12 avril 2008
Quand la police française obéit aux chinois pour virer un cameraman français !
Reportage ce soir sur Envoyé Spécial sur Antenne 2 du parcours troublé de la flamme olympique dans Paris que la télévision a voulu nous relater de l'intérieur en quelque sorte.
Un malaise à la prise en main de l'évènement sur notre sol national par la police ou l'armée chinoise déguisée en sportif. Il parait, nous dit on,que ces "policiers" qui protègent de très prés la flamme et les athlêtes qui la portent ont été loués à la Chine par le CIO, ce qui expliquerait sa présence dans tous les pays du monde et son absence d'uniforme. Admettons...D'après Sebastian Coe sur le parcours anglais ou Daniel Douillet sur le parcours français, ils n'avaient visiblement pas la tolérance des polices des pays occidentaux vis à vis des manifestants!
Le reste du parcours est du travail de police "normal" par les forces françaises même si déchirer les drapeaux tibétains des manifestants m'a paru excéder la stricte neutralité. Là où ça commence à déraper c'est quand un chinois menace le cameraman d'Antenne 2 sur le véhicule d'accompagnement parce qu'il filme les manifestants et finit par lui intimer l'ordre de descendre du véhicule.A la suite de son refus, c'est cette fois un policier français, apparemment appellé à la rescousse par les chinois, qui vient ensuite intimer l'ordre au caméraman français (!!!) de la télé nationale de descendre. On n'en entendra plus parler par la suite.
Le chef de la délégation chinoise décide enfin brutalement d'arréter le parcours dans Paris, sans que quelque officiel français que ce soit ne semble avoir été consulté.Daniel Douillet dira que les officiels/policiers étaient un peu paranoïaques et qu'en d'autres termes ils auraient pu poursuivre le parcours. C'est simple on a eu l'impression que la délégation chinoise et sa police avait décidé de tout comme si elles étaient chez elles et que les autorités françaises avaient démissionnées. Où est passé également Monsieur Delanoé, qui devait faire un discours dans la mairie de Paris?
Enfin fin du parcours et pot final. L'ambassadeur chinois, dans un style très Sud coréen, déclarera avec assurance que la torche olympique n'a pas été éteinte!
11 avril 2008
Ca bouge dans l'industrie nucléaire...
Je vous avais annoncé en son temps le rachat de Westinghouse, grand concurrent d'Aréva dans les réacteurs nucléaires, par la firme japonaise d'électronique bien connue Toshiba. Cette dernière, très présente dans l'informatique et l'électronique grand public, vient par contre de perdre il y a peu le marché des DVD Haute Définition face à la technique concurrente Blu ray de Sony.Pour Toshiba, la prise de controle de Westinghouse était une virage stratégique majeur que la perte du marché des lecteurs de DVD HP vient conforter.
J'avais également eu l'occasion de vous signaler que le marché des réacteurs et des centrales nucléaires était à géométrie variable entre les producteurs de "building block", morceaux de l'ensemble, tels les fournisseurs de réacteurs eux mêmes( Westinghouse, Areva, Mitsubishi,Hitachi et General Electric), les fournisseurs des turboalternateurs qui transforment la vapeur produite par le réacteur en énergie électrique,( dont Alstom, Siemens etc), les sociétés de Génie Civil comme Bouygues, les fournisseurs de combustibles plus ou moins raffiné, de la mine d'uranium au yellow cake, voire les exploitants de centrales comme EDF.Chacun se positionnant comme fournisseurs de sous ensemble ou intégrateurs de tout ou partie des sous ensembles( matériels ou travaux) que constituent une centrale.
Vous entendez souvent tel ou tel industriel vanter les mérites de SON approche intégrée pour conquérir ce marché très convoité, les uns partant de la fourniture du combustible jusqu'à son retraitement, d'autres se bornant à la construction clés en main des centrales, d'autres enfin fournissant la centrale et l'exploitant .
