CaDerange

Réactions à l'actualité politique et sociétale de manière dérangeante.Une forme de pensèe alternative.Des suggestions au grand public , au monde politique et médiatique....

19 décembre 2008

Les Français et l'Economie...

Canalblog0142Les Français, c'est bien connu, ne sont pas particulièrement intéressés par l'économie. La faute à 50 ans de socialo communisme qui a inculqué aux Français le mépris de l'entrepreneur, la méfiance envers l'entreprise, et le souhait ardent de voir ses enfants devenir fonctionnaire.Rajoutez la dessus un enseignement beaucoup plus social et à charge contre l'entreprise et vous comprendrez qu'il est difficile à notre peuple d'adhérer à une économie de marché que pourtant Mitterand nous a,en principe, vendu en même temps que Maastricht. C'est ainsi.

Une enquète récente qui posait 27 questions simples sur les entreprises a donné comme résultat que nous étions nettement en dessous de la moyenne en ce qui concerne notre connaissance des rouages de l'économie. En voici ci contre un exemple qui donne une idée de notre niveau de connaissance collectif dans ce domaine.

Dans les choses graves, citons le fait que 32 pct des Francais confondent Chiffre d'affaire et bénéfices. Un erreur que vous pouvez d'ailleurs constater régulièrement dans les commentaires de vos présentateurs télé préférés.en particulier quand ils parlent de prix de ventes,( toujours excessifs mais pourquoi?), ou de marges qu'il assimilent à la différence entre le prix d'achat et prix de vente, en oubliant frais de transport/livraisons, TVA, couts des commerciaux et du personnel et retour sur l'investissement.Autre méconnaissance assez consternante, celle du cout réel pour l'entreprise d'un salarié une fois payées toutes les charges sociales qui est le double de salaire net versé à l'employé.

Globalement le sondage attribue une note finale aux réponses des 1000 personnes sondées. Elle  atteint péniblement 6 sur 20. Pas brillant donc. L'ennuyeux, c'est  que ces réponses erronées convergent toutes pour contribuer à donner aux français  l'image fortement négative de l'entreprise qu'ils en ont.Bien sur, il y a des dirigeants d''entreprises, en France comme ailleurs, qui se livrent à des malversations et ont des méthodes douteuses, mais ils ne sont qu'une minorité  par rapport à la multitude d'entreprises dont les dirigeants se battent tous les jours pour développer leurs affaires et faire vivre leurs salariés 

Quant à nos hommes politiques qui, en principe, sont censés défendre voire promouvoir l'entreprise et l'économie de marché, ils semblent ne pas en savoir bien plus que le français moyen sur le fonctionnement de l'économie et de l'entreprise.Quelques exemple: Le commentaire sur la proposition, déplacée j'en conviens, sur la proposition de detaxation des pertes boursières. les millions de français qui investissent en bourse directement ou via des sicav ou par leurs caisses de retraites et fond d'entreprises ont été qualifés à cette occasion de "boursicoteurs". Sympathiques pour des acteurs essentiels de l'économie!

Autre exemple, la demande d'interdiction des licenciements chère à Madame Royal et reprise par le nouveau porte parole du PS Bernard Hamon. Principe de base de cette interdiction, le "patron" licencie par plaisir, pas parce que sa société est en difficulté et pour en donner plus à ses actionnaires. Si on suivait ces recommendations, ce que ni Mitterrand ni Jospin n'ont jamais soutenu, vous verriez les dites sociétés, incapables de réduire leurs effectifs dans des périodes difficiles, s'écrouler quasi immédiatement.C'est pourtant le mot d'ordre du porte parole du PS  et député européen.

Autre exemple le sempiternel amalgame entre le groupe, qui fait des bénéfices, et l'usine locale, qui est déficitaire, et les revendications des politiques locaux ou nationaux et des syndicats de ne pas restructurer l'usine locale. Ils sous entendent que c'est aux branches profitables de l'entreprise, en France ou à l'étranger, et à leurs salariés de soutenir l'usine déficitaire et ses salariés. C'est le cas tous les ans de Total dont les bénéfices sont fait dans l'exploration/production, partout dans le monde par des salariés étrangers alors que la branche française, qui raffine et distribue seulement les carburants, a toutes les peines du monde à équilibrer son exploitation. Tous les hommes politiques qui, tous les ans,crient haro sur Total savent parfaitement ce qu'il en est. Ils jouent de la meconnaissance de l'économie des français et se doivent, démocratie oblige, de paraitre défendre leurs électeurs locaux ou nationaux dans ces circonstances.

