Depuis mon dernier message sur le sujet, celui du 22 janvier 2008, les évènements en ce qui concerne les conséquences de la crise du subprime connaissent des hauts et des bas.

La crainte que les fameux réhausseurs de crédit américain voient leur notation par les agences de notation dégradée ce qui aurait eu un impact considérable sur l'ensemble des placements qu'ils garantissaient, de type subprime ou pas subprime,pour environ 2500 milliards de dollars, s'estompe quelque peu.Le plus gros de ces réhausseurs MBIA vient de trouver des sauveteurs en la personne des investisseurs qui ont accepté de souscrire à une augmentation de capital pour 1 milliards de Dollars là ou MBIA en attendait 750 millions seulement.

MBIA a ainsi réussi à lever  ces derniers mois 2.5 milliards de dollars qui sont venus renforcer ses fonds propres et devrait diminuer la pression des agences de notation.Moins de chance pour Ambac qui a vu échouer sa levée de fonds de 1 milliards de dollars. Depuis Ambac est en discussion avec un groupe de banques internationales dont des sociétés françaises pour le renflouer. Un jugement de leur part que la situation etait moins grave qu'il n'y paraissait et que donc on pouvait recommencer à préter à ces sociétés ou bien solidarité forçée pour éviter une catastrophe plus grande encore? Je ne sais.Même attitude néanmoins d'un groupe de banques internationales dont le Credit Agricole,la Société Générale et BNP Paribas pour renflouer le réhausseur de crédit FGIC qui a perdu sa notation AAA.

Globalement, il semble donc que la profession réussira avec beaucoup de peine à sauver la peau de ces réhausseurs.

Par contre, la maladie semble vouloir se repandre au dela du secteur déjà lourdement touché des banques américaines d'abord mais aussi internationales pour certaines.C'est la période des résultats annuels et de la certification de leurs comptes par les cabinets de commissaires aux comptes qui fait émerger des possibilités de dépréciations d'actifs dans les sociétés industrielles. L'économie réelle diraient certains! Preuve que leurs trésoriers se sont laissés aller à la tentation des Sicav monétaires dynamiques que ces mêmes banques leur recommendait d'ailleurs pour placer leur trésorerie. D'après Price Waterhouse Cooper, première société mondiale d'audit, ce sont des milliers d'entreprises, en particulier américaines, qui sont sur le point de provisionner des dépréciations d'actifs. Ce seront des provisions d'ampleur beaucoup plus modestes que celles des banques américaines mais sur des milliers de sociétés....

Je me demandais d'où venait la différence entre les pertes déjà annonçées( une centaine de milliards tout au plus) et les 400/500 milliards annonçés de ci delà. Elle viendra peut être de centaines de provisions de 50 à 200 millions de dollars dans les sociétés qui auront abandonnées la stricte orthodoxie non spéculative, traditionnelle en gestion de trésorerie, pour des stratégies un peu plus agressives.Ca affectera bien sur leurs résultats 2007 mais sans conséquences graves

Vous comprenez maintenant pourquoi la bourse continue de baisser. Espérons pour nos entreprises françaises qu'elles auront su se comporter pour leur placements de trésorerie avec la même prudence que les banques françaises ont su le faire vis à vis des placements subprime en comparaisons de leur collègues américains...