J'avais eu l'occasion dans ces colonnes de m'étonner, sur le plan purement pratique, que l'on puisse envisager de mettre en place un CV anonyme pour donner leur chance d'un premier entretien aux jeunes issus de l'immigration.La determination et l'entêtement de notre Président ont eu raison de ces modestes préoccupations pratiques.

Il faudra  néanmoins toujours que l'on m'explique comment une candidature spontanée à une entreprise, transmise sans nom et sans adresse, pourra se matérialiser un jour par une réponse et un entretien. Mystère? Il semble que dans l'esprit de notre Président, une entreprise ne puisse recruter qu'en s'addressant à l'ANPE pour un poste donné qui organisera avec elle des entretiens d'embauche sur une base anonyme. C'est sans doute possible mais c'est sans tenir compte de la réputation de l'ANPE dans les entreprises et c'est limité aux embauches d'ouvriers ou d'employés.Car au delà, nos entreprises aiment bien voir leurs candidats à l'embauche, effectuer elles mêmes le processus de recrutement en direct et choisir le meilleur.

Les campagnes de la Halde et de diverses ONG à l'aide d'auto testing ont certes montré qu'il fallait réussir à franchir cette première barrière pour laquelle un nom arabisant ou africain est un repoussoir et que le CV anonyme permettait de le faire, dans la limite de la difficulté pratique mentionnée ci dessus. Mais même les entreprises qui ont mis en place le CV anonyme n'ont pas vu pour autant le pourcentage d'embauches d'employés étrangers ou à nom étranger grimper dramatiquement, comme s'il restait une différence, peut être culturelle ou linguistique, qui restait un handicap pour le fils d'étranger.

C'est d'ailleurs cette différence culturelle et expressionnelle qui avait amené le lycée Henri IV à mettre en place des classes de remise à niveau culturelle avant de pourvoir intégrer la "vrai " classe préparatoire aux Grandes Ecoles.

Par ailleurs , seules les grandes entreprises du CAC 40, françaises de surcroit, qui disposent d'une Direction des Ressources Humaines et ont des obligations "citoyennes" ont la possibilité de pratiquer un tel système qui se traduit pour elles par un surcroit d'entretiens à effectuer.

Le vrai problème me parait personnellement être une combinaison d'un certain refus du management moyen à la diversité que l'on peut traiter par de la formation et de la sensibilisation de cette couche de managers, et de cette barrière invisible, culturelle et expressionnelle, pour laquelle l'Education Nationale devrait peut se mobiliser.

Sinon on pourra toujours en arriver au système des quotas comme notre Président vient de l'annoncer pour les classes préparatoires, mais je crains que le remède ne soit dommeagable à notre industrie et n'en devienne inégalitaire pour les "français de souche".