17 mai 2008
Péages ferroviaires: Une curieuse conception de la gestion dune société commerciale....
Vous savez que je m'intéresse particulièrement à la manière dont nos hommes politiques essayent depuis des années d'équilibrer les comptes du système ferroviaire français sans y être parvenu et surtout en ayant dans les faits choisis de favoriser la paix sociale à la SNCF et le maintien de tarifs de transport très bas au détriment du contribuable qui paye sans qu'on ose le lui dire. Pour preuve le traitement médiatique triomphant donné aux résultats de la SNCF et l'ignorance accordée par ces mêmes médias à ceux,désastreux, de RFF !!
Les meilleures choses ayant une fin et les caisses de l'Etat étant toujours désespérement vides, la question de faire participer un peu plus la SNCF aux paiements des dettes considérables qu'elle avait accumulée avant 1997 commence à faire surface. Premier signe géré de manière tout à fait catastrophique par le gouvernement, la question de la carte Famille Nombreuse dont le cout sera finalement prelevé sur les dividendes versé par la SNCF qui en diminueront d'autant.Deuxième signe, les rumeurs dans les couloirs gouvernementaux de la question de l'augmentation des péages payés par la SNCF à RFF pour pouvoir circuler sur le réseau ferré.Péages de l'ordre de 2.6 milliards d'euros par an qui sont simplement compensé par une facture en retour du même montant de la SNCF à RFF pour....faire fonctionner le réseau! Comme j'ai eu l'occasion de vous le dire, c'est un peu comme si vous facturiez à votre propriétaire un montant équivalent à votre loyer pour occuper son logement en bon père de famille !!!
Il est évident que si la SNCF payait à RFF le vrai cout de l'entretien et du développement du réseau ferré,elle devrait payer des péages infiniment plus élévés qui aurait un impact sur ses propres résultats qui repasseraient brutalement dans le rouge.
Dans un message du 22 avril 2008, je vous signalais les suggestions de la Cour des Comptes qui a mis son nez dans ce dossier et qui suggérait, pas moins, que l'Etat, donc vous contribuables, remboursiez à RFF 13 milliards d'euros et que le SNCF transfère à RFF le personnel qui assure à la SNCF ce que l'on appelle affreusement les "horairistes", ceux qui assure l'exploitation journalière des passages de train sur du réseau.
Ces jours ci, c'est au tour du rapporteur du budget des transports à l'Assemblée Nationale, le député UMP Hervé Mariton, de s'exprimer sur la manière de réviser les péages entre RFF et la SNCF. Et ses idées me paraissent monter une curieuse conception de l'exploitation des sociétés commerciales et confirmer le biais constant de nos hommes politiques en faveur de la paix sociale et au détriment de l'équilibre des budgets et de la dette de l'Etat.Trente ans d'habitude, sans doute, des déficits budgétaires...
Monsieur Mariton dans un rapport intitulé " Péages ferrovaires: pour la vérité des couts" plaide pour que les péages ferroviaires ,dont il admet qu'ils doivent augmenter pour financer la remise à neuf du réseau, ne subissent qu'une hausse modérée et que, par contre, la SNCF augmente les dividendes qu'elle verse à l'Etat. Il trouve, dit il, " une logique économique solide" à un telle solution " dans la mesure où elle confie à la SNCF la responsabilité de maximiser son bénéfice d'exploitation, en n'alourdissant pas ses charges d'exploitation". Il est question, en effet, dans les cercles ministériels d'augmenter les péages de ....60 millions par an tous les ans de 2010 à 2014 et déja la SNCF prétend que cela se traduira par la hausse des prix des bllets de 5 à 10 pct et une chute du trafic( 1pct de hausse du prix du billet se traduirait par 0.7 pct de fréquentation en moins). La SNCF milite donc pour une hausse limitée à 40 millions d'euros en 2010 puis qui diminuerait ensuite année par année pour devenir nulle en 2014. Par contre, elle adopterait une politique de distibution de dividendes plus active...
Au total parait il, cette hausse permettrait de générer pour RFF 1. 8 milliards d'euros de disponibilités supplémentaires pour investir dans le renouvellement du réseau. Je ne vois pas comment en augmentant les péages de 60 millions par an pendant 4 ans on arriverait à générer 1.8 milliards( 60+120+180+240=600).. Quand à la contre proposition de la SNCF cela doit faire une augmentation de péages sur 4 ans de seulement, 40+30+20+10=100 millions . Pas de quoi faire faillite par rapport à un total de péages payés par SNCF à RFF de 2.6 milliards d'euros.
