Nicolas Sarkozy a éprouvé le besoin de nous présenter publiquement la derniere création de son gouvernement la RGPP, ou Révision Générale des Politiques Publiques, et les effets que nous pouvons en attendre sur la réduction des dépenses de l'Etat.

La réforme n'est pas vaiment nouvelle puisqu'elle avait été initiée, me semble t il, par Thierry Bretton et Jean François Copé alors aux Finances. Elle consiste à revoir en détail le fonctionnement d'un grand nombre de processus de notre administration pour en detecter les dysfonctionnements, petits ou gros, et les corriger. C'est ce qu'on appellerait dans l'industrie l'optimisation des méthodes. La différence, c'est qu'alors que dans l'industrie, c'est une activité à part entière et un soucis permanent d'amélioration de la productivité, dans l'administration il semblait que l'on n'ait rien fait de tel depuis des décennies. C'est beau de vivre dans un monde sans concurrence!

Ceci dit c'était une très bonne idée de lancer une telle étude qui a mobilisé des ressources importantes en interne( 200 auditeurs) et en externe (attention c'est vous qui payez les participants de tous ces prestigieux cabinets d'audit) et qui s'est traduit pendant 8 mois par des comités hebdomadaires sous la direction de Claude Guéant pour en entériner les résultats.

Nicolas Sarkozy vient donc de présenter les 150 décisions qu'il a prise à la suite de cet effort important et qui devait se traduire par des économies de....seulement 8 milliards d'économies de fonctionnement par an d'içi ...2011.J'avoue être un peu déçu de la modicité des économies annonçées.La montagne semble avoir accouchée d'une souris.Comme notre déficit budégtaire annuel est de 45 milliards d'euros depuis 25 ans, ce n'est pas cette RGPP qui permettra de tenir notre promesse d'équilibrer dépenses et recettes pour ...2012.

On fait pourtant allusion en parlant de la RGPP à la fameuse méthode utilisée par le gouvernement Canadien en 1996 quand il fut confronté à exactement le même problème, 20 ans de déficits récurrent de leur budget et un endettement comparable au notre à 67pct du Produit Intérieur Brut du pays qui absorbait comme en France les recettes de l'Impot sur le revenu pour en payer les intérets. Je vous invite à relire mes articles du 18 décembre 2005 et du 27 mars 2006 sur ce sujet et vous comprendrez très vite que les deux programmes n'ont abolument rien de comparable.

Il s'est agi en effet de revoir de manière critique les missions de chaque ministère,sur la base de 6 critères communs:l'intéret public du progamme considéré, l'efficacité de ce programme ou service,le fait qu'il entrait ou non dans les fonctions régaliennes de l'Etat, la capacité des contribuables à le payer, et l'existence de services privés alternatifs.L'objectif n'était pas de diminuer les dépenses d'un ou deux pour cent mais carrément de 20pct soit le montant de notre déficit annuel constant.Le résultat fut une diminution du budget canadien de 17 à 11 pct du produit intérieur brut, une diminution du nombre de fonctionnaires de 23pct et un budget excédentaire depuis 1997. Comme dans les pays nordiques....

A titre personnel les ministres canadiens durent faire un effort significatif sur leur niveau de vie officiel et le premier Ministre fut même surnommé le Premier Ministre Chevrolet du nom de la marque de sa voiture officielle. Chez nous, Nicolas Sarkozy vient de se faire construire une Renault Vel Satis spéciale équipée de tous les moyens audovisuels modernes et Madame Rachida Dati porte, ma foi, de très joli robes de couturier.

Les Français viennent de le confirmer dans un sondage récent. Ils veulent des diminutions importantes de dépenses publiques. Seront ils entendu?

Je suis persuadé que, vu l'ampleur du problème, nous n'échapperons pas à une revue critique des missions que s'arroge l'Etat. Monsieur Sarkozy a cru qu'il suffirait de décréter une croissance en hausse de 1pct supplémentaire pour que la gigantesque machine des élus et de leurs administrations puisse continuer à vivre sur le même pied qu'auparavant. Quelle faute de jugement!  C'est au contraire en rendant l'Etat compétitif et peu couteux que l'on améliorera la compétitivité de nos entreprises et de nos produits et que le machine économique repartira. Mais ne nous leurrons pas, il y en a bien pour 5 ans d'efforts et pas au rythme d'un RGPP étalé sur 3/4 ans!