Pour Areva, la stratégie est claire c'est la fourniture de la centrale, combustible compris, et éventuellement du retraitement de ce combustible usé. Ce qui implique de maitriser le genie civil. Si on en juge par les difficultés de construction de la centrale d'Olu en Finlande, c'est une technique qui ne semble pas vraiment maitrisée pour l'instant. Coté mines Areva a réglé son problème avec le gouvernement nigérien et est parti dans un cycle de développement de ses ressources minières, au Niger mais aussi en Namibie ou en Afrique du Sud. Or dans ce domaine, les compétences sont rares dans le monde et concentrées dans les grands groupes miniers, Rio Tinto, Vale, BHP Billiton ou Xstrata qui lorgnent de plus en plus sur l'extraction d'Uranium.
Areva vient donc de créer une filiales avec Technip, fleuron de l'ingenierie française mais pas vraiment positionnée sur l'ingénierie minière, pour justement batir- et sécuriser pour Areva- un savoir faire dans ce domaine qui pourra trouver à s'employer dans les multiples projets miniers dans le monde. Elle s'appelle TSU project et commencera à travailler pour la filiale canadienne récemment racheté d'Areva ,UraMin, qui portera tous les projets minier d'Areva. Un moyen de contourner le manque de capital d'Areva que le gouvernement ne s'est pas décidé à privatiser encore. Un handicap qui devient de plus en plus critique pour Areva face à un marché qui explose....
Pour Toshiba, je vous avais signalé dans un message du 28 aôut sa première approche pour s'assurer de ressources en uranium en échangeant 10pct de Westinghouse contre des droits dans une nouvelle mine d'Uranium dans le sud du Kazakhstan qui sera mise en exploitation par la société kazakh Kazatomprom.L'idée étant, comme pour Areva, de pouvoir vendre les centrales, combustible fourni.
Toshiba poursuit la construction d'une offre plus complète en signant un accord cadre de coopération avec le Russe Atomenergoprom qui permette aux partenaires de juger de l'opportunité de développer en commun des activités dans le domaine de la construction de centrales, de la fabrication et de la maintenance des gros équipements, cuves de réacteurs par exemple, ou encore sur le cycle du combustible nucléaire. Atomenergoprom a été crée en 2007 à l'initiative du pouvoir russe, toujours très attentif aux questions énergétiques,et rassemble le considérable savoir faire russe( en dépit de Tchernobyl) dans le nucléaire,construction et exploitation de centrale, extraction minière et cycle du combustible.Un géant de 176 000 personnes mais seulement 8.3 milliards de dollars de chiffre d'affaire.
La Russie outre son marché intérieur important est très présent à l'export,la centrale iranienne de Busher en étant un exemple connu. Associé à Toshiba/Westhinghouse, ce serait un concurrent très sérieux pour Areva qui detiendrait ensembles 20 à 30 pct du marché des réacteurs et 30 à 40 pct de celui des combustibles.
La bataille sur ce marché mondial sera féroce...
NB Westhinghouse vient de remporter la fourniture de deux réacteurs de 1100MW à un exploitant américain pour la première centrale nucléaire à construire depuis 30 ans aux Etats Unis.
Desendettement: RGPP et Méthode Canadienne aux antipodes!
Nicolas Sarkozy a éprouvé le besoin de nous présenter publiquement la derniere création de son gouvernement la RGPP, ou Révision Générale des Politiques Publiques, et les effets que nous pouvons en attendre sur la réduction des dépenses de l'Etat.
La réforme n'est pas vaiment nouvelle puisqu'elle avait été initiée, me semble t il, par Thierry Bretton et Jean François Copé alors aux Finances. Elle consiste à revoir en détail le fonctionnement d'un grand nombre de processus de notre administration pour en detecter les dysfonctionnements, petits ou gros, et les corriger. C'est ce qu'on appellerait dans l'industrie l'optimisation des méthodes. La différence, c'est qu'alors que dans l'industrie, c'est une activité à part entière et un soucis permanent d'amélioration de la productivité, dans l'administration il semblait que l'on n'ait rien fait de tel depuis des décennies. C'est beau de vivre dans un monde sans concurrence!
