03 mai 2008
Un nouveau procédé français pour fabriquer dres pièces en composite
Dans l'aviation le composite est devenu le matériau de l'avenir. Celui dont la présence dans la construction du Dreamliner de Boeing lui a permis d'apparaitre coimme l'avion de nouvelle génération et dont l'absence a au contraire fait apparaitre son concurrent, l'Airbus A 350 comme un avions dépassé dès sa présentation.
Ceci dit les pieces en composite si elles sont plus lègères et résistantes sont aussi plus difficile et complexes à fabriquer, au point qu'il n'existe que peu de sous traitants au monde capable d'en maitriser la fabrication. La technique actuelle consiste à imprégner de résines des tissus en fibre de carbones que l'on drape ensuite en nappes successives pour fabriquer la pièce demandée. Certaines de ces pièces étant très importantes, caisson central de l'Airbus A 380 ou poutre ventrale de l'A 340 par exemple, il faut disposer de machines énormes pour pouvoir les fabriquer.
Or les matériaux composites intéressent d'autres industries pour leurs produits de pointe comme l'automobile et ses formules 1 ou comme celle de la production de bateaux et ses modèles de course.Cette dernière industrie a su batir elle même sa propre technique de production de composites.
En voici ci contre un exemple qui a été présente au récent Salon JEC Composites de Paris sous la forme d'un petit avion construit uniquement en composite suivant un nouveau procédé de fabrication, l'"infusion de résine". De quoi s'agit il? Cette technique consiste à diffuser la résine par aspiration dans un moule tapissé de fibres de renforcement, carbone ou autre matériau.
L'avantage? Elle permet de fabriquer facilement de très grande pièces comme un fuselage de 5 metres de long ou des ailes de 4 metres d'envergure comme c'était le cas içi sans avoir à disposer des énormes machines pour pouvoir pratiquer le drapage en rotation des pîèces.
Surprise ce n'est pas une grande société qui a développé ce procèdé et construit cette avion. il s'agit d'un IUT, celui de Brest, spécialisé dans les matériaux composites et qui fonctionne sur la base de contrat de recherche avec les industriels, en l'occurence Airbus.
Le Nijal qui est le nom de baptème de cet avion monomoteur "tout composite", signifie en breton voler. C'est ce que nous lui souhaitons de faire très rapidement en attendant que cette technique nouvelle porte haut les couleurs de son pays et de sa région dans toutes sortes d'applications.
02 mai 2008
Quand les pétroliers virent au vert!
Il y a quelques semaines, à la surprise générale, le pétrolier françaisTotal annoncait avoir noué un accord exclusif avec Suez et Areva pour batir et exploiter ensemble deux EPR à Abu Dhabi ! Et son président avait déclaré qu'"il ne voyait pas comment, en se projetant à 20 ans, Total pourrait être absent du nucléaire". Preuve, s'il en était besoin, que la reflexion sur les énergies du futur chez les pétroliers internationaux était bel et bien lancée.
Car la constatation chez tous les pétroliers est qu'au rythme de la croissance de la demande énergétique dans le monde,les producteurs devront lutter pour suivre la cadence. Une fois admis que la production d'hydrocarbures ne suffira pas à répondre à la demande d'énergie sur le long terme, il faut donc envisager pour ces sociétés de compléter leur palette d'autres types d'énergie et d'autres moyen de production de ces énergies, que ce soit sous forme de carburants liquides, de gaz ou des vecteurs électricité ou hydrogène.
Les pétroliers ont toujours eu une position de "curiosité active" sur les autres formes d'énergie. Certains avaient investi dans des mines de charbon aux Etats Unis ou en Afrique du Sud, certains avaient rachetés des producteurs de silicium cristallin( Tyco Solar par exemple) ou s'étaient investi dans le photovoltaique(BP Solar) mais toujours à titre de veille technologique.Désormais, on est passé de la veille technologique à l'effort de recherche sur les énergies en général dans le but de définir une stratégie de long terme pour passer de pétrolier à énergéticien.
