19 février 2008
Publicités mensongères: que fait le BVP?
Je vous avais signalé dans un message du 28 janvier 2008 la publicité de la SNCF pour nous expliquer combien la SNCF,-et au dela sa présidente Anne Marie Ydrac-, faisait de choses importantes en faveur de l'environnement en s'attribuant en l'occurrence le bénéfice de la politique énergétique de la France dans les années 80 pour développer le nucléaire.
Madame Ydrac persiste et signe. Lors de la présentation du train mixte Diesel/électrique qui permet sur des lignes non totalement électrifiées de rouler tantot en électrique tantot en traction Diesel ce qui effectivement permet de remplacer partiellement la traction au fuel par de la traction électrique, notre Présidente de la SNCF s'est attribuée une fois de plus le bénéfice du nucléaire. Peut être serait il plus honnète d'afficher sur les TGV comme dans les publicités de la SNCF que nos trains roulent au nucléaire?
Autre publicité mensongère qui tourne en ce moment sur nos écrans télé, celle de Renault qui se passe à Beverly Hill et dans laquelle des touristes passent en bus devant des maisons- et des voitures-, fastueuses. Renault veut nous faire croire que les américains qui habitent ces maisons et conduisent ces voitures, passé le car de touristes, rangent leur voiture américaine classique pour sortir...leur Clio!
Seul problème, Renault n'est pas distribué aux Etats Unis et les américains seraient bien incapables de se procurer une Clio s'ils en voulaient une! IIs ne savent même pas que ce modèle existe.
Le BVP, Bureau de Vérification de la Publicité, qui est censé controler la véracité des publicités émisent en France pourrait peut être faire quelque chose?
NB Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, la question de l'utilisation par la publicité de l'argument écologique, ce que l'on appelle le greenwashing, a été abordé et l'attitude du BVP mise en cause pour sa tolérance....
PPP: des moyens de continuer à emprunter sans augmenter la dette.
Nos hommes politiques sont incorrigibles. Nous en sommes dejà à 1200 milliards d'euros de dettes dont le seul remboursement annuel correspond curieusement à notre déficit budgétaire traditionnel(on peut parler de tradition pour une pratique qui remonte à 25 ans!) de 40 milliards d'euros annuel. Plutot que de chercher des économies, il vaut mieux, bien sur, trouver de nouvelles méthodes pour dépenser sans emprunter.
La PPP, Partenariat Public Privé, est LA solution. Il permet en effet d'utiliser l'argent du privé pour tel ou tel investissement d'ordre public et de le rétribuer par un loyer qui, lui, apparaitra dans les charges de l'Etat. Ni vu ni connu, vous avez ainsi transformé un investissement qui serait apparu dans vos dettes en un loyer (sur une vingtaine d'années) qui apparait dans vos charges de fonctionnement.
Voici deux exemples récents de besoin de financements pour lesquels notre état impécunieux n'a pas d'argent, la rénovation des campus universitaires, pas en brillant état, il est vrai, et celui des cités. L'Etat qui a fixé par la loi les domaines et les conditions dans lesquelles l'Etat peut faire appel à ce type de financement, modifie discrètement ces conditions pour les élargir. C'est ainsi que notre Ministre des Finances, Christine Lagarde, vient de faire approuver en Conseil des Ministres un projet de loi pour "faciliter" l'accés aux financements mixtes Public/Privés. Seront désormais autorisés le financement de la rénovation des campus universitaires et celui des plans de rénovation urbaine qui viendront s'ajouter à celui des nouvelles technologies dans la police et la gendarmerie.Le tout, tenez vous bien, " à titre expérimental et pour une période limitée" jusqu'au 31/12/2012 !!!. Par ailleurs la justification actuelle de tels partenariats devait être la complexité particulière du projet ou l'urgence. Elle sera largement élargie au jugement par une commission ad hoc( à créer, largement pourvue en spécialistes, bien logés et bien rémunérés, j'en fait le pari) qui n'aura plus à en juger que sur la base de "la plus grande efficacité". Les portes sont désormais grandes ouvertes pour dépenser à tout va.
Un élargissement avait déjà été introduit en 2006 dans la même loi. Il portait à l'époque sur l'extension de ce type de financement au secteur ferroviaire et autorisait donc celui, annoncé récemment, de la fin de ligne TGV entre Tours et Bordeaux. C'est RFF, Réseaux Ferrés de France, déjà lourdement endetté de par la reprise des dettes de la SNCF lors sa création, qui lance fièrement l'appel d'offre pour ce "Premier partenariat Public /Privé" dans le ferroviaire qui ouvre la voie , parait il, aux prolongements vers Toulouse et l'Espagne. Vous avez compris avec quel financement.
Les 300 km de ligne supplémentaire à grande vitesse couteront 7 milliards d'euros pour lesquel il reste, coté public, à se partager le financement entre Etat et Collectivités locales et à fixer les droits de passages que devra payer la SNCF à RFF.Les deux intervenants se bataillent ferme d'ailleurs pour définir ce loyer, la SNCF ayant tendance à minimiser le trafic passager futur et RFT à l'augmenter. Il serait pourtant si facile d'en connaitre le vrai prix ,celui du marché, en mettant la liaison Paris Bordeaux en adjudication...Si, si, ce serait possible, en 2012 le trafic de passagers sera libéralisé par l'Europe.
Vous comprenez maintenant pourquoi les collègues Ministres Des Finances Européens de Christine Lagarde ne croient pas une seconde que nous tiendrons nos engagements de retour à l'équilibre budgétaire en 2012...
NB Vous aurez de la chance si vous avez pu trouver cet avis dans vos journaux. C'est tellement inintéressant ppur nos journalistes que vous le trouverez éventuellement en 72ème page et sous forme d'entrefilet