22 mars 2008
Vous avez dit " Mourir dans la dignité" ?
Chantal Sébire qui se refusait à mourir comme un légume abruti par les calmants a été retrouvée morte chez elle. Son docteur a déclaré publiquement que sa maladie pouvait la faire disparaitre brutalement.
Le procureur de Dijon a décidé néanmoins, contre l'avis de ses enfants, de lui faire subir une autopsie. Sans doute pour savoir si elle ne s'est pas suicidée ou si "quelqu"un" ne l'a pas aidé à mourir. ET si cela se révélait être le cas, on pourrait mettre le dit "quelqu'un" en prison et faire un beau procès d'assises.La loi Léonetti a supprimé l'acharnement thérapeutique, la procureur de Dijon semble pratiqué, lui l'acharnement juridique.
C'est sans doute ce qu'on appelle en France "Mourir dans la dignité" que de devoir être charcuté par le médecin legiste parce que la loi vous a refusé d'échapper à la souffrance(même sous calmant à haute dose).
Je vous laisse juge, bien entendu, sur un sujet aussi délicat...
NB Incidemment je croyais la justice surchargée de travail.Pas le procureur de Dijon visiblement.
21 mars 2008
Brèves de blog
- La Russie est devenu le premier marché européen de ...Toyota avec près de 160 000 voitures vendues en 2007, une hausse de 55 pct sur l'année précédente
- Pour lutter contre le harcèlement, la ville de Mexico vient de mettre en place des autobus réservés au femmes sur trois lignes de bus.Il est vrai que 14 pct des cas de harcèlement, abus sexuels et viols se passent dans les transports en commun.Les dit bus sont signalés par des panneaux roses marqués "exclusivo damas". Les femmes en sont très contentes.Par contre certains hommes sont mécontents de devoir attendre le bus suivant quand celui reservé aux femmes se présente en premier à l'arrêt
Un système similaire existe aussi dans les metro de Tokyo ou de Rio de Janeiro où ce sont les voitures de tête qui sont reservées aux femmes. Une idée pour le metro parisien? - Au Canada, à Toronto très exactement, va s'ouvrir à la rentrée prochaine une école reservée aux Noirs.Le but de ce dispositif nouveau approuvé par le Conseil scolaire de la ville est de diminuer le taux de décrochage scolaire observés chez les jeunes afro-américains qui peut atteindre 30 à 40 pct.L'école sera néanmoins ouverte à tous.
Il ne s'agit pas de ségrégation mais d'autodétermination, parait il. - Pour remplacer Luca Cordero de Montezemolo, Président actuel de la Cofindustria, l'équivalent du Medef italien ainsi que de Fiat et fils naturel du Commendatore Enzo Ferrari, c'est une femme qu'ont choisi les membres de l'organisation patronale italienne. Qui plus est, à 97 pct des votes exprimés! Elle s'appelle Emma Marcegaglia, et est à la tête d'une affaire familiale spécialisé dans la transformation d'acier qui est la 10ème plus importante société industrielle d'Italie.Sans surprise ou l'appelle la "lady d'acier".
On lui souhaite autant de réussite qu'à son homologue française, Laurence Parisot. - Toujours en Italie, la Mafia serait la première entreprise d'Italie avec un chiffre d'affaire de l'ordre de 90 milliards d'euros soit 7 pct du PIB du pays!! C'est l'association nationale italienne du commerce qui regroupe 270 000 commerçants et petites entreprises, en principe susceptibles d'en être les victimes, qui l'affirme.
Le racket des commerces et petites entreprises est la technique traditionnelle de la mafia et de ses soeurs, la Camorra sicilienne, la Ndrangheta calabraise ou la Sainte Couronne Unie de la région des Pouilles.Un négoce sur cinq en est victime et dans des villes comme Palerme et Catane ce sont 8 sur dix qui payent l'impot mafieux, le pizzo.
Il en coute de 700 à 1000 euros par mois pour une boutique du centre de Palerme et 3 à 5000 euros pour une moyenne surface de banlieue.En cas de refus du pizzo,ce seront des menaces, intimidations, suivi de sabotages (1300 par jour !) et jusqu'à l'assasinat.
La Confesercenti dénonce également les grands groupes qui, d'après elle, auraient achété la " pax mafiosa".