Ce qui me choque, c'est que ce marchandage montre bien que personne au sein de nos pouvoirs publics n'a de notion de ce que devrait être un "vrai péage" ni de ce qu'ils devraient être par rapport à la valeur de ces infrastructures, même à un taux de retour sur investissement minimal de 3 pct par exemple. Enfin il semble montrer que, pour nos politiques, nous sommes toujours en économie administrée, comme au plus beau temps de l'Union Soviétique, et pas en économie de marché. Il serait pourtant facile de connaitre la vrai valeur d'un péage; mettre en adjudication une ligne de TGV comme on aurait pu le faire pour la nouvelle ligne Paris Strasbourg; ou encore comparer par rapport à ceux payés en Allemagne, Italie ou ailleurs en Europe.
Quant à l'augmentation de 5 à 10 pct des tarifs que provoquerait la hausse de 60 millions sur 2.6 milliards (2.3 pct seulement) ainsi que l'impact d'une hausse sur le trafic( ce qu'on appelle l'élasticité de la demande) je suis étonné que Monsieur le rapporteur puisse gober de telle assertions sans sourciller.
Enfin Monsieur Mariton semble considérer comme acquis que la SNCF pourra augmenter année après année ses dividendes coimme s'il les bénéfices d'une société étaient automatiques et comme si la SNCF n'eprouverait aucune difficulté à maitriser les charges d'exploitaion( salariales en particulier) dans des conditions de hausse des bénéfices d'exploitation. Cette année dejà, les syndicats avaient demandé à bénéficier sous forme d'augmentation à l'équivalent des 130 millions de dividendes distribués à l'Etat. Alors s'ils montaient à 300 ou 400 millions. De qui se moque Monsieur Mariton? Et quelle ignorance de sa part des fonctionnements économique et financiers!
Enfin, tout le monde semble considérer que hausse des péages se traduit par hausses des tarifs. Que fait on de la hausse de la productivité de la SNCF et que sait on de cette productivité par rapport à ses concurrents. On sait seulement que la Deutsche Bahn est deux fois plus rentable que la SNCF. Voila un gisement d'économies qui permettrait de payer un "vrai péage " à RFF et de soulager la charge du réseau ferroviaire pour le contribuable.
En résumé les jeux sont déja fait et ce rapport le confirme. On va augmenter très légèrement les péages pour "dire de", la SNCF va continuer à faire les mêmes bénéfices qui seront confisqués par le personnel et vous, contribuable, continuez à payer pour les 27.5 milliards de dettes qui s'accroitront régulièrement des emprunts à faire pour construire les 2000 kilomètres de TGV supplementaires promis au titre du Grenelle de l'environnement...
NB Monsieur Mariton propose que pour le Fret qui, comme on le sait est en situation très difficile, on n'applique la hausse des péages qu'à postériori ! Autrement dit, l'Etat fixerait le péage pour équilibrer les comptes du fret! Q'en penseraient les autorités de la concurrence en France et à Bruxelles???
16 mai 2008
Affaire Sevran: Europe 1 et Elkabbach se font taper sur les doigts
J'avais eu l'occasion dans un message du 25 avril de vous signaler la bourde magistrale de Jean Pierre Elkabbach sur Europe 1 qui avait annoncé aux informations la mort de l'animateur bien connu Pascal Sevran.
Ca s'était passé le 21 avril à 20hrs et l'annonce avait été aussitot relayé par France Télévision et Direct 8. Bonjour la vérification de la véracité des sources! Il suffisait pourtant de passer un coup de fil à l'intéressé dont le numéro personnel était sans nul doute connu des initiés de ces trois chaines.Passons...
Le CSA, Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, s'etait saisi de l'affaire et avait auditionné Jean Pierre Elkabacch et le Directeur Général de Lagardère Active Broadcast qui possède la chaine de radio, Didier Quillot. Résultat des courses: Le CSA a addressé une mise en demeure officielle à Lagardère Active Broadcast d'assurer " l'honnèteté de l'information" comme l'y oblige en principe la convention signée avec le CSA..