Ceci dit c'était une très bonne idée de lancer une telle étude qui a mobilisé des ressources importantes en interne( 200 auditeurs) et en externe (attention c'est vous qui payez les participants de tous ces prestigieux cabinets d'audit) et qui s'est traduit pendant 8 mois par des comités hebdomadaires sous la direction de Claude Guéant pour en entériner les résultats.
Nicolas Sarkozy vient donc de présenter les 150 décisions qu'il a prise à la suite de cet effort important et qui devait se traduire par des économies de....seulement 8 milliards d'économies de fonctionnement par an d'içi ...2011.J'avoue être un peu déçu de la modicité des économies annonçées.La montagne semble avoir accouchée d'une souris.Comme notre déficit budégtaire annuel est de 45 milliards d'euros depuis 25 ans, ce n'est pas cette RGPP qui permettra de tenir notre promesse d'équilibrer dépenses et recettes pour ...2012.
On fait pourtant allusion en parlant de la RGPP à la fameuse méthode utilisée par le gouvernement Canadien en 1996 quand il fut confronté à exactement le même problème, 20 ans de déficits récurrent de leur budget et un endettement comparable au notre à 67pct du Produit Intérieur Brut du pays qui absorbait comme en France les recettes de l'Impot sur le revenu pour en payer les intérets. Je vous invite à relire mes articles du 18 décembre 2005 et du 27 mars 2006 sur ce sujet et vous comprendrez très vite que les deux programmes n'ont abolument rien de comparable.
Il s'est agi en effet de revoir de manière critique les missions de chaque ministère,sur la base de 6 critères communs:l'intéret public du progamme considéré, l'efficacité de ce programme ou service,le fait qu'il entrait ou non dans les fonctions régaliennes de l'Etat, la capacité des contribuables à le payer, et l'existence de services privés alternatifs.L'objectif n'était pas de diminuer les dépenses d'un ou deux pour cent mais carrément de 20pct soit le montant de notre déficit annuel constant.Le résultat fut une diminution du budget canadien de 17 à 11 pct du produit intérieur brut, une diminution du nombre de fonctionnaires de 23pct et un budget excédentaire depuis 1997. Comme dans les pays nordiques....
A titre personnel les ministres canadiens durent faire un effort significatif sur leur niveau de vie officiel et le premier Ministre fut même surnommé le Premier Ministre Chevrolet du nom de la marque de sa voiture officielle. Chez nous, Nicolas Sarkozy vient de se faire construire une Renault Vel Satis spéciale équipée de tous les moyens audovisuels modernes et Madame Rachida Dati porte, ma foi, de très joli robes de couturier.
Les Français viennent de le confirmer dans un sondage récent. Ils veulent des diminutions importantes de dépenses publiques. Seront ils entendu?
Je suis persuadé que, vu l'ampleur du problème, nous n'échapperons pas à une revue critique des missions que s'arroge l'Etat. Monsieur Sarkozy a cru qu'il suffirait de décréter une croissance en hausse de 1pct supplémentaire pour que la gigantesque machine des élus et de leurs administrations puisse continuer à vivre sur le même pied qu'auparavant. Quelle faute de jugement! C'est au contraire en rendant l'Etat compétitif et peu couteux que l'on améliorera la compétitivité de nos entreprises et de nos produits et que le machine économique repartira. Mais ne nous leurrons pas, il y en a bien pour 5 ans d'efforts et pas au rythme d'un RGPP étalé sur 3/4 ans!
10 avril 2008
Tout ce qui n'est pas expréssement prévu par la loi est interdit!
La France est un pays reconnu dans le monde entier comme un pays des libertés, un pays qui a même "crée" la liberté en 1789 et qui se bat depuis partout dans le monde pour quelle soit respectée. Tout au moins c'est ce que nous croyons tous.
Il va bientôt pourtant falloir balayer devant notre porte si j'en crois un arrêt de la Cour d'Appel de Paris du 23 fevrier 2008 qui a considéré une pratique comme illégale parce que " Non expressement prévue par la loi" !!! En d'autres termes si on se fie à cette conception nouvelle du droit, tout ce qui n'est pas autorisé devient interdit.