Par rapport aux Etats qui parlent stratégie sans pouvoir aller plus loin et fixent des objectifs de développement qu'ils ne peuvent eux mêmes assumer, l'intéressant de cette approche est que les majors ont les moyens de leurs ambitions. En hommes sous la forme d'équipes de recherche pluridisciplinaire, de financiers et d'opérationnels pour étudier différents projets et de moyens financiers pour les réaliser. Ce qui manque aux états pour passer de la stratégie et du discours à la pratique.
Chaque pétrolier à ses propres préférences. BP est par exemple bien placé dans le photovoltaïque et l'éolien regroupés dans une branche Energies alternatives,Shell travaille tous azimuths avec pour objectif de définir parmi toutes les possibilités actuelles( Solaire, Eolien, charbon,hydrogène, biocarburants) celle qui leur apparaitra comme l'énergie de l'avenir à développer en priorité.
Total est dans une approche similaire:faire le point sur le plan technique, industriel, financier et du point de vue environnemental des qualités et defauts de différentes filières, définir les pistes les plus prométeuses et s'y lancer le plus vite possible. La première tentative étant l'accord avec Suez et Areva pour se lancer dans le nucléaire. Les idéees forces de cette réflexion à l'heure actuelle sont les suivantes:
Biocarburants :Utile mais problème de la concurrence pour les surfaces arables avec l'alimentaire.
Eolien:rentabilité liée aux subventions,réactions de plus en plus vives des populations,couts en hausse, utile mais en appoint à une production de masse, activité d'électricien plus que d'énergéticien
Biomasse:Option couteuse et complexe sur le plan de la collecte, difficile à industrialiser
Charbon:Source incontournable de production pour les carburants liquides.Nécessite de développer des procédés de conversion plus performants. Et surtout, n'a de possibilité à long terme que si on arrive à le rendre 100 propre(Captage du CO2+ autres émissions)
Solaire:Fort potentiel de développement mais à condition de maitriser en amont la filière c'est à dire la production de silicium.
Nucléaire:Source d'énergie prouvée et dont les contraintes et bénéfices sont connus.Savoir faire fort à acquérir.On se doit d'y être
ExxonMobil, le premier pétrolier mondial est également en veille technologique mais considère lui aussi que de nouvelles avances technologiques substantielles doit être faite pour pouvoir venir en complement des hydrocarbures.
En d'autres termes, pour tous les pétroliers, il existe bien des possibilités mais il est difficile pour l'instant d'identifier la ou les pîstes des énergies du futur...Et il faudra franchir des sauts technologiques lourds( production de silicium,captage du CO2, conversion charbon/hydrocarbures) pour y parvenir.
01 mai 2008
Mon Mai 68 à moi.
On voir fleurir içi et là des livres des uns et des autres sur leur vécu de la période de Mai 1968, avec en premier lieu les grands leaders des évènements, je veux parler de Cohn Bendit, Alain Geismar et Jacques Sauvageot.J'étais à l'époque, pour y effectuer un début de thèse, dans un laboratoire de la faculté des Sciences de Jussieu et j'ai donc eu l'occasion de vivre cette période de l'histoire de France entre le quartier latin où je travaillais et la banlieue proche où j'avais une chambre d'étudiant.
Le professeur qui dirigeait le laboratoire était ce qu'on appellait un "mandarin", un professeur arrivé d'un certaine stature dans le milieu universitaire et qui avait rédigé un ou deux livres dans sa spécialité qui n'était en fait que des traductions en français de livre américains. Sur le plan scientifique, il n'était pas très bon, par contre il avait de grandes qualités relationnelles pour trouver des budgets à droite et à gauche.
Son laboratoire vivait donc bien sur le plan des crédits et des équipements, moins sur le plan des locaux, surpeuplés, petits et loin de toute notion de sécurité.
Au moment du déclenchement des évènements qui était une contestation du nepotisme de ces fameux mandarins, notre labo a été affecté comme les autres par la contestation du pouvoir du professeur. Plutot mollement, car le labo était subdivisé en sous sections sous la direction de Maitres de conférence ou de Maitres assistant, parfois d'un certain age, qui n'avaient rien de révolutionnaire et pensaient à leur carrière.