La bactérie à Pétrole progresse...
J'avais eu l'occasion de vous parler, dans un message du 5 juillet 2007, des découvertes extraordinaires d'un chercheur américain, réputé sérieux mais iconoclaste, Craig Venter, et de son laboratoire, le J Craig Venter Institute de Rockville dans le Maryland.Ce chercheur s'était particulièrement fait connaitre pour avoir gagné la course au séquencage du génome humain mais également pour une conception de la recherche fondamentale qui le différencie des idées reçues, en ce sens qu'il considère, lui, qu'elle doit rapporter de l'argent, de préférence beaucoup d'argent, d'ailleurs.
Dans ce message précédent que je vous invite à relire, je vous signalais ses travaux sur la bacterie la plus primitive connue, une bactérie du système génital baptisée Mycoplasma Génitalium qui a la particularité que son ADN ne comporte que 517 gènes quand celui de l'homme en comporte 30 000. Un instrument de laboratoire idéal pour les travaux de Monsieur Venter puisqu'il vise simplement à "recréer la vie"!!! Ou plutot à faire ce que Dame Nature fait trés fréquemment, des mutations génétiques qui se pérennisent et finissent par modifier les caractéristiques et propriétés d'une être vivant.
L'idée est donc d'arriver à modifier la bacterie çi dessus pour lui introduire un matériel génétique de synthèse, celui que ses créateurs, les chercheurs du Craig Institute, auront su fabriquer. Simplement, ça n'a rien d'évident à faire car une molécule d'ADN, même la plus simple comme celle de cette bactérie,est effroyablement complexe, dix fois plus longue que n'importe quelle autre molécule que l'homme a réussi à synthétiser à ce jour. Eh bien, c'est cet exploit que les chercheurs du Craig Institute ont réalisé. Ils viennent d'annoncer qu'ils savent désormais produire des molécules de la taille et avec les caractéristiques de l'ADN de Mycoplasma Génitalium.
L'étape suivante est d'introduire cet ADN dans la bactérie qui deviendra de ce fait une bactérie "semi synthétique" pour vérifier si elle peut alors de reproduire à l'identique auquel cas l'homme, Monsieur Venter en l'occurence, aurait réussi à créer une bactérie de synthèse capable de se reproduire. Elle a déjà été baptisée Mycoplasma Laboratorium et un brevêt a même été déposé en 2006 pour s'en approprier la "fabrication"
Tant qu'il s'agit de reproduire, à partir d'ADN synthétisé identique à celui de la bactérie, une bactérie de synthèse certes, mais toujours identique à l'original, nous sommes encore en terrain connu. Là où ça se corse, c'est lorsque Craig Venter et son laboratoire veulent ensuite agrémenter l'ADN de synthèse qu'ils savent produire et introduire dans la bactérie, de caractères particuliers qui lui permettraient de secréter des " produits commerciaux", car nous entrons là dans la création de bactéries qui n'existent pas et n'ont jamais existées! Craig Venter dans le discours promotionnel qui accompagne curieusement son discours scientifique a déjà parlé de production de biocarburants ou d'hydrogène.
Craig Venter jouerait en quelque sorte à l'apprenti sorcier qui crée des créatures dont nul ne sait si elles seront dociles et si elle ne possèderont pas des caractéristiques nuisibles à l'homme et à son environnement. Un peu comme les écureuils gris qui ont fait disparaitre les écureuils roux en Angleterre ou les algues qui en font disparaitre d'autres en Méditerranée.
Le monde scientifique "officiel",- qui n'a pas su, lui, réaliser un telle avancée scientifique-, s'offusque de ce que la loi du profit qui anime les travaux de Craig Venter et de son aboratoire, puisse faire dériver cette découverte technique vers des applications néfastes à l'être humain. Il appelle le monde politique a établir un moratoire sur de tels travaux.
Les hommes politiques du pays concerné...ne disent rien.A suivre donc mais, en attendant, les travaux de recherche se poursuivent à grand pas....
20 mars 2008
Eolien: syndrome NIMBY ou vrai nuisance?