Il s'agit en l'occurrence de publicité pour le vin faite sur Internet alors que dans la Presse et les médias, elle est règlementée. Mais pas sur Internet, puisque nos politiques sont toujours en retard d'une bataille sur l'évolution des techniques et des moeurs. L'absence de règlementation aurait du profiter à la liberté. La Cour d'Appel en a décidé autrement en jugeant la publicité pour le vin sur lnternet illégale car " non exprésement prévu par la loi". On peut être d'accord sur le fond avec le fait que les règles qui s'appliquent à la publicité dans les médias devaient également s'appliquer sur le net qui est devenu entretemps un outil de vente. Il n'en reste pas moins que l'on a froid dans le dos en écoutant des juristes d'un haut niveau( Cour d'Appel tout de même) ériger en principe le " tout ce qui n'est pas expressement autorisé par la loi est interdit".
Essayer d'imaginer une seconde tout ce que nous faisons tous les jours et qui n'est pas expressement autorisé. Un exemple parmi des milliers d'autres, la loi a t elle expressement autorisé que nous respirions? Bien évidemmemt non. Je croyais jusqu'à présent que les juges ne faisaient qu'appliquer la loi comme vient de le montrer un arret récent plus dramatique. La Cour d'Appel de Paris vient d'inventer la justice à géométrie variable.
Trois sénateurs,à la suite de cet arrêt, ont décidé de rectifier le tir. Vous pensez peut être qu'ils ont déposé un projet de loi visant à appliquer la règlementation normale à Internet. Erreur grossière. Ils ont déposé un projet de loi visant à autoriser, "explicitement" je suppose, la publicité pour le vin sur Internet. Parions que ce sont des élus de région viticoles...
Nucléaire:La Zizanie s'installe entre européens ...
La visite de Nicolas Sarkozy en Grande Bretagne à fait monter d'un cran les oppositions entre les pays membres de l'Union Européenne sur la question de l'énergie nucléaire. Il y a les pays pro nucléaire dont nous sommes mollement le phare pour être le pays dont la proportion d'électricité d'origine nucléaire est la plus forte au monde( 80pct) avec la Lituanie. Mollement par contre sur la manière parce que nos pouvoirs publics et nos hommes politiques, prisonnier de la démocratie, ne semblent pas vraiment en être fier et n'ont pas le courage surtout de dire aux français vers où nous allons dans ce domaine.
Dans les pronucléaires comptez les ex pays de l'Est, Bulgarie, Roumanie, Slovenie, les pays du nord de l'Europe, Finlande bien sur, Suède et bien sur la Grande Bretagne. Dans les pays antinucléaires,le leader est clairement l'Allemagne mais comptez aussi le Danemark, l'Italie ou l'Autriche.
Au milieu la Commission de Bruxelles est écartelée entre son penchant pour le nucléaire pour satisfaire les engagements européens très ambitieux de lutte contre le réchauffement climatique et les opinions divergentes de ses membres.
La Grande Bretagne est équipée d'un important parc de Centrales nucléaires(23 au total) qui fournit 20 pct de l'électricité britannique mais qu'elle a laissé périclité entre un accès privilégié au pétrole et au gaz de la Mer du Nord, aujourd'hui déclinante,et le poids du mouvement d'opinion antinucléaire mondial.Or d'içi 2025 un grand nombre des centrales existantes devront être fermées alors qu'au rythme de 10 ans en moyenne pour construire une centrale les premières centrales "nouvelle génération" ne pourront produire qu'au mieux à partir de 2017, pour la première d'entre elles.
Autre élément de la décision britannique.Avec le declin des gisements de Mer du Nord, le pays devient dépendant pour son gaz de la Russie ce que les britanniques jugent dangereux.Par ailleurs il n'existe pas d'autres moyens pour satisfaire les énormes besoins en énergie du pays sans émettre de CO2 que d'en passer par le nucléaire, les autres energies renouvelables ne pourvant être que des productrices d'appoint.