Quant au fait que la notion de prix de revient et celle de la compétitivité de nos produits qui lui est lié, soit totalement ignorée des politiques, des syndicats et des Français alors que leurs homologues allemands en sont parfaitement conscient et ont fait les efforts nécessaires depuis quelques années pour justement redresser la compétitivité de l'industrie allemande, qu'en dire? Simplement il ne sera pas possible de redresser l'économie française et de relancer nos exportations sans un jour admettre ce fait économique et s'attaquer au problème.

Enfin il faudrait que nous sachions collectivement que toute la fonction publique dont je reconnais volontiers la grande utilité et compétence constitue un cout sans revenus en face pour la collectivité qui doit être payé sous forme d'impots par les sociétés, par les contribuables dans leurs impots sur leurs revenus et par les consommateurs sous forme de TVA ou de TIPP.Elle participe donc de la compétitivité globale des produits de l'industrie française et que toute différence, négative, entre le coût de notre administration et de celles de nos concurrents, l'Allemagne par exemple, affecte celle de nos produits à l'exportation.

Dernier mot sur le relance par la consommation. Dans les années 50/70 où les produits que nous achetions étaient majoritairement d'origine française, une relance par les salaires et la consommation se traduisait par une relance de l'industrie française. Aujourd'hui où nos achats proviennnent désormais majoritairement de l'extérieur de France, en Europe ou hors d'Europe, toute relance des salaires bénéficierait préférentiellement aux autres pays européens ou à l'industrie chinoise. Nos journalistes devraient peut être quand même le savoir!

Espérons qu'un jour on pourra enseigner ces notions de base dans l'enseignement secondaire...

Posté par CaDerange à 07:10 - Social - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ignorance ou ...politique de l'autruche

Une chose est remarquable, également : dans l'idée de nombreuses personnes, l'Etat peut tout, doit tout faire ... l'Etat providence doit augmenter le nombre de fonctionnaires, d'enseignants ( alors que le nombre d'élèves diminue), augmenter les subventions, soutiens et aides de toutes sortes, sauver les entreprises en péril etc... etc... Dans le même temps, l'Etat doit réduire les taxes, les impôtes etc... Je note,toujours avec étonnement, que pour ces personnes, l'Etat semble être une entité totalement abstraite dont les ressources, puisées je ne sais où, seraient inépuisables ... Les mêmes qui ralent parce qu'ils paient trop d'impôts demandent toujours plus de dépenses de l'Etat, semblant ne pas voir que l'Etat, c'est ...eux !
Ainsi en va t-il de nombreux parents d'élèves qui, en ce moment même, soutiennent leurs rejetons dont la revendication, dans la rue, n'est autre que "plus d'enseignants", donc plus d'argent !

Posté par Gerboise, 20 décembre 2008 à 00:29

Comme je vous rejoins sur toute cette analyse ! Non seulement les hommes politiques de gauche profitent de cette ignorance pour asséner les pires âneries à but électoral, mais les hommes politiques de droite, apeurés qu'ils sont de passer pour des "horribles ultra-libéraux" ne tentent pas de contredire cette ignorance crasse.
Rappelons-nous le débat sur la TVA sociale de l'entre-deux tours des législatives. On a même entendu des syndicalistes affirmer que la hausse e la TVA était un cadeau aux entreprises parce qu'elles déduisent la TVA. Cet olibrius ne sait donc pas qu'elles récupèrent la TVA sur leurs achats mais payent le différentiel sur leurs ventes ?
Prenons l'exemple de toutes ces taxes qu'on veut faire payer aux entreprises sans même s'imaginer qu'une entreprise est bien contrainte de les répercuter sur son prix de vente, car elles déterminent le prix de revient...
Quand un pays a autant de mépris pour le capitalisme, une aussi mauvaise connaissance de la réalité de l'entreprise, et si peu conscience de la réalité du monde économique, il y a peu d'espoir de voir notre sort s'améliorer.

Posté par Z, 20 décembre 2008 à 15:06

Le pompon reste à mon goût la hausse du salaire minimum. "On" va augmenter le salaire minumum... "On" ? Les politiciens ? Ah ah !

Le populisme est maladif en France. Il y en a bien sûr ailleurs, mais chez nous, il n'y a aucune alternative "populaire". :(

Posté par Xavier, 21 décembre 2008 à 05:08

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