Pas de sanction financière, pas de message officiel d'excuse à l'intéressé sur Europe 1, pas de suspension du journaliste responsable ! Quand je vous disais que les journalistes étaient surpayés par rapport à leur responsabilités....
Pourquoi inventer soi même quand on peut copier?
Il est infiniment plus aisé de nos jours, pour un étudiant, de plancher sur un sujet de dissertation, littéraire, philosophique, social ou politique qu'il y a 50 ans. La faute aux moteurs de recherches qui permettent en très peu de temps de trouver tout ce qui s'est dit et écrit sur un sujet dans les 20 dernières années et ensuite par la technique du Copier Coller d'en faire un montage qui donne en final une dissertation tout à fait présentable.Car curieusement il n'existe pas de sujet qui n'ait déjà été traité.
Pas de chance, les professeurs et les écoles n'aiment pas ça. Car disent elles, "ce que nous vendons aux entreprises,ce sont des gens qui savent construire du savoir et pas seulement en consommer!"
Vous noterez néanmoins que si c'est vrai pour les disciplines littéraires, économiques et sociales,commerciales voire politiques, c'est beaucoup moins vrai pour les disciplines scientifiques pour lesquelles résoudre un problème de mathématique ou de physique reste un exercice pour lequel il faut bien réflechir soi même.
Le plagiat, c'est comme cela qu'on l'appelle est donc devenu une plaie de l'enseignement moderne. Sachez que lors d'enquètes réalisées sur des populations d'élèves d'écoles de management, il s'est quand même trouvé 80 pct des étudiants pour déclarer avoir utilisé le copier coller! Quant aux professeurs, neuf sur dix ont déclarés y avoir été confrontés. C'est dire que la valeur de nos étudiants apparait être devenue très surfaite.
Pour lutter conttre le plagiat il existe des logiciels spécialisés antiplagiat dont le plus connu s'appelle Compilatio. La plupart des écoles ont mis un tel logiciel à la disposition des professeurs et prévenus les élèves de son utilisation.Maigre impact à ce jour car les professeurs rechignent à l'utiliser.Est ce la difficulté à l'utiliser,la croyance que l'on est soi même plus fort que l'informatique( le NIH complex),ou l'opposition idéologique, fréquente chez les enseignants, à toute forme de controle et de repression, je ne sais.
Il n'en reste pas moins que le problème est sérieux et jette une ombre sur la qualité et l'intégrité de nos étudiants.Peut être devrons en revenir un jour exclusivement aux devoirs sur tables traditionnels
15 mai 2008
Seniors:Et on leur trouve des jobs comment?
On va supprimer l'exemption de recherche d'emploi que l'on accordait aux séniors à partir de 57 ans et demi. Sur le principe je n'ai aucun problème acec cette décision et ne voit d'ailleurs pas bien pourquoi il faut attendre jusqu'en 2013 pour arriver à la supprimer complètement.A t on peur de notre ombre à ce point pour diluer dans le temps la mise en oeuvre d'une décision aussi simple? Craignons nous des manifs importantes dans nos rues des séniors de 57 ans et demi à 60?
Ceci dit, le problème n'est pas de supprimer cette exemption, c'est de leur trouver des jobs! A moins que l'ambition ne soit de créer de nouveaux postes à l'ANPE ou aux Assedics pour assurer le suivi des recherches d'emploi des 400 000 séniors que cela concerne.Si c'était le cas, espérons qu'ils seront réservés à des séniors...
Peut être nos médias et nos hommes politiques devraient il s'intéresser au seul critère de suivi de la lutte contre le chomage qui importe et qui est le nombre de création d'emplois. Un chiffre qui ne doit pas être trop difficile à établir puisqu'il est publié tous les mois aux Etats Unis. Curieusement, ce n'est pas un élément qui fait partie du débat public en France. Un trou dans le dispositif Insee peut être?
Controler que les séniors continuent à chercher des jobs c'est bien, leur en trouver c'est mieux! Mon expérience personnelle de l'ANPE et de l'APEC , c'est que ces organismes sont là pour remplir le formulaire qui prouve(?) que vous ètes actifs dans la recherche d'emploi mais pas de vous trouver un job. La seule aide que l'on vous apporte c'est l'accès libre à la presse et à Internet dans la salle à coté. Mais pas, comme en Angleterre, le conseiller qui vous suit qui prend son téléphone et organise pour vous un rendez vous. Et je ne pense pas que la fusion ANPE/Assedic améliore cette recherche. Au mieux elle diminuera les couts des implantations de ces organismes et en réduira peut être le personnel (si l'on ose bien sur).