La messe est donc dite.Tony Blair avair pris la décision en 2006, Gordon Brown l'a réaffirmé en 2008. La Grande Bretagne passe au nucléaire. Qui plus est le Ministre de l'Industrie John Hutton à indiqué vouloir passer à un taux de production électroique franchement supérieur aux 20pct actuels.
Les accord de coopération signé entre Français et Britanniques à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy matérialisent la cooperation nouvelle entre l'industrie française et britannique dans ce domaine.
Par contre à l'autre bout de l'axe Londres-Paris-Berlin, les choses vont nettement moins bien. Les grands électriciens allemands n'arrêtent pas d'alerter sur la nécessité du nucléaire mais aussi de nouvelles centrales à Gaz et à Charbon, non émettrices de CO2, pour satisfaire à la fois les engagements du pays en terme de lutte contte le réchauffement climatique et les besoins énergétiques des populations et de l'industrie allemande.Le prix de l'électricité qui a déjà beaucoup monté n'est donc pas prèt de redescendre! Une étude récente de l'Agence Allemande de l'Energie annonce que dès 2012 les besoins ne pourraient plus être couverts par la production et le patron de RWE parle de problème d'alimentation dès l'été prochain
A noter également la dépendance de plus en plus grande du pays du gaz russe qui ne semble pas néanmoins susciter les mêmes craintes qu'en Grande Bretagne...
Un cas particulier dans ce paysage industriel, celui de Siemens, propriétaire à 34 pct d'Areva mais sous la menace d'une clause de rachat, que la politique allemande de sortie du nucléaire exclut quasiment du marché mondial.
Angela Merkel, qui est favorable à la "sortie de la sortie du nucléaire", est paralysée par l'accord de gouvernement avec le SPD qui exclu totalement de revenir sur cette question. La question ne pourra être tranchée qu'aux élections législatives de 2009 pour lesquelles les sondages ne donnent pas son parti gagnant.
Diçi là quelques coupures de courants majeures pourraient faire évoluer les mentalités....
A suivre donc mais il est clair que les élections allemandes de 2009 seront cruciales pour l'avenir énergétique de l'Europe
09 avril 2008
L'accord de ciel ouvert débarque!
Les médias nous annoncent que l'accord de "ciel ouvert" entre l'Union Européenne et les Etats Unis vient d'entrer en vigueur. Une évolution liée à la mise en place de l'Union Européenne qui obligeait à faire évoluer les accords bilatéraux existants entre les Etats Unis et les différents pays européens.
Car les compagnies européennes dans ce contexte se trouvaient en position de désavantage vis à vis des compagnies américaines. Ces dernières pouvaient en effet desservir toutes les villes européennes à partir de toutes les villes américaines alors que les compagnies européennes pouvaient bien desservir toutes les villes américaines mais à partir des villes de leur seul territoire national c'est à dire de une à trois villes au maximum.
L'accord "Ciel Ouvert" permet de rétablir l'égalité entre les compagnies aériennes de deux cotés de l'Atlantique en autorisant désormais à toutes les compagnies européennes de desservir les Etats Unis à partir de tous les aéroports européens cette fois. Air France/KLM ou Lufthansa peuvent ainsi mettre en place des vols à partir de Londres Heathrow ou de Rome à destination de New York ou Los Angeles.
Une exception néanmoins.L'accord bilatéral qui liait la Grande Bretagne et les Etats Unis et qui concernait un tiers des liaisons transatlantiques privilégiait deux compagnies américaines American Airlines et United Airlines et britanniques Bristish Airways et Virgin.
Les conséquences: il va falloir faire de la place sur les aéroports aux autres compagnies et en particulier à Heathrow. D'où le Terminal 5 qui vient d'ouvrir et l'ouverture dépuis le 1er avril d'une ligne Londres Los Angeles directe par Air France/KLM. En sens inverse, British Airways vient de créer une filiale Open Skies qui exploitera des vols vers New York à partir de Paris.
