbre et le consommateur il y a différents stades de manipulation du fruit et différents intervenants qu'il faut rémunérer. Etonnant non?
Il faut donc cueillir le fruit sur l'arbre tous les matins grace à des employés saisonniers à raison de 6 à 8 passages par arbre pour en récolter tous les fruits.La pêche étant un fruit fragile, il faut le faire à la main, avec des gens payés au Smic ce qui, charges comprises, coute 12 euros de l'heure. Un tarif qui a augmenté de 11 pct le jour de l'instauration des 35Hrs.Il en coute en comparaison 6.7 euros au producteur espagnol. Toujours au stade du producteur, on doit trier les fruits ramassés, les calibrer et les mettre dans des plateaux après éventuellement un étiquetage( ça plait) et les stocker dans un frigo s'ils ne sont pas expédiés immédiatement. Cout du matériel lourd une bonne centaine de milliers d'euros et des consommables, 4€ la palette et 0.56 € les milles alvéoles plastiques.
Le prix de revient global à la production est estimé à 1.2 à 1.3 € le kilo pour des pêches jaunes de qualité standard dont 0.7 pour le "verger" et 0.50 pour la "station". Le prix de vente sur le marché de gros est de 1.43 € le kilo en moyenne.
Nous passons ensuite dans les fonctions des fameux intermédiaires. Le Marché de Gros est le lieu où se rencontrent producteurs individuels et expéditeurs grossistes qui groupe les apports des producteurs pour qu'ils correspondent aux demandes des donneurs d'ordre, repartit les produits après conditionnement et les dispatchent vers les lieux et les magasins de livraison. Un lieu où se traitent de 100 000 à 150 000 tonnes de fruits par an et où se définit le prix du jour de la confrontation entre la production disponible à la vente et la demande.Un prix qui depend bien sur du volume de la commande. Il en coute en moyenne 0.54 € du kilo, un prix qui résulte de la concurrence entre les différents expéditeurs grossistes et les associations de producteurs qui depuis quelques années ont tendance à ses substituer aux grossistes.
Etape suivante le transport lui même qui varie suivant la distance parcourue mais qui ne coute finalement que 0.22€ du kilo.
Nous arrivons ensuite au stade du détaillant et là, la filière se sépare en deux. La grande distribution d'un coté et les petits détaillants de l'autre. Pour la grande distribution, il faut des gros producteurs spécialisés, des qualités de pêche standardisées, et des prix et conditions de paiement draconniens.Le regroupement des producteurs en associations chargées de la commercialisation a permis à ces derniers de ne pas se passer sous les fourches caudines des acheteurs de la grande distribution mais au détriment du consommateur à qui est repercuté le résultat de ces négociations de prix.Une grande enseigne traite ainsi avec une dizaine de gros producteurs répartis sur trois terroirs de production.Il en coute 0.35 euros du kilo.
Coté "petit" détaillant pour lequel il faut se différencier de la grande distribution, le but est de s'approvisionner chez un producteur moyen, plus cher, de lui acheter des variétés parfois différentes,de s'approvisionner plus près du lieu de vente pour que le fruit soit plus mur et de prendre plus de marge que la grande distribution. Au total, ça fait un bon euro de plus du kilo en moyenne.dont 30pct pour le producteur et 70 pct pour le détaillant.
N'oublions pas la dime de l'Etat sous la forme de la TVA aux divers stades de la filière et de la Taxe Intérieure sur les produits pétroliers. Il en coute pour la seule TVA 0.15€ le kilo
Quelques statistiques. La France est le 3ème producteur de pêches mondial devant l'Ialie et l'Espagne avec 287 000 tonnes de production, 87 000 exploitations,300 coopératives et 1200 grossistes.La vente se repartit à 70pct dans la grande distribution et 30 pct chez les détaillants.Le concurrent principal est la production espagnole qui bénéficie de cout de main d'oeuvre inférieur, de l'avantage de commencer à vendre plus tot dans la saison que la production française, d'une législation plus souple pour les traitements phytosanitaires mais de cout de transports plus élevés.