Alors la suppression de l'exemption de recherche d'emploi pour les séniors? Un coup d'épée dans l'eau qui ne changera rien et qui ne mériterait pas plus qu'un mention très brèves aux infos au lieu des heures de commentaires inutiles que l'on nous inflige....
Pas brillant l'efficacité de nos aides à l'exportation !
Nous nous plaignons très souvent de l'insuffisance de nos performances à l'exportation et en particulier du manque de présence de notre tissu de PME dans ce domaine clé du développement économique, là où nos amis allemands semblent au contraire bénéficier d'une présence active et efficace des leurs. Or, en cette période où notre balance commerciale a tendance à se dégrader, il est important de leur fournir tous les outils susceptibles de les aider si nous voulons renverser la tendance.
Il existe pourtant des organismes et des dispositifs multiples pour venir en aide à ces PME potentiellement exportatrices et dont on constate souvent qu'elles ne sont pas passées à l'acte alors qu'elles en ont les moyens. A tout seigneur tout honneur, l'Etat oeuvre pour aider nos entreprises à exporter par l'intermédiaire de son bras armé Ubifrance,traditionnellement organisateur d'expositions pour promouvoir l'industrie française aux quatre coins du monde et qui s'est renforcé de l'ancien Centre Français du Commerce Extérieur, CFCE, puis plus récemment de la supervision des missions économiques à l'étranger implantées dans nos ambassades. Autres intervenants, les Chambres de Commerce et d'Industrie implantées partout en France. Enfin, les Régions nouvellement crées ont parfois cru indispensables de monter leurs propres structures ad hoc, dans leur région mais aussi dans divers pays du monde ce qui permet à leurs Présidents de joindre l'utile à l'agréable en promouvant les industries de leur région tout en faisant un peu de tourisme.
Les aides et dispositifs proposés sont de différentes natures.Des outils financiers comme l'assurance crédit ou l'assurance prospection de la Coface. Des participations( payantes) à des expositions ou à des stands présentant les produits français, de la documentation par pays, par secteur d'activité et par domaine d'intéret enfin des études à la demande effectuées par les missions économiques dans le pays concerné.J'oubliais un dispositif que j'ai eu l'occasion de brocarder dans ce blog pour cause de publicité à mon sens inadaptée à la fonction, celui des Volontaires Internationaux en Entreprise, les VIE, des jeunes diplomés frais émoulus de leur école ou université et dont Ubifrance pense qu'il sont bien adapté à aller "chercher le client", pour le compte des PME, tous seuls aux antipodes(!).
Autre dispositif d'aide aux exportateurs, celui offert par les Conseillers au Commerce Extérieur, des bénévoles exercant ou ayant exercé en entreprise et qui souhaitent faire profiter de leur savoir et de leur carnet d'addresses les PME exportatrices. Ces Conseillers au Commerce Extérieur sont regroupés au sein d'un Conseil des Conseillers au Commerce Extérieur dont le Président est l'ancien ministre Bruno Dutreuil. Ils sont au nombre de 2000 environ dont 1200 implantés à l'étranger et 800 sur le territoire national.De par leur connaissance du terrain et des besoins des entreprises qu'ils conseillent, ils sont particulièrement bien placés pour juger de l'efficacité de ces différents dispositifs.
Or il se trouvent qu'ils viennent d'effectuer une enquète auprès des sociétés qu'ils aident à exporter pour savoir si elles ont utilisés, et dans ce cas ce qu'elle en pensent, les outils mis à leur disposition par ces différents organismes. Les résultats en sont détaillés ci contre et sont plutôt préoccupants.
En ce qui concerne les outils financiers fournis par la Coface, ils sont peu utilisés(35pct pour l'assurance crédit et 30pct pour l'assurance prospection) et sur le nombre d'utilisateurs,80 et 60 pct seulement respectivement ont été satisfait de la prestation proposée.