Le but - ou la conséquence de cet accord- sera d'augmenter le nombre de vols au dessus de l'Atlantique d'une quinzaine de pour cent et de le nombre de passagers de 25 millions, soit 50pct de plus qu'actuellement!. Au moment où on s'inquiéte du rechauffement climatique et des émissions de CO2, c'est carrément schizophrénique de mettre en place une telle libéralisation du ciel...L'excuse bien sur ce sont la baisse du cout du transport aérien du fait d'une concurrence acrrue et l a création estimée de 80 000 emplois supplementaires sur 5 ans.
Levée de bouclier contre les biocarburants
Les biocarburants n'ont décidement plus le vent en poupe ! La Commission de Bruxelles dans son plan climat a pourtant prévu de porter de 1.8pct à 10pct d'içi 2020 la part des biocarburants dans la consommation européenne de carburants. Mais tous les jours qui passent semblent apporter de nouveaux arguments aux adversaires de ces carburants.
Les inconvenient seraient de trois ordres. Tout d'abord le bilan énergétique pour les produire ne serait pas si favorable que cela. Il faudrait une Unité d'energie( carburants, transformation céreale/Ethanol, utilisation d'engrais etc) pour fournir 1.2 Unité d'énergie sous forme d'éthanol et 1 unité d'énergie pour en fournir 2.5 sous forme de biodiesel si on les produit à partir de blé.Les chiffres cités içi et la dans des études diverses, en général biaisées dans un sens ou un autre, nécessitent d'être vérifiés et confortés en fonction des différents cas de figure. Produire du biodieseI pour les moteurs de ce type n'a rien à voir avec produire de l'ethanol pour des moteurs à essence et les produire à partir de canne à sucre, de blé ou de maïs ou de colza n'a rien de commun sur le bilan energétique de leur production. Il faut donc commencer par sérier les problèmes, envisager les différents cas de figure et définir les filières les plus prometteuses, ce qu'apparemment la Commission n'avait pas fait avec suffisamment de pécision!
Autre inconvénient le bilan en terme d'émissions de CO2 évitées n'est pas non plus si clair que cela. Une étude américaine a montré que si on incluait dans le bilan carbone, les terres ou forêts défrichées pour remplacer les terres affectées aux biocarburants, on trouverait que les emissions de gaz à effet de serre doubleraient sur trente ans ou lieu de diminuer de 20pct. Par ailleurs les dégats effectués aux forets brésiliennes et indonésiennes sont déjà particulièrement voyants.
Dans le même ordre d'idée le patron de Nestlé, Peter Brabeck, vient de déclarer que "si l'on voulait couvrir 20 pct des besoins croissants de l'économie mondiale en produits pétroliers par des biocarburants, il n'y aurait plus rien à manger" !!! C'est une affirmation peut être excessive, qu'il faudrait peut être vérifier rapidement car un PDG d'une firme aussi importante que Nestlé ne peut se permettre d'émettre des jugements aussi alarmants sans élements scientifiques irréfutables.
Dernier inconvénient, la culture des plantes à biocarburants se traduit par une pollution accrue à base de pesticides en provenance de cette agriculture intensive. Ainsi, je vous signalais je dans un article du 29 mars 2008 la dégradation rapide de l'ecosystème du golfe de Mexique de par la création de zones mortes de plus en plus vaste( 20 000km2), de l'eau sans oxygène à causes des nitrates déversés par les producteurs de maïs.
Comme le dit un rapport de la chambre des Communes Britanniques " le soutien aux biocarburants a été prématuré au regard des risques environnementaiux importants"
La Commission remet donc l'accent sur les biocarburants de seconde génération. Très bien mais pour l'instant ceux qui sortent en grande quantité des usines à éthanol ou à biodiesel sont de première génaration et la recherche sur les biocarburants de seconde génération n'en est qu'à ses premiers balbutiements.
A suivre si possible à court terme...
08 avril 2008
Brèves de Blog
Nos magistrats vont enfin avoir quelqu'un qui s'occupe d'eux sur le plan social. Bref tout ce qui se fait depuis des décennies dans toutes les sociétés privées importantes pour la plus grande satisfaction des salariés.
