11 juillet 2008
Un point sur l'expérience Velib': c'est bien mais ca coute cher.
Le Velib' a connu un succès immédiat à Paris comme en avait rencontré le Velo'V, la version lyonnaise qui avait précédé le Velib et qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, le vélo de base ayant été étudié et fabriqué dans les deux cas par la société bien connu JCDecaux. Ceci dit l'intéret de ce concept n'était pas dans sa capacité à faire réélire le maire qui l'avait installé( ça a pourtant bien marché de ce point de vue!), mais residait plutôt dans sa capacité à réduire la circulation automobile pour un cout admissible. Car même si pour l'instant, c'est la publicité, toujpours elle, qui finance l'opération sur Lyon comme sur Paris et les autres villes de France, il faut que l'opérateur, Decaux ou Clear Channel, puisse en vivre pour que l'opération se prolonge dans la quasi gratuité.
Sur Paris, nous en sommes à 25 millions de locations par an,à 120 000 trajets en moyenne par jour de 22 minutes avec des pointes jusqu'à 180 000 les jours de grève et à 200 000 abonnés.
Par contre,curieusement, je n'ai jamais réussi à trouver des statistiques sur l'impact qu'avait pu avoir cette opération sur la circulation dans les centres villes.Tout le monde semble considéré comme acquis que les trajets effectués en vélo diminuent les trajets automobiles et le simple bon sens voudrait qu'effectivement ils soient pris sur un autre moyen de transport.Mais cela n'est pas si sur qu'il y parait. Car effectivement les trajets vélo peuvent venir en remplacement de la marche à pied( on fait son shopping en passant d'un site à l'autre en vélo). En quelque sorte ce sont des déplacements supplémentaires qu'apporterait la possibilité de disposer d'un vélo. Il peut également prendre des clients... aux transports publics! J'avais cru comprendre à mots couverts que sur la ville de Lyon, ça n'avait touché que très marginalement le trafic automobile dans le centre ville mais que justement ça avait fait baisser la fréquentation des transports publics! Si un lecteur à des informations plus précise sur l'effet de ce type d'opération sur les autres modes de déplacement, merci de commenter sur ce sujet.
Sur les couts viennent d'apparaitre quelques élements concernant l'opération parisienne.Sur Paris c'est une société spécialement constituée pour l'opération, Cyclocity,qui la gère et donc fournit les vélos, 16000 sur Paris dans 1300 stations pour l'instant, assure le réapprovisionnement des stations tous les jours et entretien le matériel. Le réapprovisionnement des stations est rendu nécessaire par le fait que les usagers aiment bien prendre les vélos quand le trajet est en descente mais préfèrent prendre les transports publics quand il s'agit de remonter! Pour une ville relativement plate comme Paris( sauf la zone de Montmartre) ce n'est pas un gros problème, c'est plus difficile dans une ville très accidentée et à forte pentes comme Lyon.
L'entretien est par contre une grosse charge et constitue la surprise désagréable du concept. Sur Paris, JCDecaux a enregistré quelques 3000 vols en un an soit 18 pct du parc en circulation et à peu près autant de dégradation et vandalismes divers. Globalement c'est donc 30pct du parc qui est sujet à réparation ou remplacement. Une mesure comme un autre du phénomène des incivilités! Il parait qu'on en retrouve en circulation jusqu'au Maroc ou en Roumanie.
La machine elle même a du être renforcée pour pouvoir résister à un tel usage sans précaution. Il a fallu par exemple renforcer les chaines,ou souder plus fortement les paniers pour en éviter le vol. Au point que chaque vélo vaudrait désormais 2500 euros alors que les calculs initiaux de rentabilité de système portait sur un vélo à 1000 Euros.Et les 1500 vélos à réparer dans la nuit nécessiterait un personnel important, supérieur à celui estimé initialement.