Pour les services d'Ubifrance ( documentation, participation à des foires ou expositions et VIE) seulement 58 pct des entreprises y ont eu recours et 40 pct d'entre eux n'en ont pas été satisfait. Finalement le service le plus prisé est celui offert par les Missions Econonomiques à l'Etranger, pourtant souvent décriés, avec 86 pct d'utilisateurs et 75 pct de satisfaits du dispositif.Quant aux dispositifs des collectivités locales, seulement 10pct des entreprises y ont recours.
Les souhaits des entreprises pour améliorer ces services sont d'abord de mettre en place une coordination entre ces organismes, une sorte de "guichet unique" de l'aide à l'export. Ensuite, le plus important, et de loin, est la connaissance des réseaux locaux pour trouver clients eventuels distributeurs ou fournisseurs potentiels.Un vrai lobbying qui au lieu de répondre seulement à la demande de leurs bureaux, aille sur le terrrain pour prospecter, détecter les zones ou les secteurs à potentiel ou chercher des fournisseurs. Bref fasse un boulot de vrai commercial que ne semblent pas faire les fonctionnaires des missions économiques ou les VIE inexpérimentés.65 pct des entreprises expriment leur peu de satisfaction dans ce domaine
Unifrance en est conscient d'ailleurs car il a mis en place, dans certains pays ou certaines zones, des contrats de services avec des consultants locaux pour faire en quelque sorte...ce qui devrait être leur métier premier tel qu'il est ressenti par les entreprises.
Autre domaine ou les services d'Ubifrance pèchent, celui de l'aide à la recherche de personnels locaux à embaucher qui est l'un des premiers problèmes que rencontre une entreprise qui veut s'implanter et qui demande la connaisance des métiers pour lesquels les entreprises veulent embaucher mais également celle du marché de l'emploi local et des pratiques locales de Ressources Humaines.Il semble donc que c'est plus une question de compétences de base en commercial et ressources humaines des fonctionnaires des Missions économiques quie de leur bonne volonté qui est reconnue.
Le dispositif français d'aide à l'exportation est d'ailleurs en cours de réforme par ses nouveaux directeurs,Alain Cousin et Christophe Lecourtier,pour passer "d'une attitude passive à une politique d'offre". Anne Marie Idrac, ex SNCF, ex RATP, qui est la nouvelle secrétaire au Commerce Extérieur, veut faire changer Ubifrance dans ce sens. Souhaitons lui bonne chance dans cet effort de modernisation et signalons cette enquète à son attention.
Mais quel dommage qu'on n'ait pas saisi l'occasion du changement de direction à la tête d'Ubifrance pour y mettre en place des vrais spécialistes du Commerce. Comment peut on avoir la moindre idée de ce qu'est réellement un client , ses attentes et ses comportements en ayant passé sa vie dans des cabinets ministèriels ou à l'Assemblée Nationale?
14 mai 2008
Promotion et tromperie du spectateur.
Vous savez que, désormais, chaque nouveau film ou pièce fait l'objet d'une campagne de promotion dans les médias avec la participation obligatoire des acteurs( c'est contractuel à ma connaissance) pour, juste avant la sortie du film ou de la pièce, faire en sorte que le public soit convaincu que c'est la film ou la pièce à voir.
Nous nous sommes habitués à écouter ces campagnes de promotion et à les considérer comme parfaitement normales, même si, souvent, au spectacle du film ou de la pièce, on a l'impression de s'être fait avoir. C'est passé dans les moeurs que, acteurs et médias complices,vous dorent la pilule dans un but purement commercial.
J'ai encore en mémoire la "promotion", lors de l'émission de Fogiel, d'un film de Baer avec Jean Rochefort. Ce dernier que j'aime beaucoup en tant qu'acteur, avait su, avec le talent qu'on lui connait, nous faire croire que le film était très drole. En tous cas, lui semblait s'être beaucoup amusé à le tourner! Finalement le film était malheureusement un navet. J'ai eu l'impresssion que Jean Rochefort s'était joué de moi.
Ce week end c'était au tour de l'équipe Drucker, Serillon, Coffe et consors de faire la promotion des derniers films et pieces qui vont sortir incessament et comme d'habitude, tous, absolument tous, méritaient le détour ! Seule exception, Albert Dupontel,qui venait pour la promotion du dernier film de Jean Becker, Deux jours à tuer,à terminer rapidement son interview parce que justement, nous dit il, il n'aime pas la promotion...
