On se demande franchement parfois s'il y a des ministres ou des hauts fonctionnaires qui ont un minimum d'esprit critique et de responsabilité dans notre gouvernement.Je pense bien sur à celui ou ceux qui ont pris la décision de supprimer la Carte Familles Nombreuses qui permettait aux familles nombreuses de pouvoir voyager par le train à prix réduits.

La nouvelle a été annonçé par le Président ( !!!) dans le cadre de l'annonce des 7 milliards d'économies budgétaire résultant de la RGPP, la révision générale des politiques publiques.C'est à priori le CMPP, Conseil de Modernisation des Politiques Publiques, présidée, si mes souvenirs sont bons, par le Secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant qui aurait entériné la décision. Ensuite ce sont le Secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau et la Secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Modiano, fraichement nommée, qui en ont annoncé conjointement la suppression.

Laquelle de ces personnes, y compris le Président, a pris cette décision, je ne sais. Il ne fallait pas être grand clerc, pourtant, pour deviner qu'un telle suppression allait susciter une tempète médiatique. Que quelles que soient les explications sur son remplacement potentiel par une carte "commerciale" de la SNCF, personne ne serait vraiment convaincu qu'un engagement de la SNCF valait celui de l'Etat. Et qu'une politique commerciale avait la même valeur que la politique familiale de la nation, une prérogative régalienne de l'Etat.

Sur le fond, on comprend bien que la SNCF, pour la première année, commence à faire des bénéfices importants et que par contre l'Etat est en semi faillite. Mais si la SNCF gagne enfin de l'argent c'est bien parce que l'Etat a pris en charge en temps voulu son considérable endettement. Entre la SNCF et son actionnaire à 100pct, il n'était pas difficile de trouver un "jeu d'écriture" pour que d'un coté l'Etat continue d'assumer son rôle régalien et que la SNCF reprenne en charge une partie(infime) des intérêts de sa dette.

Le mal est fait. Il est désagréable de constater que parmi tous les énarques, hauts fonctionnaires, élus et hommes ou femmes politiques qui nous dirigent, il n'y en ait pas eu un seul qui n'ait tiré à temps le signal d'alarme. Que serait ce si le pays avait vraiment à faire face à des situations critiques...

Depuis il a bien fallu trouver le jeu d'écriture dont je parlais.