Si ce n'est toi, c'est donc ton frère, pourrais je dire en paraphrasant la Fontaine dans le Loup et l'Agneau.L'affaire de la caisse noire de l'UIMM a eu pour conséquence de médiatiser, un tout petit peu, la question de "comment étaient financés nos syndicats?"Canalblog0113_001

Le rapport Hadas-Lebel de 2006 avait bien noté que ces financements étaient à la fois complexes et opaques sans aller plus loin. La révélation la semaine dernière de l'existence d'un chèque de 69 000 euros de l'UIMM au syndicat CFTC à laissé apparaitre un début de confirmation d'où passait l'argent de la caisse noire UIMM.

Le tableau ci contre montre la part du financement par les cotisations de leurs adhérents du budget annuel de nos principaux syndicats tel qu'il apparaissait dans le rapport ci dessus. Dont acte. Ce qui serait intéressant par contre c'est de connaitre l'origine du financement du reste de ces budgets.

Leur participation à la gestion des organismes paritaires n'est pas gratuite. Elle est ainsi remunérée au titre de "mission d'interet général" (2 millions pour la CFTC soit 20 pct de son budget). Idem pour leur participation à la gestion des instances de protection sociale (Securité Sociale, Arrco, Agirc etc) pour lesquels les 5 syndicats majeurs se partagent 3.3 millions d'euros.Les entreprises publiques ou certaines administrations participent également par des mises à la disposition gratuite de personnel (590 équivalents plein temps à la SNCF par exemple et une partie des "enseignants qui n'exercent pas").Si vous allez voir dans les comptes détaillés de vos municipalités, vous y trouverez surement telle ou telle subvention à tel ou tel syndicat local.Autre source connu les OPCA, Organismes Paritaires Collecteurs agrées, dont la Cour des Comptes vient d'épingler l'obscurité en même temps que l'inefficacité.

Les chèques de l'UIMM dont nous voyons émerger un exemple dans le cas de la CFTC, sont probablement un autre exemple de la participation des entreprises au financement de leur contreparties syndicales.

La culture de notre pays et de ses hommes politiques considérent qu'il est nécessaire de disposer de syndicats forts et représentatifs et que le problème de la France est justement de ne pas en disposer. Il y a sans aucun doute une certaine vérité dans cette considération, encore que en tant qu'usagers des services publics, on n'a pas vaiment l'impression que nos syndicats y manquent d'influence et de pouvoir.On peut également se poser la question de savoir si la différence de l'acceptabilité publique de nos syndicats par rapport aux syndicats allemands ne provient pas davantage de leurs liens idéologiques fondamentalistes avec un communisme un peu dépassé de nos jours et de leur ignorance des ressorts de l'économie,plutot que de la difficulté de leurs adhérents à payer leurs cotisations. Mais, on peut par contre raisonnablement se poser la question du "jusqu'à quel montant".

La loi sur la représentativité syndicale d'aout 2008 qui va rebattre les cartes de l'importance des syndicats, en reconnaitre certains autres et en forcer certains à la concentration avec d'autres, a obligé les syndicats à faire controller et certifier leurs comptes,- ils seront désormais juste-, mais pas à détailler leurs sources de financement.

Le salarié comme le contribuable aurait pourtant un droit à savoir ce qu'il est fait de leur argent et peut être d'en discuter...