CaDerange

Réactions à l'actualité politique et sociétale de manière dérangeante.Une forme de pensèe alternative.Des suggestions au grand public , au monde politique et médiatique....

03 mars 2008

Captage/Séquestration du CO2: Très très couteux...

Comme vous avez pu vous en rendre compte dans mon message du 1er mars, pour être acceptable écologiquement, l'utilisation du charbon pour produire de l'électricité passe obligatoirement par des dépollutions de différents types:la désulfuration pour éliminer le SO2, gaz sulfureux, produit à partir du soufre contenu dans le charbon lors de sa combustion,la dénitrification pour éliminer les oxydes d'azote(NOx) et le dépoussiérage pour enlever les poussières de charbon dans les fumées. Tout ceci coute cher mais fait appel à des techniques connues et maitrisées.

Ce qui ne l'est pas par contre, c'est la captation du CO2, gaz carbonique résultant de la combustion du charbon et présent là aussi dans les fumées. Et une fois capté, sa séquestration sous terre.Les techniques utilisables pour réaliser la séparation du CO2 des fumées émises consistent soit à une postcombustion qui effectue cette séparation après la combustion dans l'air du charbon ou en une précombustion qui consiste à réaliser cette combustion à l'oxygène pur ce qui a pour avantage, en supprimant l'azote de l'air, d'accroitre considérablement la teneur en CO2 dans les fumées et donc de réduire le coût de la captation du CO2.

Or lors des journées Panorama 2008 de l'Institut Français du pétrole( www.ifp.fr ),on ne peut pas dire que l'avancement des travaux des scientifiques sur ce problème de la captation du CO2 suivi de sa séquestration dans des reservoirs souterrains ne nous a pas impressionné.Le programme européen CASTOR qui teste in situ dans la centrale d'Ejberg au Danemark la post combustion et qui doit se terminer fin 2008 ne semble pas avoir identifié, ce qui était son but, des moyens de diviser le cout de ce captage par 2 pour le ramener aux alentours de 20 dollars la tonne de CO2 évitée.

EDF qui exploite un parc de centrales dites "à flamme" pour prendre en charge les pics de demande, juge que le charbon est un combustible attractif pour de nouvelles centrales de pointe car compétitif dans la tranche d'utilisation des installations de 3000 à 5000hrs/an, facile à stocker,et raisonnablement souple d'utilisation. Par contre il faut passer à des centrales dites supercritiques pour que le rendement devienne acceptable aux alentours de 45 pct contre 38 pct pour les centrales à charbon actuelles. Ce sont d'ailleurs des centrales de ce type qui sont en cours d'installation en Chine.

Le captage du CO2 le plus abouti serait la précombustion, mais d'après eux la technique n'est pas au point pour l'instant et coute les yeux de la tête. Le cout d'un centrale supercritique de 1000MW est de 1 milliards pour la centrale sans captage et double à 2 milliards pour une centrale équipe d'un captage de CO2.Quant au rendement global de l'installation, du fait de l'énergie nécessaire pour regénérer le solvant de dissolution du CO2 et pour faire fonctionner le processus de captage, il baisse en gros de 45 à 35 pct! Un quart du charbon utilisé sert donc uniquement à capter le CO2 émis.

Quant à la séquestration du CO2,elle en est encore aux balbutiements avec des couts mal identifiés pour l'instant qui viendront s'ajouter aux 40 euros de cout de captation de la tonne de CO2. Notons que la tonne de CO2 achetée sur le marché vaut actuellement 25 €/Tonne. Le calendrier de la Commission de Bruxelles pour l'introduction du Captage/Séquestration du CO2 en Europe est que toutes les installations nouvelles soient "capture ready" ou "prêtes à la mise en place de la capture" en 2010, que les techniques retenues pour les deux opérations soient disponibles vers 2015 et qu'elles soient introduites sous forme d'obligation en 2020.

Apparemment,nous en sommes encore très loin.

Posté par CaDerange à 07:47 - Energie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Séparation Production/distribution: E.ON retourne la situation

Les Ministres de l'Energie des pays membres de l'Union Européenne se réunissait cette semaine pour discuter des propositions de la Commission de Bruxelles pour permettre une concurrence "non biaisée" comme il est dit dans le mini traité entre les opérateurs européens dans le domaine de l'energie, en particulier l'electricité et le gaz.Canalblog009

La position  de la Commissaire de la Concurrence, Neelie Kroes, est qu'il faut absolument séparer la production  d'électricité ou de gaz et sa distribution, c'est à dire le transport d'électricité par le reseau haute et moyenne tension ou de gaz par le reseau de gazoduc.C'est une situation qui existe depuis longtemps dans de nombreux pays européens alors qu'en France et en Allemagne ce sont les sociétés de production qui possédaient également le réseau de distribution. En France une seule, EDF ou GDF puisque nous étions en situation de monopole, en Allemagne plusieurs opérateurs régionaux(RWE, EnBW, E.ON et Vattenfall) puisque la fourniture d'électricité y était régionalisée.