NIMBY est un acronyme anglo-saxon qui veut dire Not in My Back Yard, en français "Pas dans mon jardin" ou encore Pas dans mon arrière cour. Il traduit la réticence par les citoyens,anglo-saxons en l'occurence, à accepter tout ce qui perturbe leur environnement immédiat, leur manière de vivre, leur confort établi et plus généralement l'ordre établi. Vous pouvez faire ce que vous voulez mais pas chez moi, en quelque sorte.
En France,où nous sommes réputés être des rouspéteurs, toujours réticent à la nouveauté, nous ne sommes finalement pas très différents des citoyens d'autres pays.
Je vous en parle à l'occasion de l'annulation du permis de construire d'une ferme éolienne implantée en Bretagne à la suite d'une plainte de ses riverains immédiats pour cause de bruit excessif. Une bataille judiciaire longue et difficile qui vient d'arriver à son terme. Je ne sais pas si c'est la derniere étape du marathon judiciaire habituel. Si ça l'est, la question qui se pose est de savoir si le pouvoir exécutif fera détruire les éoliennes. Nous verrons...
Il est vraisemblable que les riverains se feront attaquer, sans doute par des écologistes citadins, pour cause du fameux syndrome NIMBY, alors que peut être faudrait il admettre que les éoliennes, quoique on en dise, font quand même un minimum de bruit qui puisse devenir une réelle nuisance à la longue. C'est en tous cas l'impression que j'ai eu en écoutant les plaintes des riverains de cette installation.
Ce jugement fera certainement évoluer les conditions, pourtant très sévère dans la législation f'rançaise, des conditions d'implantation de ces parcs d'éoliennes ainsi que les spécifications des matériels pour en minimiser le bruit émis. En dehors de ce bruit, il y a également un préjudice dont on parle peu, qui est celui, financier, que subissent ceux dans le dos desquels se produisent les implantations de tels parcs et qui, du jour au lendemain, voient la valeur de leur bien s'écrouler brutalement.. Car qui voudrait racheter une maison située à quelques centaines de metres d'un parc d'éoliennes?
Il y a pourtant, dans les conditions de reprise de l'électricité produite par l'EDF,de quoi permettre de minimiser les bruits en même temps que d'indemniser suffisamment les riverains. Alors,si on veut poursuivre l'implantation en grande quantité de parcs d'éoliennes comme le réchauffement climatique et surtout la disparition à terme du pétrole nous y oblige, il faudra bien en améliorer la technique et en accepter les nuisances réelles.
Après le scooter à 3 Roues, celui à quatre !
J'avais eu l'occasion dans ce blog de vous signaler l'arrivée du premier scooter à 3 roues, celui du constructeur italien Piaggio, le créateur de la Vespa, que vous avez l'occasion de voir maintenant assez fréquemment dans nos rues, car ses qualités de stabilité et de freinage semblent avoir convaincu une certaine frange de clientèle.
Eh bien, à l'occasion du salon de Genève, voiçi apparaitr
e, sous forme de maquette, le premier scooter à quatre roues, le Smera. Cerise sur le gateau, c'est une société française, Lumeneo, qui l'a conçu et le développe.
Le but par contre est très différent de celui de ses homologues à 2 ou 3 roues. Il s'agit d'un concept nouveau pour améliorer la "mobilité" individuelle comme on dit maintenant en la rendant plus écologique. Le dit scooter est en effet propulsé par deux moteurs electriques de 20 cv chacuns qui entrainent chacune des deux roues arrières. Il possède deux places en tandem et renouvelle le concept d'un certain Messerschmitt de l'immédiate après guerre.Différence par rapport à cet ancêtre, il se penche dans les virages comme un scooter.Par contre différence par rapport au scooter, vous êtes à l'abri!!
Les moteurs électriques sont alimentés par des batteries au lithium qui se rechargent sur le secteur et qui assurent une autonomie de 150 km. Il mesure 2.4metres de long, comme une Smart et seulement 80 cm de large, de quoi pouvoir se faufiler dans la circulation. Enfin il offre une vitesse de pointe de 130 km/h ce qui lui permet de rouler sur les autoroutes. Avouez qu'il est bien adapté aux préoccupations de la circulation et des soucis environnementaux actuels.
Il resta à passer à la phase industrialisation et à la commercialisation. Messieurs les constructeurs français voila une idée intéressante qui devrait attirer votre attention...
