Parmi les grands objectifs de la Présidence française de l'Union Européenne, se trouve la lutte contre le réchauffement climatique. Un objectif que l'on peut traduire, connaissant le volontarisme de notre Président, comme la transcription des lois issues du Grenelle de l'environnement dans le droit européen. Maintenant que la crise financière qui avait considérablement accaparé notre Président, semble s'éloigner dans le temps et les effets, la question de la lutte contre le réchauffement climatique au niveau européen reprend ses droits.

D'autant plus qu'est prévu se tenir à partir du 1er décembre à Poznan en Pologne la Conférence des Nations Unies sur la maîtrise des émissions de Gaz à effet de serre, GES, qui doit normalement déboucher sur le successeur du protocole de Kyoto, Kyoto II, qui doit fixer les objectifs de réduction d'émissions à remplir par le plus possible de pays dans le monde pour la période 2012/2020. Or l'Europe, qui a toujours eu un rôle moteur dans la mise en place du protocole de Kyoto souhaiterait se présenter à la conférence de Poznan avec un programme européen ambitieux et entériné par tous les pays membres

Notre Président avait trouvé un allié fort sur cet objectif dans la Commission Européenne qui a su concocter en début d'année un "paquet Climat-Energie" très ambitieux qui consiste en la règle des "Trois Fois Vingt", c'est à dire réduire de 20pct nos émissions de Gaz à Effet de Serre,faire des économies de 20 pct d'énergie et atteindre 20pct d'énergies renouvelables dans notre mix d'énergies primaires. Un programme qui va couter extrêmement cher car il va falloir financer en même temps la convertion des moyens de production d'électricité à des formes d'énergies renouvelables plus couteuses,subventionner lourdement l'amélioration de l'habitat et financer également les mutations de lelle ou telle industrie.

Tous les pays européens ne partent pas du même point de départ et pour certains, en particulier les anciens pays de l'est, l'effet peut en être dramatique. C'est le cas de la Pologne dont la production d'électricité est quasiment à 100pct à base de charbon, dont l'habitat est très peu isolé et qui donc craint de voir son prix de l'électricité être doublé alors que les dépenses de chauffage/éclairage représentent déjà 10 cpt des revenus des ménages. De ce fait on voit émerger une association d'ex pays soviétiques pour demander des concessions ou des aides des autres pays de l'Union plus riches.

Autre élement perturbateur la crise financière et économique qui fait que certains pays se pose la question de repousser dans le temps  la mise en place de ce paquet climat énergie à des périodes plus propices. D'autant que la crise économique, comme je vous en avais fait part, à un impact à la baisse sur les émissions de CO2 sans commune mesure avec les résultats prévisionnels des efforts demandés à tous par ce paquet Climat-Energie

Dernièr défaut de ce paquet Climat-Energie qui pour moi est un défaut rédhibitoire, le choix par la Commission Européenne du mode de financement de ce programme qui consiste à ce que, à partir de 2013, la Commission Européenne vende aux enchères les quotas d'émissions de CO2. Pour toutes les industrie lourdes, acier, chimie, ciment, chaux, aluminium, papier ou verre en plus de la production d'électricité, c'est quasiment une menace de mort!

Car pour des industries dans lesquelles l'énergie est déjà une part importante de leur prix de revient, si vous ajoutez le fait de devoir payer les émissions de CO2 qui proviennent fatalement de l'utilisation de cette énergie dans leurs processus de fabrication, c'est une double peine que vous leur appliquez avec un impact certain et fort sur leur prix de revient. Par rapport à des fabrications hors UE le désavantage compétitif sera terrible et il deviendra quasi impossible de se battre avec des produits fabriqués " hors taxe carbone", Asie du Sud Est( c'est un peu loin pour des produits pondereux) ou pourtour méditerranéen.

Le Ministre de l'Environnement allemand,Sigmar Gabriel, qui doit avoir une expérience industrielle plus poussée que Monsieur Borloo ou Madame Kosciusko-Morizet, ne s'y est pas trompé qui a d'ores et déjà demandé l'exemption de paiement de ces droits d'émission de CO2 pour toutes ces industries a partir de 2013. Signalons une fois de plus que le CO2 n'est pas un polluant au sens toxicité mais une émission inévitable de toute combustion, y compris celle de notre barbecue ou de notre plaque à gaz

On peut d'ailleurs se demander quel bureaucrate ignorant des activités industrielles a pu concevoir un financement aussi mortifère pour l'industrie européenne et pour l'emploi.Le risque connaissant la force de conviction de notre président et les convictions idéologiques de ses troupes c'est qu'il ne réussisse à faire passer quand même le système de financement choisi de ce paquet Climat-Energie par ailleurs souhaitable au détriment de l'emploi.

Chaude fin d'année en perspective sur le sujet à Bruxelles et à Poznan...A suivre