Deux conceptions qui s'affrontent celle de l'intégration de la production au client final contre celle de producteurs et de distributeurs séparés. Le tableau ci contre donne les positions des uns et des autres parmi les 27 pays membres vis à vis des deux possibilités considéres par Bruxelles, la séparation patrimoniale totale entre actrivités de distribution et de production, ou le transport du courant ou du gaz  par un opérateur totalement indépendant du/des producteurs. La France et l'Allemagne défendent farouchement le statu quo existant chez eux, l'intégration totale de l'exploitation entre producteur et transporteur qui ,d'après leurs gouvernements, est la situation qui offre la fiabilité maximale d'exploitation du réseau de distribution.

Notons qu'en France un premier pas a été fait dans le sens de la séparation Réseau/Production par la création de RTE, Reseaux de Transport d'Electricité( ou RTG, Réseaux de Transport de Gaz, pour le gaz) mais dans la limite où RTE et RTG sont des filiales à 100pct de EDF et GDF et où le personnel d'exploitation des réseaux est à 100pct employé par EDF ou GDF.L'impact de la proposition de séparation patrimoniale de la Commission de Bruxelles reviendrait à restreindre l'activité d'EDF et GDF à la production d'électricité ou de gaz et voir RTE/RTG appartenir à l'Etat et être exploité soit par du personnel RTE/RTG ou par un exploitant autre en sous traitance de RTE/RTG. Ce qui sur le plan social veut dire transférer le personnel actuel, sur la base de l'article L 122/12 du code du travail, de EDF/GDF au nouvel exploitant des réseaux.Canalblog008

La réunion des Ministres de l'Energie de jeudi a été, disons le, un fiasco avec en fin de discussion une proposition qui autorisait le maintien de la propriété des réseaux par les producteurs mais avec des clauses de séparation des pouvoirs entre producteurs et distributeurs extrèmement sévères pour que les producteurs en place ne profitent pas de l'avantage d'exploiter les réseaux pour freiner la concurrence. Un peu comme France Télécom l'a fait dans le domaine du téléphone. 23 pays membres sont en faveur de cette proposition et quatre y demeurent farouchement opposés dont la France et l'Allemagne.Suite de cette bataille de titans à la prochaine réunion et en principe fin avant le mois de juin.

Dans ce climat déjà très tendu, coup de tonnerre le jour même de la réunion des Ministres de l'Energie. L'electricien allemand E.ON qui est sous le coup de deux enquètes de la part de la commission pour comportement anticoncurrentiel qui pourrait se traduire par des amendes salées qui pourrait atteindre jusqu'à 5 milliards dEuros (!!) a proposé à la Commission de Bruxelles de vendre son réseau de transport et de distribution d'électricité à un opérateur sans lien avec l'industrie énergétique. Est ce pour préempter ces amendes ou pour recueillir des fonds pour financer son dévéloppement,nous ne le saurons probablement jamais.

Au moment même ou l'Allemagne, - et la France-, font campagne pour convaincre que l'intégration production/réseaux est essentielle pour prévenir des sous investissements dans les infrastructures,et des difficultés d'approvisionnement, voila un coup terrible porté à la crédibilité de cette argumentation. Les allemands RWE et EnBW maintiennent cette position mais le dernier électricien allemand , la filiale allemande du suédois Vattenfall,est elle prête à discuter de "shemas alternatifs de propriété".

Voila qui va rendre la position franco-allemande de plus en plus difficile à tenir. Nul doute que les syndicats d'EDF et de GDF suivent de très prés cette négociation. Ils ne pourront reprocher au gouvernement de ne pas avoir défendu la paix sociale, qui est la vrai raison de la position de nos hommes politiques.

En tant qu'Européen, vous savez ce qui me paraitrait la solution la plus adapté pour résoudre le problème?Une société européenne appartenant aux 27 pays membres et possédant la totalité des réseaux de transport de gaz ou d'électricité sur le territoire de l'Union Européenne et qui en sous traiterait l'exploitation, sous sa direction, à une ou plusieurs sociétés privées.Ceci permettrait aux états, dans, pour la,première fois, une société commune,d'assurer leur responsabilité régalienne d'assurer à tous les citoyens de l'Union l'accés à l'énergie dans des conditions de transparence optimale, tout en permettant à la concurrence entre producteurs de s'établir.On cherche des projets européens qui puissent rassembler les peuples.En voiçi un, messieurs les politiques!!

On peut rever...

Posté par CaDerange à 07:42 - Energie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1