Bonne chance à Lumeneo et à sa Smera.
19 mars 2008
Relations employeurs/employés: Des points de vues différents

Les employeurs et les employés potentiels ou salariés ont souvent des avis différents sur ce qui plait dans l'entreprise aux employés futurs ou actuels au moment de l'embauche et sur ce qui les fait partir au moment de la séparation.
Pour l'employeur,futur supérieur hiérarchique ou représentant des Ressources Humaines, c'est la réputation de la société et donc les possibilités d'évolution, qui comptent avant tout pour attirer le candidat chez vous. Pour le candidat, ce sont plutôt le contenu du poste lui même et des choses pratiques comme salaire et proximité du lieu de résidence et sécurité d'emploi qui comptent avant la réputation de l'entreprise. Ecart significatif donc, les uns voient le long terme, les autres le court terme et les contingences matérielles.
Lorsque, par contre, il s'agit de se séparer et que l'on analyse les raisons qui poussent un employé à quitter l'entreprise, on s'aperçoit qu'il y a, là aussi, une certaine divergence entre le salarié sur le départ et les Ressources Humaines ou la hiérarchie de l'employé concerné. Pour l'employeur ce sont des attentes insatisfaites sur le plan salaire, promotion ou évolution de carrière qui poussent un salarié à vous quitter, loin devant ses relations avec sa hiérarchie ou l'équilibre difficile entre la vie privée et la vie professsionnelle.
Pour le salarié en partance, c'est le stress au travail qui est la cause première des départs, une cause dont la hiérarchie et les Ressources humaines de l'entreprise ne semblent pas avoir conscience. Viennent ensuite les insatisfactions concernant salaire, promotion ou évolution de carrière sur l'importance desquelles les deux parties sont au moins d'accord devant la difficile cohabitation entre vie professionnelle et vie privée.
Un élement particulièrement important lors de l'embauche, la personalité du ou des responsables hierarchique. Un patron charismatique et d'apparence dynamique est toujours plus attractif qu'un revéche mal embouché, mais on le savait déjà.Au moment de la séparation, Ce sont les promesses faites et non tenues ou les attentes déçues qui sont responsables de la séparation.
Un peu comme en politique...
Banque Postale: Elle traine la Poste comme un boulet aux pieds!
C'est ce que viens de révéler la Cour des Comptes dans un rapport sur la "Création de la Banque Postale et ses deux premières années de fonctionnement".
J'avais eu l'occasion moi même dans un message du 5 novembre 2005 de vous signaler que les motivations derrière la création de la Banque Postale résidait dans le souhait de trouver des ressources nouvelles pour financer le réseau de La Poste et satisfaire ainsi les souhaits de nos élus de voir maintenu jusque dans les villages les plus reculés, le bureau de Poste.L 'activité de la Poste et du courrier postal est en effet constitué d'un pôle à gros débit et concentré sur les agglomérations, le courrier d'entreprise et d'un pôle à débit faible, et implantation très disséminée, celui du courrier des particuliers. Le premier, qui représente 80 pct de l'activité, nécessite de gros investissements dans des centres de tri automatisés, gagne de l'argent mais peut être facilement concurrencé par de nouveaux intervenants. Le second , qui ne représente que 20pct de l'activité, coute très cher car il nécessite de multiples bureaux de poste sur tout le territoire.
D'ou la nécessité d'adjoindre à ce réseau une autre activité plus rémunératrice, celle de la Banque Postale en l'occurence, qui allait étoffer ses services financiers autour du fameux livret A. Ce qui fut fait, à la satisfaction des élus qui sauvait ainsi leur bureau de poste local, devenu le symbole de la "preservation du tissue économique en milieu rural".Ah bon il me semblait que les agriculteurs avaient découvert Internet depuis bien longtemps; A mon humble avis, pour avoir vecu dans un petit village normand sans bureau de poste mais doté par contre d'un bistrot/épicerie qui malheureusement ferma boutique durant la période où j'y residais, on peut se passer beaucoup plus facilement d'un bureau de poste que d'un bistrot/épicerie!