Peut être arrivera t on également à considérer que les augmentations de mérite et les promotions sont de la responsabilité exclusive de la hiérarchie? Encourageant donc mais ...à suivre
Pas de quoi fouetter un chat dans une réforme qui tire sa légitimité des erreurs catastrophiques qui émaillent depuis des années les résultats de notre Justice et qui doit maintenant prouver son efficacité. Une chose est sure néanmoins: à écouter les jérémiades des structures en place, on sait déjà que tout sera fait pour saboter la réforme...
A noter l'entrée à raison de 10 pct du capital de la société du premier constructeurs automobile mondial, Toyota. Nul doute que si l'expérience industrielle de l'automobile s'avère applicable au secteur de l'aviation, la concurrence a du soucis à se faire.Premier vol prévu en 2012.Marché potentiel de 5000 avions sur les 20 ans à venir et cible privilégiée les compagnies japonaise ANA, All Nippon Airlines et JAL, Japan Airlines.
La raison, le controle des prix publics qui sont fixés par les autorités et ne suivent pas la hausse très importante des cours mondiaux. Dans ces conditions, au niveau du propriétaire de stations services, il n'est pas question d'acheter du produit pour le vendre à perte. Et au niveau du raffineur/distributeur il vaut mieux l'exporter que de le vendre sur le marché local.
C'est ce qui explique d'ailleurs la chute brutale du cours de PetroChina, repassé de la première capitalisation mondiale peu de temps après son introduction en bourse au deuxième rang derrière ExxonMobil.
Les joies de l'économie administrée en quelque sorte...
354 députés et sénateurs de trop !
Vous vous demandez parfois à quoi servent les économistes qui officient dans toutes sortes d'organismes de recherches, d'écoles et d'institutions. Ils travaillent, parait il, sur l'optimisation du fonctionnement des marchés et développent des méthodes pour y contribuer. A priori,dans ces périodes de :mondialisation, il n'est pas évident que ce soit très utile mais ce sont les beautés de la recherche fondamentale dont on ne sait jamais si elle ne cache pas une pépite technologique qui sera reconnue par la communauté scientifique et aidera à améliorer le fonctionnement du monde.
Deux de ces chercheurs, Emmanuelle Auriol et Robert Gary-Bobo de respectivement l'Ecole d'Economie de Toulouse et celle de Paris ont eu l'idée d'appliquer ces méthodes à l'étude de nos institutions politiques et à leur optimisation. Vous avez dit Optimisation des institutions politiques? Un gros mot pour ceux qui y participent mais une question fondamentale à se poser effectivement au moment même où nous constatons ( depuis 25ans néanmoins!!!) que le cout de nos institutions est supérieur de 25pct tous les ans à ceux que notre économie nous permet de dépenser dans ce domaine.
Les dits chercheurs ont effectivement étudié dans 111 pays différents de par le monde l'importance de ces institutions, son optimum d'efficacité et les problèmes que posent l'hypertrophie ou le sous développement de ces institiutions.
Ils ont ainsi établi que le nombre optimum de réprésentants du peuple peut se calculer en prenant la population du pays élevé à la Puissance 0.4.Certains pays ont une réprésentation publique en ligne avec ce nombre d'Or comme le Canada, la Suède, l'Allemagne et le Japon. D'autres ont au contraire moins d'élus que cet optimum. C'est le cas des Etats Unis qui n'ont que 535 parlementaires alors que le nombre d'or qui découle de ce modèle est de 807.C'est le cas aussi des Pays Bas de la Nouvelle Zelande et d'Israël.
Les pays latins, sans surprise, ont plutot tendance à être suradministrés. La France entre l'Assemblée Nationale et le Senat(898 sièges toput de même) entretiendrait ainsi 354 élus de trop par rapport à cet optimum. Nul doute que n'importe quel homme politique moyen sera capable de pourfendre un tel calcul scientifque. C'est bien connu la France est toujours un exception ! Car quel est l'inconvenient d'être aussi suradministrée?
