C'est ce que viens de révéler la Cour des Comptes dans un rapport sur la "Création de la Banque Postale et ses deux premières années de fonctionnement".

J'avais eu l'occasion moi même dans un message du 5 novembre 2005 de vous signaler que les motivations derrière la création de la Banque Postale résidait dans le souhait de trouver des ressources nouvelles pour financer le réseau de La Poste et satisfaire ainsi les souhaits de nos élus de voir maintenu jusque dans les villages les plus reculés, le bureau de Poste.L 'activité de la Poste et du courrier postal est en effet constitué d'un pôle à gros débit et concentré sur les agglomérations, le courrier d'entreprise et d'un pôle à débit faible, et implantation très disséminée, celui du courrier des particuliers. Le premier, qui représente 80 pct de l'activité, nécessite de gros investissements dans des centres de tri automatisés, gagne de l'argent mais peut être facilement concurrencé par de nouveaux intervenants. Le second , qui ne représente que 20pct de l'activité, coute très cher car il nécessite de multiples bureaux de poste sur tout le territoire.

D'ou la nécessité d'adjoindre à ce réseau une autre activité plus rémunératrice, celle de la Banque Postale en l'occurence, qui allait étoffer ses services financiers autour du fameux livret A. Ce qui fut fait, à la satisfaction des élus qui sauvait ainsi leur bureau de poste local, devenu le symbole de la "preservation du tissue économique en milieu rural".Ah bon il me semblait que les agriculteurs avaient découvert Internet depuis bien longtemps; A mon humble avis, pour avoir vecu dans un petit village normand sans bureau de poste mais doté par contre d'un bistrot/épicerie qui malheureusement ferma boutique durant la période où j'y residais, on peut se passer beaucoup plus facilement d'un bureau de poste que d'un bistrot/épicerie!

Le rapport de la Cour des Comptes constate que le poids des couts des 12 000 bureaux du réseau de la Poste est un boulet pour la Banque Postale qui ne peut de ce fait être compétitive. D'autant plus que les couts de location des locaux et des personnels ont été quasiment imposé par la Poste à la Banque Postale lors de sa création et se montent, à 3.2 milliards d'euros, à environ 80 pct de ses frais d'exploitation! Le reflet exact du rapport de force entre une société mère et sa filiale de distribution que redoute la Commission de Bruxelles dans le cas des réseaux de distribution énergétiques. La Banque Postale paye donc un maximum pour locaux et personnels ce qui la plombe vis à vis de ses concurrents privés.

Encore bénéficie t elle des 1.2 pct de rémunération de la collecte du livret A que le rapport Camdessus trouve exhorbitants et suggère de ramener à 0.4 pct, le taux que, d'après lui, un tel service est payé dans le sytème bancaire international.Un excédent que je vous signalais dans mon message du 5/11/2005 être prélévé sur ....le financement des HLM!

La suggestion de la Cour des Comptes est de "resserrer le réseau" .Il renvoie le problème de la réduction des surcouts des charges d'exploitation à l'ensemble Poste/Banque Postale puisque les deux sociétés opérent en symbiose.Le modèle d'équilibre financier est fragile et elle suggère de trouver un partenaire privé auquel la Banque Postale pourrait s'adosser!

En conclusion elle remet en exergue le problème qui etait déjà évident lors de la création de la Banque Postale. Doit elle être considérée comme une Banque Normale vivant dans un environnement compétitif ou doit on considérer qu'elle occupe une fonction de "guichet social". Et si oui qui doit payer? Comme vous savez il n'y en a que trois possible, le client, le contribuable ou le personnel.

Je prends le pari que ce rapport restera lettre morte tant que l'on poura tenir la rémunération du livret A à 1.2 pct. Ensuite, on augmentera le prix du timbre tout en diminuant discrétement et très progressivement les bureaux de poste ruraux...