Quand les syndicats prire le relai pour déclencher la grève, notre professeur se trouvait à une conférence à Montpellier où il se trouva bloqué.Effrayés par les évènements et les informations sur la situation à Päris, il passa une partie de son temps au téléphone avec Maitres Assistants et Maitres de Conférence pour désamorcer la contestation de son pouvoir en promettant de partager ce pouvoir avec ...Maitre de Conférence et Maitres assistants.Pendant ce temps nous avions nos assemblées générales pour en discuter, avec le clivage entre les durs qui voulaient destituer le professeur et les mous qui pensaient que nous arriverions à faire changer d'attitude à notre "patron". Résultat des courses, quelques semaines plus tard , le professeur revint, fit des promesses face à ses étudiants et employés et tout rentra dans l'ordre sans modification significative.
A l'extérieur du labo, c'était une autre histoire.Nous allions aux assemblées générales permanentes, parfois à l'Odéon pour écouter quelques délires et nous nous sommes trouvés sur le boulevard Saint Michel entre pavés qui volaient et gaz lacrymogènes.Pour aller et venir, par contre c'était la galère. Au début de la grève générale il suffisait de faire du stop et tout le monde vous prenait dans la bonne humeur. Au fur et à mesure de la poursuite de la grève, les voitures devinrent plus rares, leur chauffeurs moins accommodants et leur humeur plus irascible. Au total, mon souvenir c'est beaucoup de marche à pied.
Sur le plan politique, c'est effectivement ce que De Gaulle à appellé la chienlit dont je me souviens. Tous les hommes politiques d'opposition qui hurlaient à la mort,un pouvoir en place inexistant et la disparition du Genéral De Gaulle. L'incertitude compléte sur la résolution de la crise et l'avenir du pays. Les syndicats appellant à la révolution et rejetant les étudiants qu'ils n'avaient jamais vraiment considérés comme étant des leurs.Même pas la reconnaissance du ventre pour ceux qui avaient déclenché ce début de révolution.Et puis il y eut Charlety, le grand meeting révolutionnaire avec Mitterrand et Mendés France prêt à prendre le pouvoir par la force.
Et puis De Gaulle rentre d'un mystérieux voyage en Allemagne.pour se ressourcer auprès du Génal Massu. Il parle à la télé avec son autorité retrouvée." Je ne partirais pas. Je dissoud l'Assemblée Nationale; et j'appelle à des élections générales". Et puis dans la foulée 1 million de personnes dans la rue pour la manifestation de soutien au Général De Gaulle sur les Champs Elysées.
La messe était dite. La grève fut levée, l'essence revint progressivement, les français repartirent en week end.Les elections furent un raz de marée pour la majorité gaulliste. Et Mitterrand repartit la queue basse et révolution manquée.
La suite, le Grenelle des augmentations de Pompîdou, Edgar Faure pour mettre en musique la libéralisation des modes de pensées et de commander. Et quelques mois plus tard, la dévaluation du franc pour compenser
C'est moins glorieux sans doute que ce que les Cohn Bendit, Geismar ou Sauvageot vos ont raconté. La vision d'un français moyen au coeur d'un maëlstrom qui depassait tout le monde mais qui eut surtout un impact sur les relations entre les humains dans l'entreprise
30 avril 2008
Brèves de Blog
- L'autopsie d'un homme de 32 ans, trouvé lardé de 158 coups de couteaux à Epinal et décédé d'hémorragies internes et externes multiples n'a pas réussi a écarter l'hypothèse du suicide!!! D'après les médecins légistes aucune des blessures n'a provoqué de mort instantanée. Ah Bon, messieurs les légistes. Mais comment fait on pour se poignarder 158 fois de suite sans penser à s'arréter?
- La foudre, malgré les paratonnerres, reste un phénomène atmosphérique extrèmement dangereux, en particulier dans l'Ouest américain qui est le lieu de prédilection de tornades et orages dévastateurs. Il existe d'ailleurs au Nouveau Mexique une station permanente d'étude de la foudre, à Langmuir très exactement, à 3200 mètres d'altitude dans les Montagnes Rocheuses.Les chercheurs de cette station ont utilisé le plus puissant Laser du monde, le Téramobile, pour aller "chatouiller" les nuages et essayer de déclencher la foudre. La production de flash très puissants pour de très brefs instants permet de rendre l'air conducteur en l'ionisant sur des distances de plus de 100 m et de transformer ce filament ionisé en une sorte de paratonnerre.