Le rapport de la Cour des Comptes constate que le poids des couts des 12 000 bureaux du réseau de la Poste est un boulet pour la Banque Postale qui ne peut de ce fait être compétitive. D'autant plus que les couts de location des locaux et des personnels ont été quasiment imposé par la Poste à la Banque Postale lors de sa création et se montent, à 3.2 milliards d'euros, à environ 80 pct de ses frais d'exploitation! Le reflet exact du rapport de force entre une société mère et sa filiale de distribution que redoute la Commission de Bruxelles dans le cas des réseaux de distribution énergétiques. La Banque Postale paye donc un maximum pour locaux et personnels ce qui la plombe vis à vis de ses concurrents privés.
Encore bénéficie t elle des 1.2 pct de rémunération de la collecte du livret A que le rapport Camdessus trouve exhorbitants et suggère de ramener à 0.4 pct, le taux que, d'après lui, un tel service est payé dans le sytème bancaire international.Un excédent que je vous signalais dans mon message du 5/11/2005 être prélévé sur ....le financement des HLM!
La suggestion de la Cour des Comptes est de "resserrer le réseau" .Il renvoie le problème de la réduction des surcouts des charges d'exploitation à l'ensemble Poste/Banque Postale puisque les deux sociétés opérent en symbiose.Le modèle d'équilibre financier est fragile et elle suggère de trouver un partenaire privé auquel la Banque Postale pourrait s'adosser!
En conclusion elle remet en exergue le problème qui etait déjà évident lors de la création de la Banque Postale. Doit elle être considérée comme une Banque Normale vivant dans un environnement compétitif ou doit on considérer qu'elle occupe une fonction de "guichet social". Et si oui qui doit payer? Comme vous savez il n'y en a que trois possible, le client, le contribuable ou le personnel.
Je prends le pari que ce rapport restera lettre morte tant que l'on poura tenir la rémunération du livret A à 1.2 pct. Ensuite, on augmentera le prix du timbre tout en diminuant discrétement et très progressivement les bureaux de poste ruraux...
18 mars 2008
Prix:La montagne accouche d'une souris.
La crise politico-médiatique générée par le journal 60 millions de consommateurs avec son numéro Spécial Prix dénonçant les hausses "abusives" de la grande distribution se termine comme on pouvait le penser: La montagne à finalement accouché d'une souris
Les services de la DGCC, activés avec retard par leur ministre, ont rendu leur verdict. Les prix ont bien augmenté dans la grande distribution mais pas exagérément par rapport à l'augmentation des prix que leurs centrales d'achat ont subi sur cette période.Sur les 20 produits nommés par 60 millions de consommateurs,les prix facturés aux centrales d'achat ont augmentés de 0 à 21 pct entre fin 2007 et début 2008 et ont été repercutés dans les prix au consommateur final avec le même ordre de grandeur.Pas trace non plus de l'augmentation abusive du jambon de chez Fleury Michon. En d'autres termes, il n'y avait pas de quoi fouetter un chat.
Quel ramdam médiatique pourtant! Une Ministre de l'Economie qui se déplace illico avec sa batterie d'enquéteurs de la DGCC, pour une fois sortis de leurs bureaux,juste au moment où les caméras sont là. Un Premier Ministre qui monte au créneau, dans son style sérieux, pour annoncer les controles. Et un Président qui veut nous montrer sa connaissance de l'anatomie du porc et de son lien avec le fameux jambon. Sans compter les orateurs de l'opposition qui viennent ajouter l'huile sur ce feu préélectoral bienvenu. Et les journalistes qui y vont de leurs multiples débats et interviews agressives aussi pontifiants qu'inutiles.
Quelles conclusions en tirer? Tout d'abord, comment des hommes intelligents peuvent ils croire que les producteurs ont toute liberté d'augmenter les prix comme ils le souhaitent. Et que la Grande Distribution dont l'émergence il y a 50 ans a été liée à une politique de prix de vente aussi aggressivement bas que possible, allait accepter ces augmentations les bras croisés? Alors que les uns comme les autres savent parfaitement que les ventes sont affectées à la baisse par la hausse des prix, ce qu'on appelle l'élasticité des prix?
