La Crise financière se tasse peu à peu à grand renfort de financement public.Celle de l'économie réelle que l'on nous présentait jusqu'ici comme absolument indépendante de la bulle financière, se précise à l'horizon et elle est infiniment plus redoutable.

La crise financière etait soluble dans un afflux de liquidités et une rectification des réglementations financières et comptables en cours de résolution par nos politiques, malheureusement avec beaucoup de retard par rapport au besoin d'intervention de leur part. Dans ce blog en décembre de l'année dernière, de retour d'un voyage aux Etats Unis, j'avais mentionné que la presse et le secteur financier bruissait des problèmes du subprime,des difficultés de Freddy Mac et Fanny Mae et de celle des réhausseurs de crédit. Gouverner c'est prévoir dit on, alors pourquoi a t il fallu une année pour que les politiques prennent enfin les mesures adéquates? Encore, dans cet exercice, les Etats Unis, à l'origine du fléau, n'ont il pas été particulièrement brillant pour agir.

Passons, nous en sommes maintenant à la deuxième phase de la crise, la crise de l'économie réelle. Car la disparition de milliards de dollars de biens en fumée se traduit bien évidemment par des dépenses moindres de la part des seuls qui font l'économie réelle, les consommateurs. Moins d'achat ou des achats de plus petite taille ou valeur signifie une diminution des chiffres d'affaires, des bénéfices et partant des personnels utilisés pour fabriquer ou commercialiser les dits biens.

C'est exactement ce à quoi nous assistons. Moins d'achats de biens immobiliers, c'est moins de personnel dans l'industrie du batiment, moins de ciment, moins de vitrage etc. Moins d'achat de voitures neuves ou des plus petites, c'est moins de salariés dans les usines qui les fabriquent, moins de commerciaux pour vendre les nouveaux modèles ou les nouveaux crédits, par contre plus de personnel d'entretien pour maintenir les voitures plus anciennes en l'état. Et tout est à l'avenant, c'est la spirale descendante de l'économie réelle.

Du coup nos politiques, qui sont, eux, à l'abri du tsunami, se creusent la tête pour relancer l'économie réelle. Après avoir ponctionné l'argent des salariés par de multiples taxes nouvelles pour de multiples idées de dépenses nouvelles, que faire pour amener à nouveau les clients dans les magasins, dans les concessions auto, dans les agences de voyages, bref partout où l'on peut dépenser de l'argent?

Il faut, parait il, relancer l'investissement. D'où les gros yeux faits aux banques, ces pelées, ces galeuses d'où nous vient tout le mal. On les force à accepter les prises de participation de l'Etat pour qu'elles prètent aux industries et aux PME.Ce qui doit d'ailleurs( c'est une affaire, parait il) rapporter un milliard de plus à l'Etat que vous retrouverez....dans les taux plus élevés des prêts des banques!

D'où des idées multiples emises par les députés et sénateurs.Pas moins de quatre groupes de travail ont été crées à l'Assemblée Nationale à l'initiative de Jean François Copé pour trouver des idées dans les 6 semaines.Les uns veulent revenir sur des diminution de subventions à telle ou telle activité, les autres veulent un plan industriel spécifique, un troisième veut eviter les faillites en cascades en supprimant la priorité donnée aux créanciers publics,un quatrième  veut relancer l'automobile après l'avoir sécouée avec les bonus malus, un cinquième veut faire gagner un mois sur le remboursment de la TVA patr l'Etat( tiens, c'est possible?). Bref chacun y va de son idée et s'emploie à jouer les "mouches du coche" auprés d'industriel qui souhaitent qu'on leur donne des moyens supplémentaires, certes mais qu'on les laisse travailler en paix.

Curieusement, dans toutes ces idées plus ou moins nouvelles, aucune pour reformer l'Etat de manière à ce qu'il coute moins cher aux entreprises et aux particuliers. Car tout ceci sera inévitablement financé par du déficit budgétaire supplémentaire que l'on fera payer,- plus tard-, aux industriels ou aux particuliers.La crise a ainsi ouvert un boulevard à tous eux qui voudraient bien s'abstraire de la tyrannie des 3 pct de déficit de Maastricht.

Parions que pour 2009, ce sera finalement une soixantaine de milliards de déficits que présentera l'exécution du budget. Par loin des trente pour cent de déficit par rapport aux recettes annuelles de l'Etat. Pour une fois je ne m'en plaindrais pas car les circonstances me semblent le justifier....