Mon Mai 68 à moi.
On voir fleurir içi et là des livres des uns et des autres sur leur vécu de la période de Mai 1968, avec en premier lieu les grands leaders des évènements, je veux parler de Cohn Bendit, Alain Geismar et Jacques Sauvageot.J'étais à l'époque, pour y effectuer un début de thèse, dans un laboratoire de la faculté des Sciences de Jussieu et j'ai donc eu l'occasion de vivre cette période de l'histoire de France entre le quartier latin où je travaillais et la banlieue proche où j'avais une chambre d'étudiant.
Le professeur qui dirigeait le laboratoire était ce qu'on appellait un "mandarin", un professeur arrivé d'un certaine stature dans le milieu universitaire et qui avait rédigé un ou deux livres dans sa spécialité qui n'était en fait que des traductions en français de livre américains. Sur le plan scientifique, il n'était pas très bon, par contre il avait de grandes qualités relationnelles pour trouver des budgets à droite et à gauche.
Son laboratoire vivait donc bien sur le plan des crédits et des équipements, moins sur le plan des locaux, surpeuplés, petits et loin de toute notion de sécurité.
Au moment du déclenchement des évènements qui était une contestation du nepotisme de ces fameux mandarins, notre labo a été affecté comme les autres par la contestation du pouvoir du professeur. Plutot mollement, car le labo était subdivisé en sous sections sous la direction de Maitres de conférence ou de Maitres assistant, parfois d'un certain age, qui n'avaient rien de révolutionnaire et pensaient à leur carrière.
Quand les syndicats prire le relai pour déclencher la grève, notre professeur se trouvait à une conférence à Montpellier où il se trouva bloqué.Effrayés par les évènements et les informations sur la situation à Päris, il passa une partie de son temps au téléphone avec Maitres Assistants et Maitres de Conférence pour désamorcer la contestation de son pouvoir en promettant de partager ce pouvoir avec ...Maitre de Conférence et Maitres assistants.Pendant ce temps nous avions nos assemblées générales pour en discuter, avec le clivage entre les durs qui voulaient destituer le professeur et les mous qui pensaient que nous arriverions à faire changer d'attitude à notre "patron". Résultat des courses, quelques semaines plus tard , le professeur revint, fit des promesses face à ses étudiants et employés et tout rentra dans l'ordre sans modification significative.
A l'extérieur du labo, c'était une autre histoire.Nous allions aux assemblées générales permanentes, parfois à l'Odéon pour écouter quelques délires et nous nous sommes trouvés sur le boulevard Saint Michel entre pavés qui volaient et gaz lacrymogènes.Pour aller et venir, par contre c'était la galère. Au début de la grève générale il suffisait de faire du stop et tout le monde vous prenait dans la bonne humeur. Au fur et à mesure de la poursuite de la grève, les voitures devinrent plus rares, leur chauffeurs moins accommodants et leur humeur plus irascible. Au total, mon souvenir c'est beaucoup de marche à pied.
Sur le plan politique, c'est effectivement ce que De Gaulle à appellé la chienlit dont je me souviens. Tous les hommes politiques d'opposition qui hurlaient à la mort,un pouvoir en place inexistant et la disparition du Genéral De Gaulle. L'incertitude compléte sur la résolution de la crise et l'avenir du pays. Les syndicats appellant à la révolution et rejetant les étudiants qu'ils n'avaient jamais vraiment considérés comme étant des leurs.Même pas la reconnaissance du ventre pour ceux qui avaient déclenché ce début de révolution.Et puis il y eut Charlety, le grand meeting révolutionnaire avec Mitterrand et Mendés France prêt à prendre le pouvoir par la force.
Et puis De Gaulle rentre d'un mystérieux voyage en Allemagne.pour se ressourcer auprès du Génal Massu. Il parle à la télé avec son autorité retrouvée." Je ne partirais pas. Je dissoud l'Assemblée Nationale; et j'appelle à des élections générales". Et puis dans la foulée 1 million de personnes dans la rue pour la manifestation de soutien au Général De Gaulle sur les Champs Elysées.
La messe était dite. La grève fut levée, l'essence revint progressivement, les français repartirent en week end.Les elections furent un raz de marée pour la majorité gaulliste. Et Mitterrand repartit la queue basse et révolution manquée.
La suite, le Grenelle des augmentations de Pompîdou, Edgar Faure pour mettre en musique la libéralisation des modes de pensées et de commander. Et quelques mois plus tard, la dévaluation du franc pour compenser
C'est moins glorieux sans doute que ce que les Cohn Bendit, Geismar ou Sauvageot vos ont raconté. La vision d'un français moyen au coeur d'un maëlstrom qui depassait tout le monde mais qui eut surtout un impact sur les relations entre les humains dans l'entreprise






En revanche, au niveau sociologique, mis à part une légère détente sur la perception des mœurs, le bilan est catastrophique. Avec la nuance qui tient aux révolution ont est parti d'un constat pour agir exactement dans le sens contraire, comme si l'opposé d'une absurdité était moins absurde... On a rejeté l'autorité, voyons l'état de nos enfants de banlieue (et d'ailleurs). On a voulu faire de l'éducation où l'enfant est au centre de son apprentissage, les adolescent sont pour la plupart des imbéciles vaniteux, imbus de la place trop grande qu'on leur accorde. On a voulu se délier des carcans de la famille, et on a jamais tant connu de difficultés quant à la relation au père, aux repères familiaux. On a voulu assouplir la perception intransigeante de la règle, et finalement, on se retrouve dans un fatras inextricable fait de demi-mesures, de vague total, d'imprécision qui fait que nul ne sait s'il est du bon coôté de la barrière, et que pour deux situations similaires, deux décisions contraires peuvent-être prises, augmentant le sentiment d'injustice des concernés...
Ah oui, vraiment, une trouvaille... encore de ces illusions françaises. 1968 est comme Che Guevara ou Fidel Castro, un heros malsain.