On savait, lors de l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie au 1er janvier 2007 que nous accueillions là deux vilains petits canards sur le plan de la corruption, du fonctionnement de la Justice et de la Police et des droits de l'Homme. La Bulgarie en particulier était plus réputée pour son crime organisé que pour ses productions industrielles. La Commission de Bruxelles avait donc mis en place pour la Bulgarie un mécanisme de coopération et de vérification pour aider Sofia à combler ses lacunes dans ces domaines.

Sentant le vent venir, le Premier Ministre Bulgare Sergey Stanishev avait mis en garde la Commission Européenne contre la vague d'eurosepticisme qui ne manquerait pas d'affecter les populations si, d'aventure, Bruxelles lui imposait des sanctions. La situation ne devait pas être brillante du tout dans ces domaines car en dépit de cet avertissement, la Commission n'a pas hésité à bloquer 500 millions d'euros d'aide à la Bulgarie.

Il est vrai, pour donner un exemple, qu'elle s'était aperçu que le responsable d'une des agences habilités à donner des subventions  pour la construction d'infrastructures routières avait tout simplement passé commande pour des centaines de millions d'euros à... l'entreprise de son frère. De la corruption très ordinaire comme j'en ai vu en Afrique.

La commisison de coopération et de vérification dans un rapport récent, vient de constater qu'il y avait eu trop peu de résultat de la lutte contre la corruption et le crime organisé,que trop d'affaires étaient restées impunies et qu'il n'y avait pas eu de progrès concernant le gel des fonds provenant du crime organisé. Le code pénal est toujours obsolète et les services de police et de justice inefficaces dans cette lutte

La sanction qui sera très durement ressentie pour un  pays de cette taille et ce ce niveau de développement économique, bloque ainsi 116 millions d'euros d'aides au titre du fond de cohésion, 250 en retirant leur accréditation aux deux agences chargées de les distribuer pour différent travaux et investissements et 121 d'aide de préadhésion. Elle a conservé néanmoins pour l'instant à la Bulgarie, le bénéfice des milliards d'euros des fonds structurels et n'a pas pris la décision de faire appel à la clause de sauvegarde qui exclurait la Bulgarie de certaines politiques communes.

Incidemment un sondage effectué ene Bulgarie a montré que 73 pct des bulgares se méfient de leur gouvernement et même 79pct d'entre eux de leur parlement. C'est dire que le mal doit avoir des racines très profondes..

NB La Roumanie, tout en étant encore très loin des souhaits de la Commission Européenne, à échappé à de telles sanctions.Bravo pour eux.