D'içi deux ans et grace à un laser encore plus puissant, il deviendra peut être possible de déclencher la foudre quand on le souhaite et dans une direction où elle ne présente pas de danger pour les populations et les installations. - Au Japon, le distributeur d'électricité J Power,vient d'obtenir l'autorisation de construire sa première centrale électrique nucléaire. D'une puissance de 1400 megawatts elle est prévue utilisé comme combustible du Mox,un combustible issu du retraitement des combustibles usés et permettant de consommer du plutonium. C'est un mélange d'oxydes d'uranium et de Plutonium utilisé en france dans une vingtaine de centrales.
Le Japon a également construit une usine de retraitement à Rokkasho-Mura qui produira des Mox.Il est prévu que 16 à 18 tranches nucléaires au Japon fonctionneront au Mox. - L'échauffement est un des problèmes de l'électronique et des ordinateurs portables en particulier.La société Thorn Micro Technologies vient de sortir un système de refroidissement capable de refroidir trois fois plus vite qu'un ventilateur classique en occupant seulement un quart de son volume! C'est dire l'importance du pas en avant technologique.
Il ne fait pas appel à des parties mécaniques et mobiles et utilise l'effet Corona et l'ionisation de l'air. Des techniques utilisées dans d'autres produits électroniques comme photocopieurs, lasers mais qui n'avait jamais été utilisés à ce niveau de miniaturisation.Or c'est un des obstacles pour la poursuite de la multiplication des puissances de microprocesseurs. - Un autre succès pour Areva avec le choix par l'allemand E.ON de son EPR pour les projets de centrale nucléaire pour lesquels E.ON se positionne aux Royaume Uni.Il est vrai que l'EPR est le résultat de l'expérience à la fois des français et des allemands avec leurs centrales nucléaires propres mais que les allemands ne pourront sans doute jamais mettre en oeuvre chez eux.Ce choix se traduit par l'adoption de l'EPR comme sa technologie de référence en Grande Bretagne et se traduira par un accord de coopération de long terme entre les deux sociétés.
Un peu comme si les électriciens allemands, privés de nucléaire sur leur territoire, avaient bien l'intention de le développer tous azimuths partout ailleurs dans le monde.En tous cas en ce qui concerne le Royaume Uni, les deux entreprises espèrent y construire de 4 à 6 réacteurs EPR.
Sukuks:Toujours beaucoup d'intérêt pour capter la finance islamique
Je vous avais informé des spécificités qu'impose le Coran aux prêts d'argent dans un message du 28 septembre 2006 et plus récemment dans un autre message du 14 mars 2008 qui montrait la montée en puissance de l'interêt des banques occidentales pour capter l'argent des pays islamiques, économie du pétrole oblige.
Un bref rappel ci contre des spécificités de la loi Coranique qui interdit les prêts avec intérêt(riba) comme étant de l'usure et n'accepte que le partage des risques et des bénéfices dans un investissement en commun préteur/prété.
C'est l'agence américaine de notation Moody's qui s'intéresse à la question et a donc essayé de quantifier les disponibiltés financières du continent africain( qui inclue le golfe Persique) pour placer de l'argent et accessoirement ses besoins.Car le continent africain, poussé par la hausse des cours du pétrole et maintenant par ceux des matières premières(minières ou agricoles) est en voie de désendettement et est de plus en plus en position de prêter de l'argent.Des pays comme l'Algérie la Tunisie,le Soudan, la Guinée Equatoriale ou l'Angola sont venus s'ajouter aux pays du golfe comme des pays disposant de disponibilité financières énormes.
Jusqu'à présent, l'ampleur des actifs financiers susceptibles de nécessiter des offres adaptés à la loi coranique dans le monde n'avait pas justifiés une approche spécifique.Le rapport de Moody's confirme le besoin pour le système bancaire international de s'adapter à cette nouvelle demande s'il ne veut pas être supplanté par les nouveaux venus bancaire du monde islamique. Outre la bonne santé financière des pays pétroliers, la croissance de l'Islam devenu première religion du monde,la montée du fondamentaliste et l'accroissement des populations islamiques justifient en effet cette diversification de leur offre.
