Notre Président n'arrete pas d'annoncer des initiatives dont certaines "rencontrent leur public", dont d'autres donnent lieu à rectification quasi immédiates et d'autres sont franchement mal accueillies.

Dans la moisson la semaine, notons celle sur la Shoah  et sur l'idée de confier la "mémoire de chaque enfant juif" aux élèves de CM2, celle du retour aux fondamentaux à l'école primaire ou encore celle du nouvel indice de la qualitré de la vie.
Celle sur la Shoah a suscité un florilège de critiques, inattendues pour le Président, dont une mortelle pour l'initiative présidentielle, celle de Simone Weil, Présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée,qui l'a qualifiée de " inimaginable, insoutenable, et injuste".Elle a fait remarquer que "s'identifier à un enfant mort était lourd à porter pour des enfants de 10 ans".De toute évidence le sujet était trop sensible pour être publiquement introduit sans préparation médiatique préalable. Depuis, l'Elysée et sa nouvelle porte parole rame pour expliquer l'intention du Président, indiquer que le Président n'avait pas l'intention de ceder mais quil était ouvert...Etc Etc. La solution, ça aurait été, avant, d'en parler, de prendre les avis des uns et des autres sur le sujet. Incidemment un autre politique pris à contrepied dans cette initiative, François Hollande, qui avait cru bon de prendre le train Sarkozy en marche sur ce sujet avant de devoir retourner sa veste quelques jours plus tard. Une preuve supplementaire, s'il en était besoin, que c'était un sujet ultra sensible .

Celle sur l'idée de revenir aux fondamentaux de l'éducation dans le primaire bien que pas nouvelle( Monsieur De Robien avait lancé le "socle des connaissance de base" sans jamais arriver à le matérialiser!), elle rencontrera sans aucun doute un très large approbation populaire. Supprimer le jargon incompréhensible utilisé en primaire pour définir des choses simples comme sujet , verbe et complement d'objet dans une phrase ne pourra qu'être bien accueilli par les parents d'élèves qui ne comprennent pas ces circonlocutions absconses dont l'efficacité ne s'est malheureusement jamais manifesté dans les résultats de l'Education Nationale .Bien sur le retour au bon sens ne plaira à l'inspection académique et à ceux qui depuis 50 ans font carrière sur la complexification des savoirs à enseigner aux enfants
Autre commentaire sur ce sujet, j'avais toujours été étonné que le primaire passe au travers des gouttes du réformisme qui saisit tous nos ministres de l'éducation nationale  des qu'ils sont nommés alors que depuis le rapport Langevin Wallon qui date de 1965, on sait qu'on peut dès l'entrée en sixième présumer sans beaucoup se tromper du niveau qu'attendra l'enfant. Se recentrer sur les programmes de base de l'ecole primaire  et les savoirs à y acquérir impérativement ne peut qu'aller dans le bons sens. Comme Nicolas Sarkozy est obstiné et que son Ministre de l'Education, Xavier Darcos  me semble habile, faisons confiance à ce tandem pour réussir enfin la première réforme de l'Education Nationale qui puisse se traduire par une amélioration mesurable et mesurée du niveau des élèves.

Autre initiative enfin dont le coup d'envoi vient d'être donné, celle de la définition d'un indicateur de la qualité de vie ou du bonheur. Une notion si particulièrement subjective et sujette à la pression de l'air du temps qu'il nous faudra pas moins de deux prix Nobel pour en cerner les contours. Une idée  que Nicolas Sarkozy lui même avait implulsée pendant la campagne électorale pour essayer de monter qu'il y avait un découplage entre les chiffres économiques classiques que produit l'Insee avec des méthodes scientifiques utilisées également dans le reste du monde, et la perception de l'augmentation du niveau de vie, des revenus et des prix par les français. La bataille entre la réalité scientifique et sa perception.
Il est vrai que la mesure, forcément globale, de ces notions ne correspond pas nécessairement à la perception individuelle de millions de français de situations différentes et variables dans le temps. D'autant que cette perception est largement influençée par les médias et les politiques. Aurions nous un problème aussi crucial de niveau de vie si Nicolas Sarkozy n'en avait pas fait un thème majeur de sa campagne, je ne sais?
Le coup est parti, c'est le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz qui vient d'être nommé à la tête du Comite d'experts qui va s'atteller à définir cette nouvelle notion. Une réflexion intéressante mais dont les applications pratiques et l'acceptabilité par les autres pays restent à démontrer. Esperons que tout ce travail ne débouchera pas sur une autre exception française....

A suivre.

NB Au total, nous aurons 22 membres dans le comité et tous du beau monde, c'est à dire couteux. Quatre Prix Nobel(!!!), pas moins,des britanniques, des italiens, un turc, un allemand et quelques français dont un économiste altermondialiste. Seule difficulté, il est difficile de definir un nouvel indice tout seul dans son coin sans approbation du dit indice qui ne changera pas la valeur incontournable du Produit Intérieur Brut qui lui se traduit ,dans les comptes du pays.
Supposons qu'un fois crée le dit indice du bonheur montre plus d'augmentation de la notion de bonheur que le PIB de croissance. L'opposition criera à la manipulation sur le résultat de l'indice "bonheur" . Si au contraire la croissance économiquer se trouve supérieure à celle du bonheur ressenti, ce sera un autre procès en manipulation contre le gouvernement mais cette fois pour avoir voulu, grace à cet indice, diminuer la distribution aux salariés des fruits de la croissance.On a inventé le jeu où l'on perd à tous les coups!
A suivre dans un an.