J'avais eu l'occasion de m'indigner que le Premier Ministre Britannique Tony Blair ait pris la décision fin 2006 d'arréter l'enquète en cours par le Serious Fraud Office, SFO, ou en français, Bureau des Fraudes Critiques,sur le contrat dit du siècle qui portait sur la vente à l'Arabie Saoudite par la BAE, British Aerospace, d'avions de combat et d'armement pour un montant de 43 milliards de livres( 60 milliards d'Euros)

Le dit contrat avait fait l'objet de rumeurs sur le versement au prince Bandar Bin Sultan, membre de la famille royale saoudienne, d'une commission d'un Milliards de livres. Le SFO avait alors ouvert une enquète que Tony Blair avait arrété fin 2006 en invoquant des risques vitaux d'ordre terroristes pour le pays si, je suppose, les investigations du SFO découvrait un lien entre ce versement et le financement du terrorisme islamique.

Deux assosiations, le Corner House (lutte contre la corruption) et CAAT, Campaign Against Arm Trade,lutte contre le commerce des armes, avaient alors attaqué la décision du Premier Ministre d'interrompre les recherches devant la Haute Cour de justice de Londres. Elément important du dossier, la BAE, dans la même période pendant laquelle le SFO se livrait à des investigations actives sur ce dossier, venait de signer un contrat pour livrer 72 avions Eurofighter à l'Arabie Saoudite. Il était donc possible que le soudain intéret du Premier Misnistre pour arréter les investigations soit plus lié à des intérets purement mercantiles qu'à la crainte d'une action terroriste.

La Haute Cour de Londres qui a consacré des explications très détaillées à son jugement, s'est par contre beaucoup plus appuyé sur le principe de l'indépendance absolue de la justice pour commenter son jugement que sur des soupçons eventuels sur les raisons de la décision du Premier Ministre."Personne, a t elle rappellée,que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du Royaume Uni, n'est en droit d'interférer avec le cours de notre Justice. C'est l'incapacité du gouvernement à garder en tête ce principe essentiel qui justifie l'intervention de cette Cour".

Une grande claque pour l'ex Premier Ministre, certes. Entre temps, néanmoins, le contrat final sur les 72 Eurofighters a été signé et confirmé et vraisemblablement livré et payé, Tony Blair a quitté le 10 Downing Street  et nous ne saurons probablement jamais à qui ce milliards de livres a profité.