J’avais eu l’occasion de vous signaler la forte activité de Vladimir Poutine en direction des ex pays frères pour les conserver dans le giron de leur obédience traditionnelle. Le tout sur la base des liens entre peuples de confessions chrétiennes orthodoxes et de la satisfaction des besoins énergétiques de ces pays.

Il y avait donc un grand risque qu’à l’occasion des élections présidentielles en Serbie, ce pays ne rebascule dans l’orbite russe alors qu’il est enclavé dans l’Union européenne. Le premier tour de ces élections avait donné un avantage significatif au candidat ultra nationaliste pro russe, Tomislav Nikolic, sur le Président actuel pro européen, Boris Tadic. Le deuxième tour promettait d’être critique d’autant plus que Vladimir Poutine s’était fendu juste avant d’une visite amicale en même temps qu’intéressée puisque il a réussi à rafler, via Gazprom interposé, la compagnie nationale pétrolière serbe. Le tout au nez et à la barbe de

la Commission

de Bruxelles.

Le deuxième tour a vu une participation inhabituellement élevée des Serbes à une élection (67 pct de votants), et un vote sans ambiguïté en faveur du candidat pro européen, Boris Tadic. Ce qui a montré que les Serbes s’étaient parfaitement rendus compte des enjeux et qu’ils préféraient clairement l’entrée dans l’Union Européenne au retour dans l’orbite russe.

Seul problème, le Président en Serbie à un rôle anecdotique et c’est le Premier Ministre qui exerce vraiment la réalité du pourvoir. Or celui-ci,Vojislav Kostunica, est de tendance nationaliste et prorusse et avait refusé de soutenir le Président .

Encore plus que dans le domaine des affaires, on est censé assumer ses choix en politique. Alors ?