Alitalia, la compagnie aérienne italienne en difficulté permanente depuis des décennies vit des heures critiques qui pourrait se terminer par le dépot de bilan à court terme.Une des raisons de cette descente aux enfers réside dans les sureffectifs qui la caractérise depuis des années et qu'aucun gouvernement italien n'a jamais réussi à régler.Il est vrai qu'Alitalia bénéficie(!!) de pas moins de 9 syndicats qui ont chacun leurs amis politiques et que ce fractionnement syndicalo politique est jugé responsable de la débacle du transporteur

Le gouvernement italien de Romano Prodi, sentant la situation de la compagnie nationale s'aggraver, a eu le courage de lancer un appel d'offre pour privatiser Alitalia. Infructueux dans un premier temps, il a fini par attirer dans sa seconde mouture une proposition d'Air France/KLM, déjà actionnaire très minoritaire et partenaire d'Alitalia au sein de son alliance de compagnies aérienne, Sky Team.Prudente néanmoins, connaissant bien le climat syndical au sein d'Alitalia, notre compagnie nationale subordonna sa proposition à l'accord des syndicats italiens !! Il est vrai que le projet de reorganisation proposé par Air France /KLM  passait par l'abandon de la desserte de l'aéroport de Milan Malpensa et par des restrictions d'effectifs très importantes certes mais qui se bornait à remettre Alitalia à parité avec ses concurrents.

Malgré des concessions faites par Jean-Cyril Spinetta, la proposition d'Air France/KLM a été finalement rejeté par le syndicats et Air France/KLM a déclaré retirer son offre.Le president d'Alitalia,Maurzio Prato, a aussitot démissionné, Romano Prodi a repris son baton de pèlerin pour convaincre Air France/KLM de poursuivre néanmoins les discussions et le Ministre des Finances,Tommaso Padoa Schioppa, ne voit d'autre porte de sortie qu'un dépot de bilan à très court terme. Seul trublion dans ce débat public, Silvio Berlusconi en campagne électorale pour reprendre la direction du pays fait allusion régulièrement à une proposition purement nationale dont personne ne voit la matérialisation se préciser à court terme.

Les syndicats sentent qu'ils sont allés trop loin pour certains d"entre eux et le personnel devenu très inquiet commence à peser lourdement sur eux.

Même si on assistait à un retournement brutal de ces syndicats, il n'est pas certain qu'Air France/KLM revienne à la table des discussions. Car, dans le cadre de la mise en place de l'accord Ciel Ouvert Air France/KLM n'a plus besoin des accés aux aéroports et des créneaux aériens que lui apporterait Alitalia. Alors ce n'est peut être pas la peine de se batrre pour les restes d'une société ingérable...C'est en tous cas ce que semblent en penser les actionnaires d'Air France/KLM qui ont salué l'abandon des discussions par une hausse conséquente du titre.

Comme le dit l'ex Président d'Alitalia Maurizio Prato:"Cette entreprise est maudite. seule un exorciste peut la sauver"...