Hier,vous avez décidé d'aller voir l'exposition dont vous voyez les affiches dans les rues. Pour éviter de faire la queue, vous avez pris votre place sur Internet.

Vous voiçi donc à l'entrée de l'exposition devant laquelle la queue de ceux qui n'ont pas pris la précaution de commander par avance, s'allonge. Vous passez devant eux sans même les regarder et montez les escaliers pour entrer dans l'exposition. Premier obstacle à franchir, le barrage des "audioguidés" qui attendent leur appareil à la réception.

A gauche, autre barrage, le "clan des veuves",- et de quelques veufs-, qui attendent leur conférencière pour entrer dans l'exposition. Après avoir franchi le tourniquet vous voiçi enfin dans la première salle d'exposition. Pas de chance vous avez retenu pour 11hrs, l'heure de pointe dans les musées et expositions.

L'avancée piétinante et louvoyante commence parmi les audioguidés qui stagnent devant les tableaux en attendant la fin des commentaires sur le tableau qu'ils sont censés regarder. Curieusement ils semblent plus concentrés sur l'écoute du commentaire que sur la contemplation du tableau. Vous vous retrouvez bloqués derrière la conférencière dont les "veuves" boivent les paroles, coiffées de leur casque audio recouvert d'un filet protecteur, et qui vous explique longuement les intentions et le concept du peintre au moment de la création de son tableau alors que vous pensiez que l'acte de création etait quelque chose d'instinctif.

Vous vous frottez aux facheux qui visitent à marche forcée et passent devant tout le monde en pestant. Voiçi un grand père qui fait une halte pour reprendre son souffle. Vous écoutez les commentaires  plus ou moins éclairés des visiteurs qui veulent classer les oeuvres en fonction de l'appréciation personnelle qu'ils en ont. Certain(e)s préférent les tableaux dans les tons de bleus plutôt que ceux dans d'autres tons.D'autres préfèrent les portraits aux paysages ou vice versa. L'insignifiance ordinaire de nos conversations de tous les jours...

Finalement, vous arrivez au bout de l'exposition et repartez en arrière avant de sortir définitivement. Histoire de revoir ceux qui vous ont plu le plus( toujours cette manie du classement!). Ou encore pour en profiter un maximum et en avoir pour votre argent.Coup de chance, vous n'avez pas eu droit au facheux à téléphone portable!

Enfin vous décidez de partir et débouchez alors sur ...La Boutique! Ce lieu incontournable des "produits derivés" qui assure l'équilibre financier de l'exposition. Vous y trouverez reproductions, cartes postales,affiches de la manifestation, revues,livres d'art et DVD de l'exposition et des précédentes, bijoux etc. Une vitrine de ...cannes en provenance de la Corrèze et de chapeau de pailles fabriqués à Caussade, Tarn et Garonne. Le tout brillamment colorés et présentés pour maximiser les ventes. Et c'est ainsi que vous finissez par quitter votre exposition.

Vous avez noté que je n'ai jamais mentionné le nom de l'exposition qui m'a suggéré cet article. C'est parce que cette petite description sans prétention etait valable pour quasiment toutes les expositions. Un indice,néanmoins, pour que vous puissiez la découvrir si vous vouliez vous amuser à le faire. On y vendait aussi des cravates...en bois.