J'avais eu l'occasion dans un message du 14 novembre 2007 de vous expliquer les difficultés de "faire passer" les hausses de couts au distributeur et pour ce dernier de les faire passer lui même au consommateur final. Lequel consommateur final n'a, hélas, pour se défendre que de diminuer ses achats ou passer à un produit de qualité inférieure. Contrairement à ce que semblent penser nos hommes politiques et nos journalistes, on perd de la marge en période de hausse des prix des matières premières et on en gagne au contraire quand les prix baissent. Quelle ignorance économique de croire que l'on peut passer des hausses abusives.Il serait déjà exceptionnel de faire passer l'intégralité des hausses qui affectent votre prix de revient!
Autre fait qu'il n'est pas inutile de rappeller à cette occasion. Les entreprises de presse sont soumises aux même règles économiques que les autres entreprises.Elles doivent faire du profit, vendre le plus possible, en d'autres termes "faire du tirage". Or feraient elles du tirage si elles ne trouvaient pas matière à exciter l'intéret de l'acheteur? Il leur faut donc du "saignant" pour vendre plus, en particulier en première page. Si l'enquète de 60 millions de consommateurs s'était terminé par la constatation qu'il n'y avait pas eu d'abus dans les hausses auxquelles nous assistons, sa responsable se serait sans doute trouvé en difficulté au sein de la rédaction de son journal. Dès le moment qu'un journal comme 60 millions de consommateurs décide de faire un enquète de ce type, les conclusions en sont prédéfinies d'avance.Le journaliste qui en est chargé cherche simplement à trouver les raisons aussi objectives que possible de justifier une enquète et une première page qui fasse vendre.
Que nous le voulions ou non nous sommes dans un système de manipulation et contre manipulation et de sensationnel pour vendre...
Connaissez vous le microbiome?
Le microbiome est un mot nouveau qui désigne l'ensemble des génomes du petit monde qui nous habite, j'ai désigné les bactéries, les virus, levures et microorganismes qui existent à des milliards d'exemplaires dans la nature ,dans le regne animal et végétal et dans notre propre corps.Savez vous par exemple qu'on estime à un poids de 2 kilos, l'ensemble des microorganismes, 1 à 1.5 milliards d'individus, qui vivent bien au chaud dans le corps humain. Nous en hébergeons en nombre dix fois plus que le nombre de nos propres cellules!
On les trouve en majorité dans cinq régions de prédilections du corps humains,la bouche, la peau,le nez,le système digestif et le systéme urogénital. Et la plus grande partie d'entre elles y exécutent des fonctions qui sont indispensables à notre propre vie. Elles participent à la dégradation des protéines,assurent toutes sortes de fermentations, prennent en charge les taches ménagères les moins ragoutantes et se battent contre nos envahisseurs. Autant dire que nous ne pourrions pas vivre sans elles.
Pourtant certaines d'entre elles peuvent avoir une action néfaste pour nous. Certaines sont carrément toxiques et un déséquilibre entre tel ou tel type de microorganismes peut séparer l'état de bonne santé de celui de malade!
Les américains viennent de lancer un programme de recherche très étendu, appelé le "Human Microbiome project", HMP, dont le but est de mieux connaître cette flore interne et externe en essayant d'établir justement le microbiome d'un patient en bonne santé par rapport à celui d'un malade.L'outil de prédilection de nos jours, surpout pour des bactéries qui sont des organismes relativement simples, c'est de commencer par établir leur génome.Pour un millier d'entre elles, les plus courantes, tout de même!
Aprés cette mise en jambe, les chercheurs vont essayer d'identifier qu'est ce qui sépare le microbiome du bien portant de celui du malade et donc de detecter les modifications qui accompagnent le passage d'un état à l'autre.Une tache infiniment complexe en fonction du grand nombre de combinaisons de microorganismes intervenant dans nos processus et du nombre de maladies.
L'évolution de la technique d'établissement du génome qui permet désormais de detecter les génomes de toute une population bactérienne en une seule opération va permettre de découvrir quels microorganismes vivent et dans quelle(s) partie(s) du corps humain et comment évolue cette population d'organismes dans le passage de la santé à la maladie.
En d'autres termes on va passer de l'approche de l'étude des intéractions uniques d'une bacterie ou d'un microbe à une cellule humaine à une approche collective des intéractions d'une population de mircroorganismes sur une population de cellules pour une maladie donnée.
Bonne chance à tous les chercheurs dans cet ambitieux programme. Un regret néanmoins,que ce ne soit pas la recherche européenne qui ait lancè un tel programme.Encore faudrait il, me direz vous, qu'il y ait une recherche européenne...
