25 mars 2008
Reseaux électriques: RWE et Enel après E.ON
Dans mon dernier message sur la séparation des activités de distribution et de production d'électricté du 3 mars 2008, j'avais suggéré que ces réseaux soient regroupés dans une seule société européenne appartenant au 27 pays membres de l'Union Européenne. L'idée ne devait pas être si mauvaise que cela car c'est au tour du numero 2 allemand de l'electricité, RWE, de reprendre l'idée à son compte. Son Pdg , Jurgen Grossman, vient en effet d'indiquer son intention de créer une société européenne de distribution d'électricité lors d'un interview dans l'hebdomadaire Der Spiegel.
Plutot que de se voir contraint par la Commission de Bruxelles de vendre son réseau, RWE souhaiterait prendre les devants en regroupant les réseaux de lignes haute tension des groupes français, allemands belges et hollandais dans une seule société de distribution européenne dans laquelle RWE detiendrait une participation majoritaire ou tout au moins significative.Il aurait déjà écrit aux autorités compétentes pour leur faire cette proposition. La même idée que j'avais exprimé, à ceci près que dans ma proposition, c'etaient les Etats Européens qui en gardaient le controle et non une société privée avec les aléas que cela comportent.
Dans le même temps, c'est l'italien Enel qui vient de s'endetter pour racheter l'électricien espagnol Endesa qui, pour diminuer cet endettement, a annoncé son intention de se défaire également de tout ou partie de son réseau de distribution.
Deux grosses pierres dans le jardin d'EDF et du gouvernement français qui se bat bec et ongle contre la Commission de Bruxelles pour maintenir son modèle d'exploitation intégré production/distribution.Comment tenir bon sur l'aspect essentiel de la sécurité de la distribution d'électricité de ce modèle quand pas moins de trois des concurrents d'EDF sont près, eux, à se séparer de leur reseau? La seule logique à opposer à ce lachage en rase campagne de la position française consisterait à faire appel à l'obligation régalienne pour les états de fournir en tous temps et en tous lieux aux citoyens européens un accès à l'électricité. Pourquoi l'Etat français ne le fait il pas? Sans doute parce qu'il est, hélas, totalement à court d'argent pour un tel projet.
A suivre...
Europe:EIle est toujours derrière...derrière..
C'est le refrain qui me vient à la tête au sujet de l'Europe quand je vois qu'elle se lance dans de nouveaux programmes de recherche sur des sujets qui sont déjà couramment à la disposition de grand public.
Je vous avais signalé à ce sujet dans un message du 30 décembre 2005 l'ambitieux programme Galileo pour créer une alternative européenne au GPS américain dont le financement continue à poser problème, preuve, s'il en était besoin,que l'affaire sur le plan commercial ne doit pas être bien brillante.
En, voici une autre du même tonneau avec le lancement du moteur de recherche Quaero( du latin chercher) auquel Bruxelles vient de donner son aval et 99 millions d'euros de subventions à vos frais. L'idée est, parait il, de notre ex Président Jacques Chirac et a 4ans d'existence, c'est à dire déjà de retard. Un concurrent futur( s'il en arrive jusque là) de Google, le moteur de recherche bien connu qui détient 62 pct du marché américain devant ceux de Yahoo(une vingtaine de pour cent) et de Microsoft( une dizaine de pour cent).Je ne connais pas les chiffres dans le monde ou encore en Europe mais ils ne doivent pas être très différents.
Dans un monde non exclusivement administratif et politique, on aurait fait une étude de marché, étudié les dépenses globales,les espoirs de part de marché et de bénéfices annuels sur une dizaine d'années et calculé le retour sur investissement. Je doute que notre ex Président se soit lui même ou ait fait calculer de tels élements pour ce projet. Par contre un signe inquiétant sur sa rentabilité réside dans le désengagement, parmi les partenaires initiaux, des partenaires industriels allemands qui ont préféré poursuivre leur propre programme, Théseus. Il reste donc dans ce projet,son leader, le français Thomson qui bat de l'aile par ailleurs,un autre français, créateur du moteur de recherche Exalead, qui doit voir sans nul doute un interêt à l'améliorer à pas cher,des laboratoires de recherche publics dont les allemands de l'Université de Karlsruhe et de l'Université RWTH d'Aix la Chapelle et des utilisateurs futurs.
Au total il en coutera 200 millions d'Euros dont 99 millions de fonds publics et 100 de fonds privés.300 personnes et 24 partenaires y travailleront pendant 5 ans avec l'ambition, non pas de concurrencer Google,mais de développer des " briques technologiques", nous dit on, pour des applications liées à l'indexation et la recherche des données multimédias.Voila qui fait saliver l'investisseur forçé que vous êtes en tant que contribuable.
Peut être y a t il quand même un potentiel mais j'en doute quelque peu en constatant qu'aucun retour sur investissement n'a été rendu public et qu'il a fallu 4 ans pour monter un tel projet. Pense t on que dans les 9 ans qui sépareront l'idée initiale et la mise sur le marché de Quaero, Google se sera croisé les bras en regardant les européens travailler? Réussir das ces conditions là où les Apple, Yahoo et Microsoft ont échoué me semble personnellement une gageure.
Je suis tout à fait pour qu'il y ait une recherche européenne forte et entreprenante. Il ne me semble pas néanmoins que faire du moi aussi ( me to) dix ans après les autres soit un gage de succés. Alors pourquoi ne pas chercher des vrais idées nouvelles et y travailler 5 ans avant tout le monde? Pour le reste, il ne manque pas de piste de besoins insatisfaits où cet argent serait mieux employé...