Ce sont en effet de l'ordre de 1000 Milliards de Dollars de placements de ce type( Scharia Compatible en anglais) qui sont d'ores et déjà nécessaire mais ils pourraient atteindre les 2500 milliards de dollars dès 2015.
Messieurs les banquiers pressez vous de vous convertir aux Sukuks !
29 avril 2008
LME:la grande distribution plutôt que les producteurs.
Un mot d'abord sur le titre de cette loi qui doit venir en discussion devant l'Assemblée Nationale ces jours ci et qui règlemente les rapports entre producteurs et distributeurs: LME, loi de moderrnisation de l'Economie ce qui sous entend que notre économie n'est pas moderne d'abord et surtout que le gouvernement a le pouvoir de la rendre moderne!
Comme si la croissance se décrétait et comme si nous n'assistions pas tous les jours au déni justement de la puissance politique sur l'économique! Un peu de modestie, messieurs, ce que vous allez mettre en place n'est qu'un énième déplacement de curseur dans les rapports difficiles entre les producteurs et la Grande Distribution.
Suivant les époques, les descentes dans la rue des producteurs(petits de préférence) ou l'intéret des gouvernements pour maitriser la hausse des prix, on a favorisé historiquement la Grande Distribution, puis le producteur( toujours petit) contre la Grande Distribution devenue prédateur, et aujourd'hui à nouveau la Grande Distribution qui devrait pouvoir intégrer désormais les marges arrières dans le calcul de ses prix. Entre temps nos politiques ont crée la limitation des possiblités de création de nouvelles grandes surfaces et son corollaire la disparition des centres villes et l'enlaidissement des entrées de villes, et entériné les fameuses marges arrières qui ne sont qu'un moyen abusif de "tirer les prix" accordés aux producteurs.
Une erreur dans le débat médiatique qui reprend l'affirmation de Monsieur Leclerc selon laquelle la Grande Distribution ne pourrait pas discuter des prix avec ses fournisseurs et qu'elle exige donc de pouvoir le faire. Ce ne sont pas les prix qu'elle ne peut pas discuter mais les tarifs officiels(une obligation légale, me semble t il?). Elle discute par contre parfaitement le montant des remises sur ces prix tarifs ou encore les prix nets si la discussion commerciale se passe sur des prix nets. C'est donc un abus de langage d'affirmer que la Grande Distribution ne peut arriver à négocier les prix que lui font les producteurs et tous ceux qui ont eu affaire à ses acheteurs ne dementiront pas.
La loi LME est donc prévu permettre à la Grande Distribution de rediscuter aprement les tarifs de base avec les producteurs ce qui effectivement devrait permettre d'abaisser les prix d'achat et donc de vente. Par contre, l'intégration des marges arrières se traduira, via une bataille de prix plus active, par une diminution des marges et par contrecoup par une diminution des frais et des effectifs. Heureusement le départ des baby boomers va permettre d'absorber ces diminutions d'effectifs tout en poursuivant la diminution du taux de chomage.
Les producteurs par contre espéraient qu'ils pourraient obtenir une contrepartie en ce que la nouvelle loi reconnaisse que la Grande Distribution devait ,elle, pouvoir justifier les prestations qu'elle fournissait face aux primes diverses, de gondole, de coopération commerciale, de fin d'année, d'objecifs etc qui en général ne recouvrent pas de vrai contrepartie. Pas de chance pour eux, il semble que l'on s'oriente plutot vers une loi unilateralement favorable à tout ce qui peut faire baisser les prix et donc donner du pouvoir d'achat.
Le gouvernement a choisi le camp de la Grande Distribution, celui qui peut faire baisser les prix, au détriment de celui des producteurs, petits ou grands. Le camp d'Edouard Leclerc plutôt que celui du producteur de fraises ou de tomates.Seul inconvénient, nous risquons d'avoir un été très chaud avec cette fois les producteurs dans les rues pour se plaindre, comme tous les ans des conditions léoninnes de la Grande Distribution.
