Les banques qui provisionnent à tout va leurs dettes "subprime"  immobilières ou encore les dettes liées à des investissements dans les acquisitions de société type LBO, ne font que provisionner une possibilité de défaillance de l'emprunteur et pas une certitude. Bien sur, le nombre de défaillances observées ces derniers temps est important et justifie cette prudence. Par ailleurs la forte baisse des prix et le marasme du marché immobilier des biens donnés en garantie amplifient les possibilités de perte pour l'emetteur. De même pour les financements d'investissements industriels.

Les émetteurs banques ou fonds peuvent décider de provisionner en conservant des créances et faisant le gros dos jusqu'à un retour hypothétique à meilleure fortune. Elles peuvent aussi vendre ces créances à l'extérieur à des clients financiers divers pour tirer un trait définitif sur leurs errances commerciales et sur leur comportement douteux. C'est ce que vient de faire Merril Lynch en décidant de provisionner et de vendre pour pas moins de 30 milliards de dollars de prêts douteux !!! Une dépréciation et une perte qui va les obliger, pour maintenir leur ratios prudentiels,- le rapport entre leurs fonds propres et leurs dettes qui est règlementée- à trouver encore des investisseurs pour 8.5 milliards de dollars pour assurer leur solvabilité minimale.

Une nettoyage de bilan comme les pouvoirs publics souhaitaient depuis longtemps pour enfin connaitre les vrais engagements financiers des banques impliquées dans le subprime. Un nettoyage de bilan préoccupant pour les autres banques américaines et étrangères qui vont être sous la pression de leurs actionnaires d'en faire de même pour enfin établir la réalité de leurs engagements financiers. Nettoyage de bilan qui risque de révéler d'autres trous d'un montant similaire et d'autres comportements commerciaux doureux chez les autres grandes banques et agiter encore le landerneau des bourses internationales.

Le coté pîle de ces dépréciations d'actifs, c'est qu'en face des dépréciations et surtout des ventes de dettes, il y a des acheteurs qui le font avec des espoirs de profit lorsque les prets concenés seront véritablement soldés. Un peu ce qui s'est produit il y a une ou deux décennies lorsque des financiers avisés ont commencé à ramasser ce qu'on appellait des " Junk Bonds", bonds pourris, sur la base du fait que les dits professionnels avisés s'étaient apercus que les défaillances des emprunteurs a priori peu solvables,n'étaient pas supérieures à ceux des emprunteurs " normalement solvables".

C'est ce qui est en train de se passer aux US avec des fonds levés par certaines grandes banques ( Goldmann Sachs) pour racheter des créances LBO ou des gourou de la finance(Blackstone) qui ont rachèté des dettes de Clear Channel pour 17.9 milliards de dollars déprécies à 85 pct de leur valeur faciale.Sans compter qu'il y a pour 500 milliards de dollars de dettes LBO qui arrivent à échéance dans les mois à venir.

Une fois de plus ceux qui ont su se garder des excès et conserver des liquidités vont être les rois du jeu dans les mois à venir. Dans les pires circonstances, il y a toujours des professionnels avisés qui savent tirer leur épingle du jeu...