C'est que tous ces élus, intelligents et travailleurs au demeurant, se mettent instantanément à générer lois et réglementations diverses, pas toujours cohérentes entre elles ni forcément utiles et qui peuvent être contreproductives pour le développement économique. Autre inconvenient majeur, ils coutent très cher pour une utilité qui décroit très vite avec leur surnombre.Ce surnombre donne également l'occasion aux groupes de pressions représentants telle ou telle profession ou activité de faire prendre en compte de manière inégalitaire les intérets de tel ou tel groupe social. Enfin il ouvre la porte, réelle ou seulement perçue par le peuple, au trafic d'influence, aux pots de vins voire à l'établissement de rentes de situations.
La loi Royer ou la Politique Agricole Commune sont ainsi mentionnées par nos chercheurs comme des exemples de dérives liées à ces surréprésentations. Signalons également dans le même ordre d'idée la surreprésentation de la fonction publique dans nos élus qui est une des causes de l'immobilisme de l'Etat dès qu'il s'agit de diminuer son cout de fonctionnement. Il n'est que d'entendre le silence assourdissants de nos élus dès que vous leur demandez leurs meilleures suggestions pour réduire ce cout de fonctionnement pour en être convaincu.
Réduire le nombre d'élus ne veut pas dire automatiquement "supprimer le Senat" , la réponse bateau, car le Senat est le seul organisme qui répresente certains professions et intérets térritoriaux. Ce serait une réforme plus réflechie et globale qu'il faudrait envisager. J'avais moi même suggéré dans ces colonnes que le Senat se transforme en un organisme de représentation de catégories sociales ou d'intérêts sous représentés comme les femmes, le secteur privé, les agriculteurs, les immigrés etc.
Je n'ai pas vérifié si cette suggestion faisait partie des 300 propositions de la Commission Attali. Je ne suis pas convaincu non plus que dans un système où les élus tiennent les institutions elle puisse jamais être mise en oeuvre...
Dommage !
Bravo en tous cas à nos deux chercheurs pour cette participation au débat sur l'optimisation des de nos institutions politiques. Encore n'ont ils pas pris en compte l'impact de cette couche émergente et couteuse de notre mille feuilles politico administratif, les régions !
07 avril 2008
Rigueur, vous avez dit rigueur?
Décidement la sémantique politique est toujours aussi curieuse.Nous voiçi revenu à l'époque de la "cagnotte" que l'on avait baptisé ainsi alors qu'elle correspondait à une très légère amélioration des recettes fiscales dans un budget au déficit annuel abyssal, comme c'est le cas depuis 25 ans. Le Ministre des Finances de l'époque( Fabius? Strauss Kahn?) avait eu toutes les peines du monde, de mémoire, pour que ses députés ne dépensent pas ce supplément de recettes inattendue qui venait minorer très légèrement le déficit budgétaire de cette année là, pour des cadeaux divers à leurs électeurs.C'est dire comme nos députés sont malheureusement irresponsables dans leur gestion des dépenses publiques.
Nous recommençons le même psychodrame cette année mais en sens inverse, les majorités ayant changées. C'est l'opposition socialiste cette fois qui accuse le gouvernement de rigueur parce ce dernier à décider de se serrer très mollement la ceinture pour quelques milliards d'euros. De ce fait nos dépenses annuelles vont passer glorieusement de Recettes + 20pct à Recettes +19pct.
C'est en effet ce qu'on appelle rigueur en langage parlementaire que de passer de dépenses plus élevées de 20pct que les recettes à des dépenses plus élevées que les recettes de seulement 19pct.
D'autant plus que cette présumée rigueur est liée à la révision à la baisse du taux de croissance prévisionnel pris en compte pour le calcul du budget 2008 pour cause de crise économique larvée dans le monde. Cette moindre croissance devait se traduire par une moindre rentrée d'impots dans les caisses de l'Etat de l'ordre de grandeur justement de la baisse des dépenses envisagées ci dessus.
Au total je prends le pari( sans grand risque) que notre déficit d'éxécution du budget 2008,- ou nos dépenses excessives-, sera toujours en fin de compte aux alentours des 45 à 50 milliards d'euros...Comme tous les ans depuis 25 ans.
De qui se moque t on en parlant de rigueur?