Tout ceci va t il se traduire,in fine, par de la baisse des prix et surtout de la croissance? De la baisse des prix sans doute un peu et à condition que pétrole et matières premières ne continuent pas de flamber. De la croissance par contre c'est plus douteux car la plus grande activité de la Grande Distribution sera compensée par le serrage des couts pour accroitre la productivité qu'y s'en suivra chez les producteurs, petits et grands. Enfin il n'y a rien de fondamentalement changé dans la compétitivité de notre industrie dont la plus lourde charge est constituée par le cout de l'Etat et des charges sociales.Et comme augmenter le pouvoir d'achat se traduit par plus d'importations...
Et là, force est de constater qu'il n'y a toujours pas eu, un an après l'élection de notre nouveau Président, de début de commencement de restriction des dépenses du monstrueux Molloch qu'est devenu notre Etat
Retour d'expérience des délocalisations...en Allemagne
Une étude d'un institut allemand de recherche, le Fraunhofer Institute,montre que la délocalisation n'est pas un exercice facile, qu'elle coute souvent plus cher qu'initialement prévu et qu'elle se traduit parfois par des relocalisations!
Rappellons d'abord que délocalisation et implantation industrielle sont de nature différente et font appel à des motivations différentes.L'implantation dans un autre pays, émergent en particulier, suppose l'existence d'un marché local en croissance forte en même temps que le cout de la main d'oeuvre y est inférieur à celui des pays développés. La distance des usines mères et les couts de transport ainsi que les freins aux importations dans le pays d'accueil en sont également des facteurs importants. La délocalisation pure qui, elle, est basée uniquement sur des considérations de couts de revient, est plus basique dans ses motivations et de ce fait reversible.Elle est beaucoup moins fréquente qu'on veut bien le dire.
On observe d'ailleurs souvent un mélange de ces deux motivations dans une l'implantation à l'étranger.Par contre si une délocalisation pure est reversible,une implantation qui rencontre un vrai marché ne l'est pas.Personne implanté en Chine aujourd'hui n'envisagerait sérieusement de relocaliser ses usines en Europe car le marché est là bas.
Le Fraunhofer Institute constate que dans ces délocalisations, seul le facteur cout à été pris en compte initialement. Par contre un élement comme le temps de démarrage des nouvelles usines a été très souvent gravement sous estimé par rapport aux standards allemands. La recherche de personnels et leur formation s'avèrent également souvent beaucoup plus difficile que prévu et beaucoup plus couteuse( deux fois plus !).Autre élement, le recours à une sous traitance de qualité y est le plus souvent très difficile et les industriels se rendent comptent quand ils n'en disposent plus de l'importance d'un environnement industriel et administratif( sécurité juridique en particulier) sur et performant! En d'autres termes ce n'est pas qu'une question de prix de revient salariaux.
Pour avoir moi même travaillé dans des pays à bas cout, je confirme également que ce qui rend de telles implantations finalement peu évidente à rendre compétitive est un ensemble de faiblesses liées à la faible qualité de l'éducation, à l'incertitude juridique permanente et à la corruption.
Malgré ces inconvénients, l'écart salarial reste l'élement clé qui justifie le maintien de ces usines de production.Or on s'aperçoit que les couts salariaux montent rapidement dans les pays émergents. l'Inde où l'informaticien a vu son cout multiplié par trois en quelques années en est un exemple. La grève des ouvriers de Dacia en Roumanie est un autre signe que, dans notre monde globalisé où l'information circule à grande vitesse,un tel avantage est très temporaire et que l'harmonisation des conditions salariales se fera beaucoup plus rapidement qu'à l'époque où le premier pays émergent, le Japon était apparu.
Les pays industrialisés se doivent de surveiller de très près cette évolution des couts comparés et il leur appartient de maitriser les leurs autant que faire ce peu.C'est ce qu'à su faire l'Allemagne, objet de cette étude, en travaillant pour diminuer ses couts. C'est ce qui apparait dans ce graphique qui montre une augmentation maitrisée de ces couts, par l'intermédiaire de la mise en place de la TVA Fiscale et par un certain retour sur le nombre d'heures travaillées.
