La crise financière nous frappe durement ainsi que la crise économique qui lui fait suite. Nos médias nous informent sur les mesures prises par nos gouvernants, l'Europe et le reste du monde pour rebatir un système financier et faire repartir l'économie, beaucoup moins sur les conséquences de cette même crise pour les autres pays du monde et en particulier les producteurs de pétrole dont souvent une part très importante de leurs revenus provient de leurs exportations énergétiques.

Or pour eux aussi la période est critique qui voit le baril de brut chuter des sommets des 140/150 dollars du baril au 60/65 du moment.Ceux de l'Opep se sont réunis la semaine dernière pour voir comment enrayer la chute et stabiliser le prix du baril à un niveau satisfaisant ( pour eux s'entend).Or chacun de ces pays a ses problèmes propres, son équilibre budgétaire, son niveau de développement économique, une population plus ou moins importante et donc des besoins qui varient très largement d'un pays producteur à l'autre.Par ailleurs du coté de la production, le niveau de production et le cout de l'extraction du brut peut varier considérablement d'un pays à l'autre. Mêmes considérations et même impact sur l'équilibre budgétaire des producteurs de gaz.

Canalblog0126Le tableau ci contre donne une valeur estimée du prix du baril de brut nécessaire et suffisant pour que les différent pays membres de l'Opep puisse équilibrer leurs budgets actuels.

Il y a donc en bas du graphique les pays "favorisés", ceux qui disposent à la fois d'une production importante, d'un cout d'extraction faible et dont les besoins sont relativement faibles soit parce que leur population est faible soit parce que leurs gestionnaires ne se sont pas laissé emporter par l'euphorie des dépenses somptuaires.On y trouve les émirats arabes unis et les pays du golfe persique, éponges à pétrole à bas cout d'extraction et à faible population.Des pays où la manne pétrolière a alimenté la constitution de fonds souverains qui récyclent ces petrodollars en rachetant nos entreprises.

Dans le milieu du tableau des pays plus peuplés mais dont l'économie est plus diversifiée et dont certains ont parfois été plus sage dans leurs dépenses. Le Nigéria qui n'est pas sur ce graphique, est riche en pétrole mais très peuplé(+ de 100 millions d'habitants).Il a eu la sagesse de baser son budget sur un baril à 59 dollars.L'Arabie Séoudite que l'on pourrait penser à l'abri de la crise n'a un point d'équilibre que de 49 dollars ppur cause de dépenses conséquentes(100pct d'accroissement des importations entre 2004 et 2007)

Et puis il y a les pays très dépendants des prix du pétrole comme l'Irak,pays peuplé dont les revenus proviennent à 90 pct du pétrole. Ou l'Iran pays très peuplé dont les dépenses sont en très forte hausse pour tenir les promesses électorales de son président Mahmoud Ahmadinejad, les infrastructures obsolètes et qui subi les freins mis par l'ONU à ses exportations. Autre cigale qui n'est pas sur ce graphique, Monsieur Hugo Chavez et le Vénézuela qui aurait besoin d'un baril à 120 dollars pour financer une politique sociale très populiste!

Les pays de l'Opep viennent de se réunir pour essayer d'enrayer la chute des cours. Un art difficile depuis des tentatives similaires à la suite de la crise asiatique en 1998 qui, hélas, n'avait pas réussi a empécher le baril de tomber aussi bas que 10 dollars le baril malgré une baisse de 10pct de la production. Lors de cette dernière réunion, l'arme pour stabiliser les cours était la même, une baisse de production.avec des durs comme l'Iran qui voulait une baisse forte et les pays du golfe qui seraient beaucoup plus raisonnables et préfèrerainet attendre l'election américaine. Quant au prix d'équilibre, on parle d'une fourchette de 70 à 90 dollars le baril...