JC Decaux étant une société cotée, son Président se retranche derrière l'information financière prioritaire pour rester discret sur les chiffres d'exploitation et le retour sur un investissement de 85 millions d'euros. Tout au plus sait on que sur Lyon, JCDecaux perdrait 3 millions d'euros par an. Les incivilités risquent donc d'avoir popur résultat de devoir réajuster le programme via une contribution plus forte des mairies ou en jouant sur la variable d'ajustement restante, le tarif au client.Nul doute que les mairies( qui encaissent des bénéfices pour l'instant,30 millions pour Paris) ne laisseront pas faire facilement pour mettre la main à la poche et resteront très vigilantes sur les révisions de tarifs à la hausse. Il faudra pourtant bien trouver une solution....
A suivre.
Une grève qui passe inaperçue, celles des ports!
Notre Président s'est laissé aller à une petite phrase provocatrice qui lui a valu l'ire des syndicats et des partis de gauche rélayée par les médias.
Il est pourtant une grève dont on ne vous parle pas et donc qu'on peut considérer comme passant inaperçue et qui pourtant affecte sérieusement l'économie française. C'est celle des dockers dans les ports de France, initiée par la CGT contre la loi nouvelle d'organisation de la manutention portuaire qui vient d'être votée par nos élus.
Pendant tout le mois de Juin, les ports de France ont vécu en pointillé, perturbé qu'ils ont été par les grévistes dockers et portiqueurs, menés par la CGT dont ce combat est l'alter ego de celui mené et perdu il y a 20 ans dans le domaine du livre, autre profession dans laquelle il faut avoir sa carte de la CGT pour pouvoir être embauché! Il était donc prévisible que la réforme des ports serait une lutte à mort avec la CGT.
Blocage de l'accés aux terminaux conteneurs,arrêt de l'activité sur les terminaux vrac,attente des navires au large. Toutes les activités,pétrole, conteneurs, céréales, minerais, même la réparation navale ont été touchées tour à tour à l'exception des activités passagers qui ne font pas appel à des personnels des ports.La loi a finalement été votée mais la CGT fait le forcing maintenant sur les décrets d'application en essayant de faire appliquer la loi au port par port.
Où est l'intérêt de l'industrie portuaire et des enfants de dockers actuels? Une perte de part de marché en Europe sur beaucoup des classes de marchandises et surtout sur le marché qui monte celui du transport des conteneurs où nous sommes les derniers d'Europe. Pourquoi débarquer vos conteneurs au Havre ou à Marseille plutôt qu'a Anvers, Rotterdam, Barcelone ou Gènes et prendre le risque des grèves perlées et de l'absence de continuité du fret vers l'hinterland avec une SNCF fret dont on connait le manque de fiabilité et de performance?
Du jamais vu, on a même vu les patrons marseillais excédés manifester et haranguer les passants sur la base du mot d'ordre " Le Port de Marseille ne doit pas mourir. Oui à la réforme" !!
Notez au passage la grande variété de nos jours des mouvements de grève. Ce peut être des mouvements traditionnels de salariés contre leurs patrons ou contre l'Etat, mais désormais des mouvements de patrons contre l'état ou les syndicats( Routiers ou Ports). Etonnant.
Notons que la tendance dans le transport maritime est à la constitution de mega "hub" comme on dit dans le secteur voisin du transport aérien, avec des ports d'éclatement des énormes bateaux d'aujourd'hui équipés d'un grand nombre de portiques monumentaux et des bateaux plus petits ou des transports ferroviaires ou routiers pour acheminer les marchandises vers le consommateur final. C'est ainsi que Malte accueille plus de trafic de conteneurs que Marseille et le Havre réuni et que le port de Tanger qui se construit sera le port d'éclatement de l'entrée de la Méditerranée.Sans compter que la rapidité de chargement/déchargement de ces gigantesques bateaux est infiniment plus rapide dans ces mega hubs qu'à Marseille ou au Havre
Alors que cherchent on à faire? Rester compétitifs en s'équipant avec ceux qui le peuvent, les sociétés privés, et en devenant plus productifs, ou bien ne rien changer, conserver statut d'état et avantages et ne pas laisser de job à nos enfants?