Dans la droite ligne du Grenelle de l'environnement, la Présidence française veut imposer à l'Europe des 27 des  objectifs encore plus ambitieux que ceux qu'elle s'était imposés jusqu'à présent. Par contre elle veut aussi faire rentrer en grace le nucléaire, d'où la concordance entre la prise de présidence de Nicolas Sarkozy et l'annonce de la décision de construire un deuxième EPR en France.Sans doute au déplaisir de l'Allemagne qui, en pleine situation préélectorale (élections en mi 2009), ne voit pas nécessairement d'un bon oeil l'activisme de notre président dans ce domaine.

Il est vrai qu'il y a sans doute besoin de relancer la machine dans ce domaine.canalblog068car les statistiques montrent qu'au dela des discours il ne se passe pas garnd chose. La preuve ci contre avec la courbe d'évolution de nos émissions depuis 1990, date de référence de Kyoto, qui montre que depuis l'an 2000 nos émissions restent stables, -ce qui n'est déjà pas mal-, alors que nos engagements militaient pour une baisse déjà tangible.

Or le protocole de Kyoto se termine en 2012 et doit donner lieu à l'adoption d'un nouveau consensus aussi large que possible en Décembre 2009 à Copenhague lors de la conférence des Nations Unies qui s"y tiendra. Le compte à rebours pour arriver à tenir les délais montre qu'il faudrait arriver au niveau de l'Union Européenne à faire approuver le consensus "européen" de baisse d'émission de Gaz à Effet de Serre lors du dernier Conseil des Chefs d'Etats européens fin décembre 2008. Un challenge quasi impossible.

Impossible n'est pas français, bien sur. C'est donc le challenge que s'est fixé notre Ministre de l'environnement , Jean Louis Borloo. Mais pour compliquer les choses il a en plus remis sur le tapis un objectif qui avait été envisagé avant d'être abandonné: une diminution de nos émissions de gaz à effet de serre de 30pct d'içi 2020 par rapport à nos émissions de 2005 au lieu des 20pct admis jusqu'içi !!

Pourquoi pas 40 ou même 50 pct me direz vous?Parce que ,comme j'ai eu l'occasion de le mentionner plusieurs fois, il y a un lien automatique entre émissions de CO2 et activité économique et qu'à vouloir aller trop loin on peut arriver à une désindustrialisation de l'Europe. Vouloir reconsidérer l'objectif 2020 revient à prendre un risque sérieux de délocalisations extensives vers des pays aux ambitions plus modestes en réduction d'émissions voire pas d'ambitions du tout.L'avenir dira si nos partenaires vont accepter nos ambitions extrèmes...

Autre difficulté que cette sévérisation de nos objectifs fait ressortir. Comme sur le plan mondial, les pays peu développés comme les nouveaux pays membres de l'Europe de l'Est, font ressortir que ce sont les pays développés qui ont générés le CO2 qui est dans l'atmosphère et qu'il n'y a pas de raison que leur propre développement soit géné par des objectifs très sévères dans ce domaine. Il a dejà été admis que Bulgarie et Roumanie pouvaient bénéficer d'une relaxation des objectifs que la Commission Européenne leur avait fixé. L'annonce d'un durcissement de ces objectifs a immédiatement générés des demandes de relaxation de tous les pays faiblement développés ou de compensation monétaires. On a déjà parlé d'une cinquantaine de milliards à payer par les pays "riches" aux pays moins riches au sein de l'Europe. Monsieur Borloo doit penser que nous sommes un pays riche...

Des négociations difficiles qui ne font que commencer et qui vont se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. A suivre donc.