En ce moment, les pauvres passagers des vols aériens au départ ou à l'arrivée en France sont les otages des controleurs aériens pour une question apparememnt tout à fait mineure, le transfert sur un site unique des deux centres de controles de Roissy et d'Orly qui est prevue se faire sans impact sur les effectifs mais en deux temps. Dans l'ombre, on vous dira que c'est parce que la CGT dans l'affaire perdrait la majorité qu'elle detient à Orly...

Pourtant, l'avenir du controle aérien est sous une épée de Damoclès autrement plus sérieuse qu'un transfert d'Orly à Roissy. Il doit en effet,- et c'est la logique de la création de l'Europe-, se fondre dans un organisme européen de controle de trafic aérien qui regroupera tous les organismes de controle des différents pays membres. Avec sans aucun doute des diminutions globales d'éffectifs, des harmonisations de méthodes et une amélioration de la productivité du controle du trafic européen.

Car le trafic aérien en Europe rencontre deux problèmes en dehors d'un coût considéré comme excessif par rapport à celui du controle dans des espaces aériens de la même taille que celui de l'Europe: la saturation de l'espace aérien dès 2013 si on n'améliore pas le système actuel face à un doublement prévu du trafic aérien d'ici 2020 et un gaspillage d'énergie car le manque de coordination entre organismes nationaux de controle se traduit par l'absence d'optimisation des trajets effectués par les avions dans l'espace aérien européen. De ce fait nos avions consomment 10pct de plus qu'il ne devrait et surtout émettent de ce fait 10pct de CO2 de trop.

Les Compagnies aériennes réclament depuis longtemps cette optimisation des trajets, mais alors que nos gouvernements sont toujours prets à demander des efforts considérables aux industries, ils sont par contre beaucoup moins dynamiques dès lors qu'il s'agit de prendre à bras le corps leurs propres responsabilités. Le programme d'unification du système de controle du trafic aérien européen s'appelle SESAR et en est au tout début puisqu'on n'en est encore qu'à la selection du conseiller technique et à la définition des équipements embarqués  compatibles avec ce nouveau système qui devront être montés sur les avions.

C'est sur que la gueguerre intersyndicats à laquelle nous assistons actuellement est à des années lumières des besoins du controle aérien et de leurs personnels dans cette perspective d'unification éuropéenne.

Un pensée pour les voyageurs qui attendent maintenant depuis plusieurs jours que syndicats et Aviation Civile se mettent d'accord en étant leur prisonnier.