Voter en aveugle,c'est la manière dont, en France, on approuve les progammes ou les idées des uns et des autres. Ainsi en a t il été du Grenelle de l'environnement qui s'est ensuite transformé en loi dont on s'inquiète de mesurer maintenant l'impact économique. Alors que partout ailleurs dans le secteur industriel et économique, on n'approuve jamais un programme ou un investissement quelconque sans en connaitre le cout exact et le retour sur l'investissement, pour l'Etat et nos députés, il en est tout autrement. On vote d'abord, puis on voit ce que ça coute, et enfin s'il n'y a plus de sous dans la caisse pour financer, on cherche de nouveaux moyens de financement qui, comme par hasard, vont tomber sur la tête du contribuable ou du consommateur.

Ainsi en a t il étécanalblog0130 de la transcription dans les faits des engagements du Grenelle de l'environnement dont on vient de voir apparaitre les premiers chiffres des sommes que les français auront à débourser pour les financer.Il y en aura ainsi pour 440 milliards d'euros sur 11 ans, l'équivalent d'un doublement du déficit annuel du budget de l'Etat sur la période

Ainsi, l'engagement d'améliorer la rénovation des batiments anciens, les batiments publics et ceux du logement social  du point de vue de leur isolation et de leur  chauffage, est il estimé devoir couter sur la période 2009/2020 environ 192 milliards d'euros. Celui de développer les énergies renouvelables 115 milliards d'euros et celui des infrastrutures de transport  97 milliards d'euros.Je passe sur les programmes plus modestes qui bouclent le cout global pour les 35 milliards restant sur la biodiversité et l'amélioration de l'habitat neuf.

Pour le volet batiment,sur les 30 millions de logements existants, il est prévu d'en rénover 800 000 en 4 ans jusqu'en 2012 puis de passer au rythme de 400 000 par ans ce qui nous amènerait à fin 2020 à 3.6 millions de logements renovés soit 12 pct du Parc. L'objectif étant de diminuer la consommation énergétique de ce parc de 38pct,je en vois pas bien comment nous arriverons à une telle diminution,. mais passons.Rajoutons les 120 millions de M2 des établissements publics et on arrive à 61 milliards d'économie d'énergie.

Qui paiera? Pour les travaux dans les établissements publics on fera appel à des PPP, partenariat public/privé. En d'autres termes, le privé paiera les investissements moyennant un loyer que paieront... nos enfants sur les trente ans à venir. Merci les PPP.Pour les logements privés ce seront ...les propriétaires et souvent habitants qui paieront, moyennant des prêts à Zero pct. Se laisseront ils faire ou auront il suffisamment d'argent pour pouvoir le faire? L'avenir le dira.Pour les propriétaires bailleurs, ils devraient logiquement augmenter les loyers pour récupérer leur mise auprès des bénéficiaires, leurs locataires. L'Etat le leur laissera t il faire? Rien n'est moins sur et si c'est bien le cas, il n'y aura pas d'économie d'énergie ni de travaux. Comme vous voyez ce n'est pas gagné d'avance !

Pour les infrastructures de transport (5000km de lignes TGV nouvelles,le programme de rénovation de lignes et 1500km de transport en commun nouveau, qui paiera? Mystère. Le vrai bénéfice se ferait via une moindre consommation de carburant dans les embouteillages, de moindre dépenses de santé ( compensée par une plus grande espérance de vie, je suppose) et la réduction de la pollution locale. Bref, des avantages qui risquent de demeurer virtuels ou dont on n'identifiera pas les bénéficiaires et donc les payeurs.Peut être sera t on obliger de faire payer le vrai prix du réseau ferré dans les billets de train et dans ce cas, un comble, on risque de relancer l'aérien. Avantage bien réels néanmoins, les 80 000 emplois pour effectuer ces travaux.

Quant au financement de la biodiversité, de la politique de développement de l'agriculture bio ou de la réduction des risques chimiques, bien malin qui pourra en certifer les chiffres et en identifier les bénéficiaires pour payer pour leur financement.

Globalement il semble en ressortir que le bénéfice majeur de ces lourds investissements se retrouveraient sous forme d'emplois supplémentaires,535 000 parait il. Personne par contre ne semble avoir évalué les pertes d'emplois liées au Grenelle. Il est vrai qu'il est difficile pour l'administration, quand on lui demande de justifier difficilement des dépenses supplémentaires, de revenir avec des pertes d'emplois qui risquent de venir compenser les créations! Pourtant,la chasse à l'industrie automobile et au transport individuel se traduiront inévitablement,par exemple, par des pertes d'emplois. Ou encore la mise enn place de le directive Reach sur les produits chimiques se traduira à terme par des délocalisation vers les pays qui ns s'y seront pas soumis.Ou la vente des quotas d'emissions de CO2 comme souhaite le faire l'Europe va peu à peu chasser d'Europe les industries lourdes.

Les politiques de l'environnement vont certes créer des emplois,- difficiles à quantifier comme nous venons de voir-, mais elles vont en même temps en supprimer d'autres. Si nous sommes optimistes et voyons le verre à demi plein, nous parlerons de l'émergence d'une "Green Economy" qui assurera notre développement futur. Si nous sommes pessimistes et voyons ce verre à moitié vide, c'est la récession que nous verrons se profiler sur le long terme et le transfert de l'industrie "réelle" qui a fait la fortune des pays développés depuis plus d'un siècle vers des pays moins regardants, ou peu pressés de nous imiter dans ce domaine.

Nul doute que Monsieur Borloo, Madame Kosiusko-Morizet ou Monsieur Sarkozy y ont longuement réfléchis