J'ai beaucoup apprécié. Espérons que les Drucker and co prendront enfin conscience que se préter aux promotions comme ils le font,c'est se moquer de leurs spectateurs.
Les Bravos de CaDerange
Ils concernent cette semaine les personnes, organismes ou sociétés suivantes:
- Un Grand Bravo tout d'abord pour l'écrivain et journaliste Dominique Lapierre, bien connu pour son livre " La Cité de la Joie" qui, pour la première fois, nous décrivait les conditions de vie dans les bidonvilles de Calcutta. Il vient en effet, à 77 ans, de recevoir à New Delhi l'équivalent de la Légion d'Honneur en France, le Prix Padma Bhushan, de la main de la Présidente de l'Inde,Pratibha Patil. Ce n'est pas pour son livre qu'il a reçu cette distinction mais pour toutes les actions humanitaires qu'il a promu en Inde depuis plus de vingt ans, en particulier pour soutenir l'action de Mère Térésa.
Ce sont 70 000 pauvres du Bengale qui avaient pris la plume pour écrire au Premier Ministre ppur demander qu'il soit ainsi distingué. C'est le premier français à recevoir cette récompense officielle. Encore Bravo pour Dominique Lapierre et au dela pour l'institution française dans laquelle il a travaillé 14 ans, Paris Match. - Un Grand Bravo également à Alstom et à son patron Patrick Kron,qui, parti d'une situation de quasi faillite, a su redevenir unes des sociétés françaises les plus connues au monde, impliquée à la fois dans la construction des TGV et dans les construction des turbo alternateurs des centrales électriques et nucléaires en particulier. 2008 est une année particulièrement faste avec le lancement des nouvelles générations de TGV baptisés AGV, l'obtention dans ce domaine de la construction de la ligne à grande vitesse de Buenos Aires à Cordoba en Argentine ainsi que des centrales de tous types( récemment encore en Tunisie une centrale à gaz). Ou encore le contrat de métro de Dubai.
tout ceci s'est traduit par des résultats financiers exceptionnels cette année.
A mentionner néammoins l'action de Nicolas Sarkozy, alors Ministre des Finances, pour obtenir de la Commission de Bruxelles de pouvoir temporairement renationaliser partiellement Alstom en attendnat que ce dernier s'en sorte. Il fallait un pouvoir de conviction peu ordinaire pour y parvenir! - Toujours dans le domaine industriel, un grand bravo pour Véolia Environnement pour avoir remporté le contrat du traitement et de la distribution d'eau potable de la ville de Ryad, capitale de l'Arabie Séoudite, ainsi que celui de la collecte des eaux usées et de leur traitement.
Une ville qui s'étend à grande vitesse mais dont les habitants ne disposent d'eau au robinet que quatre heures par jours.Et un nouvel habitant doit attendre en moyenne deux mois et demi pour être accordé au réseau. C'est dire qu'il était urgent de faire quelque chose!
Dans le contrat qu'a accepté Véolia,l'eau devra être disponible 24 hrs sur 24hsr,le taux de fuite, un élement important dans la gestion des réseaux d'eau ramené de 50pct actuellement à 14 pct, et un delai de raccordement de 5 jours seulement. La rémunération se fera par un système de Bonus/Malus tandis que l'investissement sera assuré par les autoritrés saoudiennes.C'est le quatrième succés de Véolia dans la région qui avec ceux de Suez Environnement traduisent l'avance technique des sociétés Françaises dans le traitement de l'eau et l'assainissement. - Un bravo pour un homme peu connu en France alors qu'il a été un de nos,- rares-, prix Nobel, de medecine et en 1977 pour avoir été le premier à isoler l'hormone peptidique. Il s'appelle Roger Guillemin, est agé de 84 ans et vit et travaille toujours aux Etats Unis.Il est actuellement Directeur, par interim néanmoins, du laboratoire Salk, connu pâr la découverte majeure de son fondateur, le vaccin contre la polyomélite. Souhaitons lui de poursuivre encore longtemps une telle carrière.
