Il y a quelques semaines se tenait à Brest la 2ème conférence internationale sur les énergies marines renouvelables organisée par l'Ifremer et EDF, bien qu'on ne puisse pas dire qu'EDF ait été très en pointe sur le sujet depuis l'usine marémotrice de la Rance.

Il y a différentes techniques pour tirer de la mer et de ses mouvements de l'énergie. C'est même d'ailleurs le problème car en l'occurrence, abondance de biens peut nuire.On peut effectivement récupérer l'énergie des vagues ou Energie houlomotrice qui a pris une certaine avance sur les autres possibilités de récupération ou bien récupérer celles des courants marins en y immergeant des hydroliennes, l'équivalent des éoliennes pour de l'eau au lieu de l'air, ou encore essayer d'exploiter les différences de température entre l'eau de surface et l'eau profonde ou enfin comme cela avait été le cas  dans l'usine marémotrice de la Rance récupérer la force des marées.

Pour revenir à l'abondance de biens, sachez que la domestication de l'énergie des mers en est à ses balbutiements avec pas moins d'une quinzaine de projets de domestication de la force des marées dans le monde et une cinquantaine de projets de domestication de la force des vagues. Et pour chacun de ces projets des techniques différentes. Il n'est donc pas possible pour l'instant d'identifier la ou les techniques de pointe qui permettrait d'avancer vers un vrai projet industriel.On en est donc seulement au stade des démonstrateurs, des centre d'essais qui permettent d'évaluer les performances des prototypes qui y sont testés. Le plus connu est l'EMEC,European Marine Energy Center, situé au nord de l'Ecosse dans un zone de vagues très puissantes mais de ce fait utilisable de manière limitée dans le temps.A l'occasion de cette conférence, l'Ecole Centrale de Nantes associée au CNRS a annoncé la construction d'un centre d'essai de ce type au large du Croisic.

De toutes les techniques testées, la plus en avance, et de loin, est celle de la firme britannique Pelamis, qui a déjà passé le stade du demonstrateur et en est à une vrai implantation industrielle au large du Portugal comme je vous en faisais part dans mon article du 3 octobre 2008. Il s'agit d'un serpent de mer articulé de 150m de long  qui suit le mouvement de la houle et récupère l'energie par des systèmes hydrauliques dans ses articulations.Pour plus de détail je vous invite à relire cet article ou à aller sur le site de Pelamis. Son concurrent dans la récupération de l'énergie houlomotrice est basé sur un serpent en caoutchouc rempli d'eau qui essaye de récupérer l'énergie du coup de belier suscité par le mouvement de la vague dans l'eau du boudin. L'appareil a été baptisé l'Anaconda, il offre l'avantage d'être dix fois plus léger qu'un Pelamis mais son principe n'a pas été prouvé au même niveau que celui de son concurrent.Canalblog0122    

Pour la domestication des vagues ou des courants marins, le principe de base, identique à celui de l'éolienne, consiste à faire tourner des pales dans le courant marin qui elles mêmes activent un générateur. Il existe autant de dessins différents que d'inventeurs!Canalblog0123

Auitre principe par exemple celui du projet Searev ci contre dans lequel, c'est un objet flottant qui suit les mouvements de tangage des vagues et fait mouvoir un balancier dont l'energie est récupéré par un système hydraulique. L'harmonisation de la fréquence des vagues et du balancier permettrait d'atteindre un rendement de 30pct, mieux que celle d'une éolienne!Canalblog0124

En voici un troisième, celui de la société irlandaise OpenHydro, dont le concept vient d'être choisie par EDF pour installer sa première ferme hydrolienne au large de Paimpol et près de l'Ile Bréhat.Une implantation de 4 à 10 hydrolienne du type ci contre qui offrent l'avantage de se poser au fond de la mer ainsi que de pouvoir être remontées pour maintenance. Ce démonstrateur devrait avoir une capacité de 2 à 4 MW et être raccordé au réseau à partir de 2011.

Dernière technique, l'exploitation de la différence de température être l'eau de surface,25 degrés et celles des profondeurs, 4°C à 1000 mêtres de profondeur. Vous avez pu voir une émission à la télévision dans laquelle un complexe hotelier de Tahiti assurait sa climatisation en utilisant cette différence de température. De même les pétroliers étudient la possibilité de fournir l'énergie nécessaire à leurs plateformes de forage ou de production à partir de cette différence de température.

A suivre..