Une étude d'un institut allemand de recherche, le Fraunhofer Institute,montre que la délocalisation n'est pas un exercice facile, qu'elle coute souvent plus cher qu'initialement prévu et qu'elle se traduit parfois par des relocalisations!

Rappellons d'abord que délocalisation et implantation industrielle sont de nature différente et font appel à des motivations différentes.L'implantation dans un autre pays, émergent en particulier, suppose l'existence d'un marché local en croissance forte en même temps que le cout de la main d'oeuvre y est inférieur à celui des pays développés. La distance des usines mères et les couts de transport ainsi que les freins aux importations dans le pays d'accueil en sont également des facteurs importants. La délocalisation pure qui, elle, est basée uniquement sur des considérations de couts de revient, est plus basique dans ses motivations et de ce fait reversible.Elle est beaucoup moins fréquente qu'on veut bien le dire.

On observe d'ailleurs souvent un mélange de ces deux motivations dans une l'implantation à l'étranger.Par contre si une délocalisation pure est reversible,une implantation qui rencontre un vrai marché ne l'est pas.Personne implanté en Chine aujourd'hui n'envisagerait sérieusement de relocaliser ses usines en Europe car le marché est là bas.

Le Fraunhofer Institute constate que dans ces délocalisations, seul le facteur cout à été pris en compte initialement. Par contre un élement comme le temps de démarrage des nouvelles usines a été très souvent gravement sous estimé par rapport aux standards allemands. La recherche de personnels et leur formation s'avèrent également souvent beaucoup plus difficile que prévu et beaucoup plus couteuse( deux fois plus !).Autre élement, le recours à une sous traitance de qualité y est le plus souvent très difficile et les industriels se rendent comptent quand ils n'en disposent plus de l'importance d'un environnement industriel et administratif( sécurité juridique en particulier) sur et performant! En d'autres termes ce n'est pas qu'une question de prix de revient salariaux.
Pour avoir moi même travaillé dans des pays à bas cout, je confirme également que ce qui rend de telles implantations finalement peu évidente à rendre compétitive est un ensemble de faiblesses liées à la faible qualité de l'éducation, à l'incertitude juridique permanente et à la corruption.Canalblog043

Malgré ces inconvénients, l'écart salarial reste l'élement clé qui justifie le maintien de ces usines de production.Or on s'aperçoit que les couts salariaux montent rapidement dans les pays émergents. l'Inde où l'informaticien a vu son cout multiplié par trois en quelques années en est un exemple. La grève des ouvriers de Dacia en Roumanie est un autre signe que, dans notre monde globalisé où l'information circule à grande vitesse,un tel avantage est très temporaire et que l'harmonisation des conditions salariales se fera beaucoup plus rapidement qu'à l'époque où le premier pays émergent, le Japon était apparu.

Les pays industrialisés se doivent de surveiller de très près cette évolution des couts comparés et il leur appartient de maitriser les leurs autant que faire ce peu.C'est ce qu'à su faire l'Allemagne, objet de cette étude, en travaillant pour diminuer ses couts. C'est ce qui apparait dans ce graphique qui montre une augmentation maitrisée de ces couts, par l'intermédiaire de la mise en place de la TVA Fiscale et par un certain retour sur le nombre d'heures travaillées.

Le FraunHofer Institute note que le pourcentage de délocalisations pures est passé, à la suite de cet effort,d'une usine sur Huit dans les années 2002/2003 à seulement Une sur Onze en 2004/2005. Au point que l'on constate que qu'une bonne vingtaine de pour cent des usines délocalisées reviennent en Allemagne dans les 5 ans qui ont suivi leur délocalisation!

Comme quoi on peut lutter conttre les délocalisations, même dans un pays de hauts salaires,mais en maitrisant années après années la dérive des couts