- Vous avez peut être entendu que la société Delpeyrat allait, à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin,le foie gras qu'elle fabrique et distribue dans le pays. C'est le plus récent éclat de son nouveau PDG,Thierry Blandinières,natif de Brives et qui vient d'être sacré Entrepreneur de l'année 2008, un prix décerné par le groupe Entreprendre.
En quatre ans il a su quadrupler la taille de Delpeyrat et relancer la marque, un peu en perte de vitesse de la gestion de son propriétaire précédent, le groupe Louis Dreyfus et entend fédérer autour de cette marque d'autres entreprises locales pour en faire un Pôle Foies Gras pour se tourner vers le grand large de l'exportation tous azimuths.
Quant à la Chine, elle est prévue bénéficier d'un transfert de technologie, en clair fabriquer sur place avec la technique Delpeyrat.
13 mai 2008
Un exemple d'effets pervers d'une décision règlementaire
Je vous exprime régulièrement mes craintes concernant les effets pervers de telle ou telle décision de nos hommes politiques. Les décisions à caractère technique ou règlementaire qui peuvent avoir des conséquences financières suscitent souvent des effets collatéraux inattendus auxquels ceux qui édictent ces règlementations n'auraient pas pensés et qui peuvent avoir des conséquences non négligeables sur une activité ou une industrie. C'est le mystère de l'application de conditons commerciales dont le client potentiel use parfois de manière inattendue pour en maximiser les avantages à son profit.
L'exemple de dommages collatéraux que je voulais vous signaler concerne l'institution des bonus/malus dans les ventes d'automobiles dont je vous avais signalé précédemment qu'il allait modifier considérablement le paysage du commerce des voitures.Voici donc quelques mois que cette mesure a été instituée et nous commencons à avoir du recul sur son effet.Il était prévu que cette mesure allait orienter les ventes de nouvelles voitures vers les petits véhicules moins émetteurs de CO2 et diminuer les ventes des plus grosses et plus émettrices de CO2. C'est effectivement ce qui s'est passé et à ce titre,l'objectif est atteint.
Un des effets pervers, c'est que les ventes de petites voitures se faisant toujours à des prix extrémement tirés du fait de la concurrence très large sur ce créneau de marché, les concesssionnaires ne gagnent plus grand chose à les vendre non plus que les constructeurs d'ailleurs. Les voitures sur lesquelles constructeurs et concessionnaire font des marges plus généreuses, ce sont les berlines moyennes à grosses, les modèles de luxe et les 4X4. Le malus a fortement affecté leurs ventes à la baisse au point que certains véhicules lourdement pénalisés par le malus se vendent désormais très mal.A terme on devrait voir les choses se rééquilibrer avec une augmentation des prix des petites voitures et une stabilité de ceux des grosses ou alors la délocalisation des fabrications des petites voitures à l'est!.
Autre effet pervers,celui sur le marché de la voiture d'occasion récente qui est désormais en concurrence avec la voiture neuve "à bonus". Le marché de la voiture d'occasion récente, en particulier les voitures des flottes de voiture de location, est devenus très difficile et pour vendre il faut casser les prix pour compenser le bonus de la voiture neuve et être patient. Or c'était une source de revenus importants pour les concessionnaires. Que croyez vous qu'il arrivera?Des diminutions de postes d'ici quelque temps chez les concessionnaires et les constructeurs pour rétablir la rentabilité de leurs opérations...
Vous me direz, c'est pour le bien de la planète et il faut assumer les conséquences de notre politique. Je suis tout à fait d'accord avec vous mais on aurait peut être pu faire autrement pour éviter ces dommages collatéraux. Par exemple, l'institution d'une prime à la casse type balladurette pour permettre de changer les vieilles voitures terriblement polluantes aurait permis, à moindre cout, d'améliorer bien plus les émissions de notre parc automobile sans conséquences immédiates. Une telle mesure a néanmoins aussi un effet pervers qui est la chute des ventes quand on arrète la prime. Mais dans l'état de notre parc, nous en avions bien pour au moins dix ans avant d'éliminer les voitures anciennes polluantes du parc.
Pourquoi n'a t on pas envisagé cette solution? Parce qu'en France, on n'interroge jamais le praticien qui connait le marché et le client. Le savoir chez nous vient d'en haut....
Leclerc/Pharmaciens: 2 à 1 pour Michel Edouard...
