Il se tenait à Madrid ces dernières semaines le Congrès Mondial du Pétrole qui réunit régulièrement les intervenants de cette profession pour faire le point sur ses évolutions techniques, sur les difficultés rencontrées et sur les perspectives d'avenir de cette industrie. Une bonne occaiuon donc d'en savoir un peu plus sur les perspectives d'évolution de la producion pétrolière.

C'est l'AIE, Agence Internationale de l'Energie, qui s'y livrait à cet exercice de prospective difficile. Une revanche peut être après le monumental loupé de prévision de leur part de la crise actuelle. Car comme je vous l'avais signalé, l'AIE voyait la production mondiale de pétrole être capable d'atteindre les 110 à 130 millions de barils /jours là où le PDG de Total exprimait ses réserves de ne pouvoir aller au dela de 100 millions!canalblog064

L'AIE a donc du réviser ses chiffres et voila ci contre ce que ça donne.On constate tout d'abord que depuis 5 ans l'accroissement de la demande est au dessus de celle des capacités de production ce qui explique la situation actuelle très tendue de l'offre par rapport à la demande et infirme le rôle de bouc émissaire attribué aux "spéculateurs" par les politiciens. Cet excédent de la demande sur l'offre a tout simplement consommé le léger excédent de capacité de production(1 à 3 millions de barils jours) qui existait traditionnellement dans l'industrie.

Si on se projette vers l'avenir, l''AIE voit d'ici fin 2009 un relatif équilibre s'établir entre une offre qui bénéficiera de quelques acroissements de capacité de l'ordre de 1.5 à 2.5 milliards de barils/jours supplémentaires  et une demande dont elle pense qu'elle va s'effriter quelque peu avec la forte hausse des prix que nous subissons. Un équilibre qui apparait néanmoins très fragile et sujet à crises au rythme des incidents techniques ou sociaux. A partir de 2009/2010, Soeur Anne AIE ne voit rien venir de plus en terme de capacité supplémentaires. La faute aux retards de mise en production de gisements nouveaux dont l'expérience récente montre qu'elles sont repoussées fatalement d'une annéee ou deux en plus du doublement des couts que l'on observe pour des installations toujours plus gigantesques, à plus grande profondeur et plus sophistiquées techniquement.

Les chiffres de l'AIE résulte d'un examen détaillé par famille de producteurs(OPEP/NonOPEP) et par gisements.Le seul déclin normal des gisements existants fait ,baisser la production au rythme de 3.5 milliards de barils/jours. Il faut donc pour pouvoir suivre la demande, pouvoir chaque année rajouter de 6 à 8 milliards de barils/jour de production supplémentaire.

Un espoir cependant. L'arrivée en production à partir de 2013 de quelques mégagisements comme ceux de Kashagan au Kazakhstan, de Topi en, Brésil récemment découvert et même pas encore confirmé ou ceux de Sakhaline.

C'est dire que la situation n'est pas prèt de s'améliorer et donc les prix de baisser d'içi 5 à 7 ans. Au dela je ne vois pas grandes raisons de penser non plus que cela va aller en s'améliorant. Alors, il faudra faire flèche de tout bois à la base de gaz encore largement disponible, de biomasse, d'éoliennes et de photovoltaïques, d'économies et surtout de nucléaire, quoiqu'en disent les écologistes, si nous voulons maintenir un mode de vie simplement identique à celui d'aujourd'hui....