Vous savez que le gouvernement a inventé et mise en place depuis un an la RGPP, Revue Générale des Politiques publiques, pour essayer tout de même de réduire ses dépenses de fonctionnement. De même, il a essayé de meux gérer son patrimoine immobilier en centralisant sur l'administration des Domaines les cessions d'immeubles, la location ou l'achat d'immeubles nouveaux et fonctionnels et en édictant des règles et des standards nouveaux valables pour toutes les administrations.

Ainsi la norme de surface de bureau par employé a t elle été fixée à 12 M2 comme dans l'industrie privée et le produit de la vente d'un immeuble occupé par un ministère a t elle été prévue être reversée au ministère occupant à 65 pct, 15pct devant être affecté au désendettement de l'Etat et les 20pct restant devant constituer une réserve mutualisée.

Tout ceci pourrait avoir un certain impact sur le budget de l'Etat si... c'était respecté. Car notre Etat, grand inventeur de règles devant l'éternel, est aussi celui qui est le premier à ne pas les respecter. Pour la bonne raison que tous ses employés, du ministre au planton, apprécient les statuts et les avantages de la République et considèrent que les lois et règlements sont fait pour les autres car eux mêmes, bien sur " le valent bien".

L'Assemblée Nationale essaye tous les ans de vérifier l'appropriation par les ministres, ministères et leurs employés de ces nouvelles règles et de ces nouveaux standards avec en général pour constatation que Ministres et Ministères se moquent comme d'une guigne de ces efforts de gestion. Le rapport 2008 du député Yves Deniaud est encore plus consternant que d'habitude.

Il s'est apercu par exemple que la règle des 12 m2 est contournée en permanence. Les calculs, quand calcul il y a, sont approximatifs, contradictoires et non normalisés. Le Ministère de la Justice a ainsi inventé le concept de "surface utile balayable", celui des Finances de "surface utile brute éclairée", avec le même résultat, s'attribuer par ces stratagèmes des M2 supplémentaires au delà de la norme.Les élements chiffrés sont variables d'un interlocuteur à l'autre et hautement fantaisistes.Et pas que d'un peu, de 8466 M2 à 17400 M2 dans le batiment du Ministère de la Justice ex siège de Canal + ou de 36 M2 par employé du pôle financier du TGI de Paris.

Même gabégie pour les loyers où l'on accepte des hausses de loyers considérables sans sourciller et où l'on se loge dans les zones les plus chères de Paris.Personne bien sur ne se pose la question de la nécessité de pouvoir, pour un Ministre, disposer de la totalité de son personnel dans le même immeuble qui lui même à 140 ou 160 euros du M2! Pour avoir travaillé dans un laboratoire de R&D de province d'une multinationale qui disposait d'une microéquipe de 4 personnes au siège social, je pretend qu'il n'est nul besoin d'entasser sur Paris (intramuros SVP) autant de personnel et que l'on pourrait disposer en province, dans des locaux bien moins chers, de la majorité des personnels de beaucoup de Ministères sans que la représentation du dit Ministère auprés du Premier Ministre ou du Président en souffre en quoi que ce soit. 

Cette tentation existe également dans le privé mais elle est maitrisée en permanence par la concurrence qui vous impose de rogner tous les ans sur vos dépenses pour rester compétitifs. Et quand on met en place la messagerie électronique ou les vidéoconférence, c'est immédiatement pour supprimer les secrétaires ou rogner sur le voyages. Rien de tel dans les structures de l'Etat où la pratique courante  est ,tous les ans, d'augmenter les budgets d'un peu plus que l'inflation alors que les techniques nouvelles devraient faire baisser les couts et les effectifs de 2 à 3 pct tous les ans.

Quant aux reversements du produit des ventes aux Domaines, nul ne s'en préoccupe vraiment. La vente pour 400 millions d'euros du Centre de Conférences Internationales de l'avenue Kleber et l'acquisition en remplacement de l'ancien immeuble de l'Imprimérie Nationale s'est faite sans intervention des Domaines. De même le Ministère de la Défense se considère comme exempté de la règle des 65 pct et conserve à 100 cpt les produits de ses ventes, une manière d'augmenter discrètement son budget.

Enfin à l'échelon ministériel, ce sont les postes de conseiller de ceci ou de celà qui n'arrètent pas de flamber, en commençant par l'Elysée. Il existe pourtant une règle qui est de  20 conseillers maximum par Ministre et de 4 par secrétaire d'Etat. Parmi les mauvais elèves de cette année, Roselyne Bachelot, notre Ministre de la Santé,qui a vu ses effectifs de conseillers grimper de 25 à 36 personnes ou Michel Barnier qui est passé de 22 à 27, ou encore Jean Louis Borloo avec 27 conseillers. Les pires sont les secrétaires d'Etat qui se sont autoattribué entre 6 et 18 conseillers.Encore plus qu'au stade des administrations, tous ces ministres considérent "qu'ils valent bien" d'être entouré  de tous ces conseillers

Au total, bon an mal an, un gouvernement normalement constitué tourne avec de 550 à 750 conseillers. Je ne connais pas le salaire de ces conseillers mais suis sur que globalement, le budget que cela représente doit être tout à fait considérable.

J'avais dit une fois que ce qui manquait à l'Etat, c'était un DRH investi des pouvoirs de gestion de tous les personnels. Je persiste et je signe.

Bref ce n'est pas encore demain la veille que l'état d'esprit de nos gouvernants évoluera vers un strict controle des ressources et des dépenses....