17 mars 2008
Crise économique:Merci Monsieur Greenspan.
La crise du subprime et de tout le système bancaire américain et international qui se traduit par une récession économique de plus en plus préoccupante est quand même le résultat de celui que l'on a considéré comme le grand phénix de la politique monétaire des Etats Unis, celui qui avait permis à l'economie américaine de tirer la croissance du monde.J'ai nommé Monsieur Alan Greenspan
Il est parti sous les honneurs et a bien voulu nous transmettre son savoir et ses mémoires dans ses oeuvres complètes qui ont été un succés de librairie. Merci pour lui ,mais avec le recul, force est de constater que c'est sa politique, parfois étonnante, de taux trés bas pour maintenir puis relancer l'économie américaine qui s'est traduit par le laxisme extrème du système bancaire américain dans sa politique de prets à risque.
Son successeur, Ben Bernanke, se débat pour boucher les trous qu'à creusé ce laxisme entre 2002 et 2006. Malheureusement, il en est réduit ....à faire la même chose, c'est à dire à abaisser les taux pour lui aussi relancer la machine économique à grand coup de baisse des taux et de mise à disponibilité de liquidités.Peut être en paierons nous le prix plus tard mais quand on coule a t on d'autre choix que de mettre les chaloupes à la mer?
Autre responsables de cette catastrophe financière, les poêtes de la mathématique de haut niveau qui nons ont pondus les fameux produits dérivés et les adeptes des LBO, ces prises de controle de société, parfois très grosses, en en payant directement 10pct et en en empruntant 90 pct.La dernière victime en est le fonds européen(!!) Carlyle Capital Corp, pourtant investi dans de l'immobilier américain "solide" mais qui vient d'etre tué par l'importance de l'effet de levier choisi pour le financer. Ironie de la chose, la solidité de cet immobilier a fait que les banques, qui étaient ses clientes, ont préfére mettre le fonds en faillite pour récupérer ce qui pouvait encore l'être!
A l'étage au dessus de cet immense gachis, on trouve le régulateur de toute cette industrie, les pouvoirs publics qui sont censés édicter les règles de fonctionnement de ce marché et de ses acteurs. C'est ainsi que Monsieur Henry Paulson,le secrétaire au trésor américain annonce des modifications drastiques du cadre légal dans lequel opérait tout ce beau monde, banques, agence de notation, investisseurs, Banque Centrale, Securities and Exchange Commission ).En d'autres termes l'autorité de régulation au fil des ans s'est fait chapoter par les banques et organismes financiers pour leur accorder toujours plus de liberté au lieu de les controler et les encadrer pour le plus grand profit du petit porteur. Il est vrai que comme Monsieur Paulson lui même, ce sont des banquiers que l'on choisit pour ces postes.
En Europe et même si nous avons partiellement échappé à la catastrophe pour l'instant, nous ne sommes pas plus brillant sur l'encadrement des opérations des banques et opérations financières. C'est ainsi que l'accord Bale 2 qui définit la couverture en capital des risques qu'elle prennent ou les nouvelles normes comptables sont, si j'ai bien compris, plus laxistes que celles qui les ont précédées!
Et quand comme Monsieur Trichet, on est plutôt strict et longtermiste, on tire à vue sur vous tous les jours. Car au dessus on trouve nos hommes politiques de tous poils qui, eux, ont besoin de santé économique à tout prix, même risqué pour...être réélus bien sur.Pensez vous que si Monsieur Bush n'avait pas eu la necessité de présenter un bon bilan économique pour sa seconde candidature à la Présidence, son administration et la Fed, en principe indépendante pourtant, aurait pris ce genre de risque sur le long terme au profit d'une activité economique forte sur le court terme?
Peut être la solution serait elle dans la limitation à un seul mandat des mandats électifs importants, dont celui de Président, et l'impossibilité pour les responsables de la régulation de ces métiers de pouvoir aller y pantoufler?
NB L'école française de mathématique en particulier celle de Polytechnique et de Dauphine réunies étaient l'écoil ede mointe dans les métiers de la finance des produits dérivés. Encore heureux qu'ils soient allées exercer leur talents aux Etats Unis.