Le FraunHofer Institute note que le pourcentage de délocalisations pures est passé, à la suite de cet effort,d'une usine sur Huit dans les années 2002/2003 à seulement Une sur Onze en 2004/2005. Au point que l'on constate que qu'une bonne vingtaine de pour cent des usines délocalisées reviennent en Allemagne dans les 5 ans qui ont suivi leur délocalisation!
Comme quoi on peut lutter conttre les délocalisations, même dans un pays de hauts salaires,mais en maitrisant années après années la dérive des couts
28 avril 2008
Les Tribulations du bioéthanol ...en Allemagne
L'Allemagne, très en pointe dans l'utilisation de biocarburants et en particulier d'éthanol en melange dans son essence vient de faire butalement machine arrière en supprimant le passage au carburant dit E10, de l'essence à 10 pct d'éthanol, prévu pour 2009.
Pas pour la raison que la production agricole d'éthanol contribue à la crise alimentaire, mais plus prosaïquement parce qu'une partie importante du parc de voitures allemand ne tolère pas ce carburant.Le Ministre de l'Environnement, Sigmar Gabriel, l'affirme, c'est la faute aux voitures importées qui le supporte plus mal que les voitures allemandes. Et en plus "on" l'aurait prévenu trop tard. La fédération des contructeurs allemands en profite pour promouvoir le "acheter allemand". Un affaire mal gérée néanmoins, Monsieur Le Ministre.
Exir donc le E10 en Allemagne et vraisemblablement en Autriche également. On s'en tiendra donc au E7 en essence et au B7 en biodiesel. Il va falloir par contre compenser par d'autres mesures car il n'est pas question de ne pas respecter l'objectif européen. Il faudra donc faire des efforts dans d'autres domaines, la production d'électricité où la part d'électricité produite à partir d'énergies renouvelables devra ainsi passer de 27.5 pct à 30 pct et la consommation des voitures qui devra permettre de passer finalement à des émissions maximales de CO2 en baisse de 130 à 120 grammes au kilomètre pour 2012. Une performance que les constructeurs pensaient inatteignable dans le temps imparti il y a seulement quelques mois...
Si l'on fait référence au rapport de la DGMP que je commentais hier, il n'y a pas de raison qu'il soit plus facile en Allemagne de respecter les engagements européens qu'en France. Surtout en maintenant la décision de démanteler les centrales nucléaires qui est un facteur aggravant considérable dans ce pays.Bonne chance à Monsieur Gabriel pour y parvenir.
A suivre donc.
NB En France, pas de changement, on passera au E7/NB7 en 2010 à dit Nicolas.
Tableaux d'une Exposition.
Hier,vous avez décidé d'aller voir l'exposition dont vous voyez les affiches dans les rues. Pour éviter de faire la queue, vous avez pris votre place sur Internet.
Vous voiçi donc à l'entrée de l'exposition devant laquelle la queue de ceux qui n'ont pas pris la précaution de commander par avance, s'allonge. Vous passez devant eux sans même les regarder et montez les escaliers pour entrer dans l'exposition. Premier obstacle à franchir, le barrage des "audioguidés" qui attendent leur appareil à la réception.
A gauche, autre barrage, le "clan des veuves",- et de quelques veufs-, qui attendent leur conférencière pour entrer dans l'exposition. Après avoir franchi le tourniquet vous voiçi enfin dans la première salle d'exposition. Pas de chance vous avez retenu pour 11hrs, l'heure de pointe dans les musées et expositions.
L'avancée piétinante et louvoyante commence parmi les audioguidés qui stagnent devant les tableaux en attendant la fin des commentaires sur le tableau qu'ils sont censés regarder. Curieusement ils semblent plus concentrés sur l'écoute du commentaire que sur la contemplation du tableau. Vous vous retrouvez bloqués derrière la conférencière dont les "veuves" boivent les paroles, coiffées de leur casque audio recouvert d'un filet protecteur, et qui vous explique longuement les intentions et le concept du peintre au moment de la création de son tableau alors que vous pensiez que l'acte de création etait quelque chose d'instinctif.