Dans la bataille qui oppose le tueur des petits commerces, Michel Edouard Leclerc et la corporation des pharmaciens que certains peuvent considérer comme des privilégiés du numerus clausus, nous en sommes au troisième round.
Le premier,en faveur de la corporation des pharmaciens, est la décision du Tribunal de Grande Instance de Strasbourg d'interrompre la campagne publicitaire de Leclerc au motif qu'elle était mensongère et dégradante pour l'image des pharmaciens, décision accompagnée de dommages et intérêts.0-1 pour les pharmaciens.
Deuxième round, la déclaration de Monsieur Hervé Novelli, Secrétaire d'Etat au Commerce et aux PME qui exprimait un avis personnel plutot favorable à la vente des médicaments de confort et des médicaments non remboursés par la Sécuité Sociale en grande surface.Il restera à Hervé Novelli à s'expliquer avec la Ministre de la Santé, elle même pharmacienne, Roselyne Bachelot. 1-1
Troisième round. Le jugement de la cour d'appel de Colmar a contrario du jugement du TGI qui, lui, a trouvé la publicité de Leclerc tout a fait acceptable, a infirmé le jugement du TGI et a donc autorisé Michel Edouard Leclerc à reprendre ses publicités. 2-1 en faveur de Michel Edouard.
Tout ceci ne change rien à la loi qui ne permet pas la vente de médicaments en parapharmacies, mais remet sur le tapis la question d'une certaine libéralisation de la distribution de médicament. Michel Edouard Leclerc, qui est particulièrement habile en communication n'est pas parti à la batille sans biscuits. Il doit penser, peut être à juste titre,- l'avenir le dira-, que les esprits sont désormais murs pour accepter que la grande distribution entre dans la vente des médicaments de confort. en attendant mieux sans doute. A suivre donc
12 mai 2008
Transport aérien en Italie:Lufthansa sera t il le gagnant?
Je ne parle pas, en émettant la question en rubrique, d'une reprise éventuelle d'Alitalia par Lufthansa car je ne crois pas qu'une reprise semblable à celle proposée par Air France/KLM permettra de régler un problème qui traine depuis plusieurs décennies, celui de l'incapacité d'Alitalia à se reformer et celui du jusqu'auboutisme suicidaire des syndicats qui y règnent en maitre.
Je constate seulement que pendant qu'Air France/KLM finalement perd son temps et son énergie à bien vouloir sauver Alitalia d'un faillite proche, son confrère allemand grignote le marché à bien moindre cout qu'il ne reviendrait à Air France/KLM si elle arrivait à prendre le controle de la société italienne. Jugez en plutôt.
Dans un premier temps, Lufthansa a lançé sa propre société aérienne italienne, Air Dolomiti, et coopère avec Air One, le "petit" italien également candidat à la reprise d'Alitalia en lui offrant l'accès au réseau de Star Alliance, le concurrent du réseau Sky Team d'Air France.Deuxième temps,Lufthansa/Air Dolomiti reprend les créneaux de vol abandonnés depuis le1er avril par Alitalia sur l'aéroport de Milan Malpensa. En d'autre terme il joue l'IIalie du Nord et Milan et l'Italie industrielle contre elle du centre, des politiques et de Rome.Ce n'est peut être pas idiot, n'est ce pas?
Lufthansa/Air Dolomiti positionnera ainsi début 2009 six appareils à Malpensa pour accroitre encore son nombre de liaisons et de vols(372 par semaine actuellement) entre Milan et l'Allemagne. Malpensa deviendra ainsi la tête de pont( le hub) de Star Alliance là où celui de Rome sera celui de Sky Team. Et les rapports entre les industriels du nord de l'Italie et ceux de l'Allemagne se renforceront.
Enfin il en coutera infiniment moins en argent et en efforts d'intégration du personnel à Lufthansa de renforcer sa filiale Air Dolomiti qu'à Air France/KLM de redresser et d'intégrer Alitalia. Bien sur Air France/KLM partenaire d'Alitalia dans Sky team ne pouvait pas faire autrement que de s'intéresser à Alitalia.
Mais franchement, entre racheter et intégrer un canard boiteux comme Alitalia pour desservir la Rome des politiques et développer Air Dolomiti à cout raisonable pour desservir les industriels du Nord, quelle approche vous paraitrait la meilleure?
Je vous laisse y réfléchir...