05 mai 2008
Société de Confiance et réactivité contre Société de défiance et morosité
Nous sommes à l'heure où en France la confiance des ménages, telle qu'exprimée par les sondages, est durablement en berne. J'entends en même temps à la radio les résultats d'un sondage du même type aux Etats Unis qui donne des résultats étonnants pour nous, c'est à dire positifs. 89 pct des américains croient en effet que la crise n'est pas aussi grave qu'on veut bien nous le dire et qu'elle sera de courte durée ! Et d'ailleurs il y a des élements objectifs qui vont dans ce sens comme le retournement des chiffres du chomage qui commence à diminuer à nouveau ou la croissance de l'économie déjà acquise pour 2008 qui est dejà supérieur, à 1.1 pct, aux chiffres pessimistes pour l'année récemment annoncés par le FMI( une influence Strauss Kahn, peut être?).
Et le commentateur, journaliste français mais vivant aux Etats Unis, de faire le commentaire que les Etats Unis sont une société de confiance, dans l'avenir, dans leurs institutions, dans leurs dirigeants politiques ou économiques. Contrairement à l'Europe et surtout l'Europe du Sud qui est une société de défiance dans...tout. Peur de l'avenir,attitude critique vis à vis du pouvoir politique et encore plus vis à vis des dirigeants économiques et de l'entreprises.L'attitude résultante, d'après lui, est la réactivité de l'économie américaine alors qu'en Europe l'attitude est celle du repli sur soi, de l'attente du miracle venu d'ailleurs et de la morosité générale. Et d'ajouter que le matraquage permanent et la désespérance médiatique en France contribuait par elle même à amplifier la crise.
Si je vous relaie ces commentaires, c'est que pour avoir travaillé dans une société américaine et avoir vécu dans le monde anglosaxon, c'est également quelque chose que j'ai personnellement ressenti. Un exemple, celui de l'attitude vis à vis des cadres africains dans l'Afrique Francophone, sous supervision essentiellement de cadres français, par rapport à celle de la supervision des cadres anglo saxons dans l'Afrique anglophone.Le but des dirigeants de l'Afrique anglophone était d'identifier et de mettre en place des dirigeants africains.Avec un certaine naïvété, pensions nous dans la partie francophone dont "ils" reviendront quand il se seront fait voler. La confiance d'un coté contre la défiance de l'autre. Le résultat a été qu'ils se sont fait voler, mais pas plus que dans l'Afrique francophone, et qu'ils ont fait émerger un management africain valable. L'avenir dira qui avait vraiment raison mais le soucis omniprésent dans la culture française de ce " j'avais raison" toujours orienté vers le passé, n'existe pas dans le management anglosaxon.Un "j'avais raison" qui offre une forte consanguinité avec les délices de l'identification du coupable de tout ou n'importe quel évènement.
Il est vai que quand vous écoutez les médias français il est difficile d'être optimiste! Tout est toujours négatif, chaque nouvelle négative est montée en épingle et chaque nouvelle positive est considérée comme normale et quasiment ignorée. Une attitude alimentée par le système économique régissant les médias et qui veut que les désastres se vendent infiniment mieux que les bonnes nouvelles. Une attitude liée également au biais permanent gauchisant de nos médias,- dont 90 pct des journalistes au sortir de l'école de journalisme se déclarent de gauche-, qui participent de la lutte politique droite/gauche beaucoup plus que du commentaire objectif sur les évènements et en particulier les évènements économiques.
Vous me direz cet article est lui même déprimant en nous identifiant justement collectivement comme des gens systématiquement négatifs et peu capable de réagir aux circonstances présentes alors que, finalement,notre économie se comporte plutôt positivement. Et il est vrai qu'économiquement nos entreprises sont parfaitement dans le coup et se développent avec succès partout dans le monde. Tout se passe en effet comme si nous étions schisophréniques avec d'un coté un monde médiatique très noir reflétant les luttes et les problèmes sociaux, l'omniprésence des problèmes de la fonction publique et la bataille politicienne et syndicaliste et d'un autre coté, un monde économique qui,lui, ne parle pas, qui est de plus en plus orienté vers le grand large où il engrange des succés dont on ne parle pas et dont nos journalistes et nos hommes politiques ne savent pas comment il fonctionne.
Si nous voulions retrouver ce moral qui nous manque quand même, peut être faudrait il que nos médias s'intéressent plus souvent au "vrai monde" qu'au nombril de la France...
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