Vous vous frottez aux facheux qui visitent à marche forcée et passent devant tout le monde en pestant. Voiçi un grand père qui fait une halte pour reprendre son souffle. Vous écoutez les commentaires plus ou moins éclairés des visiteurs qui veulent classer les oeuvres en fonction de l'appréciation personnelle qu'ils en ont. Certain(e)s préférent les tableaux dans les tons de bleus plutôt que ceux dans d'autres tons.D'autres préfèrent les portraits aux paysages ou vice versa. L'insignifiance ordinaire de nos conversations de tous les jours...
Finalement, vous arrivez au bout de l'exposition et repartez en arrière avant de sortir définitivement. Histoire de revoir ceux qui vous ont plu le plus( toujours cette manie du classement!). Ou encore pour en profiter un maximum et en avoir pour votre argent.Coup de chance, vous n'avez pas eu droit au facheux à téléphone portable!
Enfin vous décidez de partir et débouchez alors sur ...La Boutique! Ce lieu incontournable des "produits derivés" qui assure l'équilibre financier de l'exposition. Vous y trouverez reproductions, cartes postales,affiches de la manifestation, revues,livres d'art et DVD de l'exposition et des précédentes, bijoux etc. Une vitrine de ...cannes en provenance de la Corrèze et de chapeau de pailles fabriqués à Caussade, Tarn et Garonne. Le tout brillamment colorés et présentés pour maximiser les ventes. Et c'est ainsi que vous finissez par quitter votre exposition.
Vous avez noté que je n'ai jamais mentionné le nom de l'exposition qui m'a suggéré cet article. C'est parce que cette petite description sans prétention etait valable pour quasiment toutes les expositions. Un indice,néanmoins, pour que vous puissiez la découvrir si vous vouliez vous amuser à le faire. On y vendait aussi des cravates...en bois.
27 avril 2008
Le retour du moteur à Essence.
Je vous avais annoncé que l'instauration des systèmes de bonus/malus en Europe( France/ Italie/ Espagne actuellement) pour des raisons de maitrise du réchauffement climatique allait modifier profondément le marché automobile au profit des petites voitures et petites cylindrées et au détriment des gros modèles.
L'annonce par PSA d'un investissement majeur pour fabriquer en Lorraine un nouveau petit moteur à essence reflète cete évolution.Mais pas vraiment pour cette raison, vous vous en doutez, car un constructeur ne peut, en aussi peu de temps depuis l'instauration du Bonus /Malus, changer son fusil d'épaule aussi radicalement. C'est en effet la lutte contre les polluants émis dans les gaz d'échappement, particules et oxydes d'azote, telle qu'exigée par la nouvelle norme environnementale Euro 5 qui font très mal au moteur Diesel. Celui çi consomme nettement moins que le moteur à essence, en particulier en phases transitoires( conduite ville) et donc émet nettement moins de CO2. Il émet par contre davantage de particules charbonneuses et d'oxydes d'azote.
Pour éliminer ces polluants, une seule solution, les filtres à particules qui, malheureusement, coutent très chers et ne sont pas compatibles avec des petits véhicules et petits moteurs pour lesquelles les marges sont minimes.
C'est parti donc. PSA a décidé d'investir massivement dans un petit tricylindre de 1 litre de cylindrée qui émettra moins de 100g de CO2 au kilomètre et qui devrait représenter 20 à 25 pct de la production de PSA à l'horizon 2015.
A condition que les promesses soient tenus car les tricylindres lancés récemment par la concurrence n'avaient pas séduit le public pour cause de vibration et de bruit peu sympathique. Quant à prétendre que le moteur à essence a un gros potentiel d'amélioration de ses émissions de CO2 donc de ses consommations,Peugeot aurait pu essayer de nous le prouver bien avant sur ses autres moteurs(Cf le V6 3litres)
Un élement en sa faveur néanmoins. La proportion de gazole dans le brut n'est pas extensible à l'infini, elle est utilisée actuellement à son maximum par l'outil de raffinage qui est au contraire excédentaire en essence que l'on exporte aux Etats Unis. Un proportion plus importante de moteurs à essence devrait rééquilibrer les choses.
Bonne chance en tous cas à PSA avec ce changement drastique de sa politique de développement moteur.